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L'Écosse dit non à la fracturation hydraulique, Ineos voit rouge

J.C.

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Le « non » est clair et précis. Une consultation publique, menée pendant 4 mois en début d'année en Écosse, a mené à un échec pour la possibilité de la fracturation hydraulique et de l'émergence d'une industrie du pétrole et gaz non conventionnels en Écosse. Les résultats ont été présentés, le 3 octobre, au parlement écossais par Paul Wheelhouse, ministre écossais de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. Ce dernier a précisé que la consultation avait permis d'obtenir plus de 60 000 réponses valides, soit le second plus haut score généré pour une consultation gouvernementale, émanant d'habitants, de collectivités locales, d'industriels ou encore de représentants institutionnels. Le résultat est sans appel : 99 % des réponses s'opposent à la fracturation hydraulique ! La majorité des opposants s'inquiète d'impacts négatifs et significatifs sur les communautés, la santé, l'environnement et le climat. Ont aussi été exprimés des doutes sur la capacité de réglementer un tel secteur pour limiter les impacts négatifs. Enfin, de nombreux répondants ne se montrent pas convaincus d'un réel apport économique d'une telle industrie dans le mix énergétique de l'Écosse. Du coup, le moratoire instauré depuis 2015 devrait devenir définitif. Cette décision sera débattue au sein du parlement écossais et ne pourra être entérinée que par un vote. Mais l'issue ne ferait que peu de doute, selon l'AFP, puisque le Parti national écossais (SNP) à la tête du gouvernement et majoritaire, ainsi que les deux principaux partis d'opposition, les Travaillistes et les Verts, sont tous favorables à cette interdiction.

Le projet ne plaît pas du tout au groupe Ineos qui a déjà beaucoup investi dans les gaz de schiste. Outre le fait d'avoir mis en place un pipeline virtuel avec les États-Unis pour alimenter en éthane bon marché son complexe de Grangemouth en Écosse, Ineos a déjà procédé à l'achat de licences et de parcelles sur le territoire, et également en Angleterre, pour de potentielles exploitations de gaz de schiste. Le groupe regrette que le gouvernement écossais « tourne le dos à une renaissance potentielle de l'industrie et de l'emploi ». Ineos certifie que cette industrie pourrait créer 3 100 emplois en Écosse, et que 33 milliards de livres d'investissements sont envisagés rien qu'en Angleterre dans le domaine au cours des 20 prochaines années. Le groupe dit aussi ne pas comprendre alors que l'exploration en Mer du Nord ces 50 dernières années n'a pas vraiment « été une success-story pour l'Écosse », et que, avec la baisse des réserves de pétrole et de gaz en Mer du Nord, le « gaz de schiste pourrait offrir à l'Écosse une opportunité vitale pour redynamiser son économie en matière d'énergie ».

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