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L'opération PraLin sur la sellette

Julien Cottineau

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L'opération PraLin sur la sellette

Rien n'est encore fait pour cette gigantesque fusion. Plus d'un an après l'accord signé entre Praxair et Linde pour constituer ensemble le géant mondial des gaz industriels (CPH n°804), et alors que l'échéance de la finalisation, toujours prévue au courant du second semestre 2018, se rapproche, l'aboutissement du projet n'est plus une évidence. Plus du tout même. Quelque part, c'était écrit que le dossier « PraLin » serait complexe à gérer. Lorsque le Français Air Liquide s'était emparé de l'Américain Airgas, les deux complétaient leurs métiers et activités. Linde et Praxair, eux, sont en concurrence bien trop frontales sur la planète, essentiellement en Amérique du Nord et en Europe. Du coup, les cessions de larges pans d'actifs sont, depuis le début, inévitables. Le géant allemand et son partenaire américain avaient d'ailleurs prévu le coup et fixé en amont des limites. En l'occurrence, ils s'étaient mis d'accord pour ne pas céder un chiffre d'affaires de plus de 3,7 milliards de dollars, et plus de 1,1 Mrd $ d'Ebitda. Sauf que les exigences des autorités mondiales de la concurrence réclameraient plus.

Le 4 août, Linde a indiqué que le risque de ce franchissement de seuil était finalement bien réel. Cette première alerte découlait de retours issus de la Federal Trade Commission (FTC), le gendarme américain pour les questions de concurrence. Or la FTC, selon Linde, ne serait pas encore satisfaite de ce qui a été proposé jusque-là et demanderait plus. Linde et Praxair avaient alors indiqué poursuivre les discussions avec l'autorité américaine. Mais le 22 août, les deux partenaires ont annoncé qu'il était désormais évident que les exigences internationales dépasseront les seuils fixés pour la fusion. Ce qui, potentiellement, remet tout en question. Linde et Praxair doivent ainsi revoir leur accord de fusion et se mettre d'accord pour des cessions supérieures à leurs limites initiales. Ou pas...

Deux jours plus tôt, le 20 août, le feu vert de la Commission européenne avait pourtant été accordé à ce projet de fusion. À la suite d'une enquête approfondie dont les conclusions avaient été repoussées plusieurs fois, l'UE a finalement conclu que les remèdes proposés par Praxair et Linde permettraient d'éliminer les risques sur la concurrence pour les gaz industriels, les gaz médicaux, les gaz de spécialité et l'hélium. Sur les marchés, la température est fraîche. Dès l'annonce du 4 août, les actions de Linde et de Praxair ont souffert, avec des chutes respectives de l'ordre de 7,5 % et de 4 %. La chute a été moindre le 22 août, mais la tendance reste baissière. Surtout, cela remet en question les deux gigantesques opérations annoncées cet été, et toutes deux conditionnées à la réussite de PraLin. Sur le front européen, il s'agit du projet de cession de la grande majorité des actifs de Praxair au Japonais Taiyo Nippon Sanso, annoncé début juillet. Une opération à 5 Mrds € pour un chiffre d'affaires cédé de l'ordre de 1,3 Mrd € en 2017, et une formidable opportunité pour le groupe japonais de se positionner en Europe (CPH n°850). De l'autre rive de l'Atlantique, Linde s'est engagé, mi-juillet, à céder la majorité de ses activités en Amérique du Nord et certaines activités en Amérique du Sud à un consortium composé de CVC Capital Partners et de l'Allemand Messer. Une opération valorisant à 2,8 Mrds € un ensemble ayant généré en 2017 des ventes de 1,4 Mrd € (CPH n°852). Dans les deux cas, Linde et Praxair vendent bien, voire très bien. Mais n'ont-ils finalement pas trop à perdre à long terme ?

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