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L'Unifa s'inquiète d'un durcissement européen

J.C.

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L'Union des industries de la fertilisation (Unifa) s'inquiète d'un possible durcissement des règles européennes en matière d'allocations de quotas de CO2, suite à de récentes réunions de travail entre l'Association européenne des producteurs d'engrais (EFMA) et de la Commission européenne. Aujourd'hui, et dans le cadre de la directive ETS (système d'échange de quotas de CO2), les industriels européens du secteur se sont engagés pour la période 2013-2020 à des réductions supplémentaires de gaz à effet de serre de 16 % pour l'ammoniac et de 70 % pour l'acide nitrique. Supplémentaires par rapport aux réductions déjà réalisées de 20 % de leurs émissions entre 1990 et 2007. Or un nouveau projet avancé par la Commission européenne proposerait des réductions supplémentaires de 30 % pour l'ammoniac et de 96 % pour l'acide nitrique. L'Unifa estime que de « tels nouveaux objectifs ne peuvent être réalisables qu'à moyen ou long terme, éventuellement envisageables après 2020 ». Surtout, le secteur s'inquiète du contrecoup sur la compétitivité des producteurs européens par rapport à leurs concurrents extra-européens non soumis aux quotas. Si ces projets de durcissement étaient avalisés, l'Unifa estime que l'achat de quotas réévalués représenterait un surcoût de 100 M€ pour les usines françaises. Soit « 90 % de la valeur ajoutée du secteur de la production industrielle d'azote, ce qui la condamne à disparaître à court terme », en raison des risques de délocalisation à l'étranger où « les usines qui prendraient le relais sont loin d'être aussi éco-efficientes que les modèles européens », note l'Unifa. L'EFMA estime que le surcoût au niveau européen pourrait atteindre 210 M€ par an pour les producteurs d'engrais. D'où la demande du secteur aux pouvoirs publics de défendre le maintien du plan initialement envisagé pour la période 2013-2020. Dans l'ensemble de l'UE l'an dernier, le bilan carbone a pourtant été meilleur que prévu. Les industriels soumis à la directive ETS ont réduit de 11,6 % leurs émissions de gaz à effets de serre l'an dernier par rapport à 2008 (-10,5 % en France). Une performance due notamment à la crise et à la baisse d'activités qu'elle a engendrée et aux investissements réalisés pour des installations plus éco-efficientes. Si ce résultat a de quoi satisfaire l'Europe, Connie Hedegaard, la Commissaire européenne en charge des actions en faveur du climat, estime qu'il est plus dû à la conjoncture qu'à des efforts d'innovation. En filigrane, on peut comprendre que le système n'est pas encore jugé suffisamment incitatif et contraignant par la Commission. C'est ce que redoute l'Unifa.

 

 

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