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La chimie américaine en pleine expansion

Julien Cottineau

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La croissance atteindra 2 % en 2014, et atteindrait 3,7 % en 2015, puis 3,9 % en 2016. Les perspectives délivrées par l'American Chemistry Council (ACC) sont plutôt réjouissantes pour l'industrie chimique aux États-Unis.

Plus que celles tout juste annoncées pour 2014 et 2015 par l'UIC en France (1,9 %), par la VCI en Allemagne (1,5 %) ou celles du Cefic pour l'Europe (1 %). « Le vent est revenu dans nos voiles », claironne Kevin Swift, économiste en chef de l'ACC. « Lors de la seconde moitié de cette décennie, la croissance de la chimie américaine devrait croître à un rythme annuel de plus de 4 %, soit plus rapidement que la croissance de l'ensemble de l'économie américaine ». En 2019, les ventes de l'industrie chimique américaine devraient ainsi dépasser la marque des 1 000 milliards de dollars, contre 812 Mrds $ (environ 661 Mrds €) cette année. Ce qui représente 12 % de la totalité des exportations américaines, et 15 % des ventes mondiales de produits chimiques.
 

Plusieurs indicateurs sont très favorables. En premier lieu, le renforcement du dollar et l'accroissement de la disponibilité en pétrole et gaz non conventionnels sur le territoire permettent de maintenir des prix bas pour le pétrole brut, explique l'ACC. Les États-Unis profitent aussi de coûts de production en baisse, d'inflation contenue, et de pouvoir d'achat en hausse. D'ailleurs certains marchés stratégiques comme l'automobile et la construction sont en plein rebond outre-Atlantique. En revanche, l'ACC note quelques difficultés sur les marchés à l'export. La récession au Brésil et au Japon a eu de forts impacts sur les exportations américaines de produits de base. Sans citer l'Europe, la fédération américaine évoque la poursuite de difficultés économiques pour « certains partenaires majeurs ». L'excédent commercial devrait néanmoins atteindre 77 Mrds $ dès 2019.
 

« Investissements de plus de 135 Mrds$ »
 

Par secteur, la croissance en 2014 a surtout été tirée par les produits de grande consommation et les spécialités. Dès l'an prochain, une dynamique forte est prévue pour les inorganiques, les résines plastiques et les caoutchoucs synthétiques. La croissance devrait surtout être soutenue par les commodités pétrochimiques et les plastiques avec des progressions annuelles attendues de 3,8 % en 2015, de 4,5 % en 2016 et de plus de 6 % en 2017 et 2018. Ce qui correspond à la date des mises en service progressives des très vastes capacités additionnelles en construction actuellement dans le pays. Le dernier décompte de l'ACC fait état de plus de 215 projets de production chimique dans tous les États-Unis, avec des investissements en capitaux de plus de 135 Mrds $. Rien qu'entre 2013 et 2014, une progression de 12 % des investissements dans l'industrie chimique américaine a été enregistrée, avec un total de plus de 33 Mrds $. Régionalement, l'ACC note des accroissements de production dans tout le territoire, mais plus notablement dans la vallée de l'Ohio et les régions du Nord-Ouest en 2014. Dès 2017, la croissance de la production sera surtout tirée par la région du Golfe du Mexique, dopée au gaz de schiste.
 

Ces perspectives de l'ACC seront forcément réajustées dans les années à venir. D'autant que quelques tendances sombres continuent de secouer l'économie mondiale. Comme la croissance chinoise dont le rythme continue de faiblir. Ou la crise monétaire en Russie dont on ne sait encore si elle sera éphèmère ou durable. Ou bien la décrue des prix du pétrole depuis plusieurs mois. Sans parler de la reprise toujours espérée mais pas encore installée en Europe... En somme, la conjoncture planétaire semble très incertaine, et l'avenir de l'industrie chimique américaine ne sera peut-être pas si idyllique.

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