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La chimie de Total s'en sort bien

Julien Cottineau

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Comme tous les pétroliers, Total n'a pas été épargné par la chute massive des prix du brut. De ce fait le géant français a présenté un bilan comptable en forte baisse pour l'exercice 2014. Le chiffre d'affaires a fondu de 6 %, à 236,12 milliards de dollars et le résultat net ajusté* a été plombé de 10 %, à 12,8 Mrds $. Le résultat net part du groupe a, lui, plongé de 62 %, à 4,2 Mrds $. Pour faire face, Total a déjà annoncé des mesures. Comme une baisse de 10 % de ses investissements en 2015, ce qui concernera surtout l'Amont. Ou la réduction de 2000 postes via le gel d'embauches et des départs volontaires, ce qui ne se limitera pas à l'Amont mais concernera aussi la branche Raffinage-Chimie. Confronté aux surcapacités de raffinage en Europe, Total projette de supprimer 50 % des capacités de sa raffinerie de Lindsey, au Royaume-Uni, et a confirmé qu'un plan serait dévoilé pour son réseau de raffinage en France au printemps.

Malgré ce bilan 2014 décevant, la division Raffinage-Chimie s'en est pourtant bien sortie. Alors que les divisions Amont et Marketing et Services présentent des résultats opérationnels nets ajustés de - 16 % et - 19 % en un an, elle enregistre une croissance de 34 %, à 2,49 Mrds $. Rien qu'au 4e trimestre, ce résultat a été doublé en glissement annuel, à 956 M$. Total estime que la division a « su tirer parti des bonnes marges de ce trimestre, à la fois au raffinage et à la pétrochimie, grâce à une excellente performance industrielle ». Au sein de la division, la Chimie de spécialité affiche pour l'ensemble de l'année 8 % de croissance pour cet indicateur, à 629 M$.

 

« Un objectif de rentabilité atteint avec un an d'avance »


Autre grande satisfaction pour le Raffinage-Chimie : avoir atteint une rentabilité des capitaux employés moyens (ROACE) de 15 % en 2014, alors que l'objectif était de 13 % en 2015. « Le Raffinage-Chimie a atteint son objectif de rentabilité avec un an d'avance et réalise un résultat remarquable grâce au succès de son plan de restructuration et à une très bonne performance industrielle », s'est félicité Patrick Pouyanné, le directeur général. Satisfait aussi, Philippe Sauquet, qui l'a remplacé à la tête de la division à l'automne dernier. Mais le directeur général de la branche a toutefois indiqué que « si des fondations avaient été posées » depuis la fusion des activités raffinage et chimie en 2012, il « restait encore beaucoup à faire ». Mis à part la partie raffinage, l'efficacité opérationnelle et l'amélioration des structures de coûts resteront aussi des priorités pour la pétrochimie et la chimie de spécialité de Total. Le groupe entend poursuivre sa stratégie de focalisation sur ses grandes plateformes intégrées dans le monde. Comme celles d'Anvers (Belgique), objet d'un vaste plan de modernisation, ou de Jubail (Arabie saoudite) qui a démarré il y un peu plus d'un an. Après les cessions d'un certain nombre d'activités chimiques ces dernières années, comme celle tout juste finalisée de Bostik à Arkema, on peut se demander si Hutchinson ou Atotech, les deux derniers fleurons, ont encore un long avenir au sein de Total. D'autant que le groupe prévoit d'accélérer son programme de cessions de 10 Mrds $ prévu pour 2015-2017, en misant sur 5 Mrds $ dès cette année. La rumeur - formellement démentie par Total - d'une cession ou d'une introduction en Bourse d'Hutchinson inquiète en tout cas les syndicats. Le 12 février, la CFDT d'Hutchinson annonçait demander « expressément » à la direction la tenue d'un groupe d'information économique et social extraordinaire pour clarifier la situation.
 

*(Résultats au coût de remplacement, hors éléments non-récurrents et hors effet de variations de juste valeur)

 

 

 

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