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La chimie du végétal profitera-t-elle de l'ouverture d'une fenêtre boursière ?

Aurélie Dureuil

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La chimie du végétal profitera-t-elle de l'ouverture d'une fenêtre boursière ?

Alors que les spécialistes observent l'ouverture d'une fenêtre boursière, se pose la question de la maturité des sociétés de la chimie du végétal pour saisir l'opportunité de financements par les marchés cotés.

« Globalement, le marché s'est réouvert depuis l'automne 2013 pour les PME et ETI. Et nous avons vu la tendance s'accélérer en 2014. En 2013, nous avons enregistré sur EnterNext 26 introductions en Bourse de PME et ETI dont la moitié au dernier trimestre. Et pour cette année, au 7 mai, il y a déjà eu 15 introductions », témoigne Éric Forest, p-dg d'EnterNext, la filiale d'Euronext dédiée à la promotion et au développement des PME et ETI en Bourse. Il ajoute : « Après cinq à six années difficiles, il est intéressant de noter que ces opérations ont fait l'objet d'un intérêt significatif des investisseurs, avec une forte demande au moment de l'introduction et des progressions du cours de Bourse post-introduction ». Une fenêtre boursière s'est donc ouverte depuis quelques mois. Un constat établi également par Pascal Siegwart, partenaire d'Aster Capital, société de capital-risque spécialisée dans l'énergie et l'environnement. « Une fenêtre boursière s'est ouverte en Europe et aux États-Unis. Paris a été assez dynamique », précise-t-il.

Et les PME innovantes ont été au centre de cette fenêtre boursière. « Effectivement le marché a été très actif en début d'année sur les valeurs moyennes et plus spécifiquement pour les PME innovantes », note Rodolphe Besserve, directeur GCM/M&A Mid-cap Santé et Cleantech de Société Générale Corporate et Investment Banking. Un constat fait également par Éric Marty, membre du directoire d'Emertec, société française de capital-risque. « Les investisseurs se sont aperçu que les small cap, c'est-à-dire les petites sociétés, se comportaient très bien en Bourse et offraient de bons rendements. Les small cap ont mieux performé que les entreprises du cac 40 depuis 2010. Les financiers se tournent donc vers les petites entreprises », témoigne Éric Marty. Il ajoute : « Les investisseurs sont des institutionnels mais aussi des particuliers qui cherchent des rendements financiers plus attractifs en investissant dans des entreprises industrielles françaises innovantes ». Et des éléments incitatifs comme le dispositif PEA-PME semblent avoir apporté une petite pierre à la dynamique générale. « Beaucoup de conditions étaient remplies pour assurer le succès de ces opérations, ce qui n'était pas forcément le cas l'an dernier », conclut Rodolphe Besserve.

Si les avis sont unanimes sur l'ouverture de cette fenêtre boursière, les analyses sont plus contrastées sur les bénéfices pour l'économie de la chimie biosourcée. Pascal Siegwart émet ainsi quelques réserves : « Aux États-Unis, il n'y a pas eu de récente introduction dans le secteur biochimie ou biofuel. À Paris, Fermentalg a levé environ 40 millions d'euros, mais la valeur de l'action n'a pas progressé après l'introduction. On est loin du hype des cotations à 1 Mrd $ aux États-Unis en 2011. Pour ce secteur, il manque des success stories que ce soit en termes industriels et commercial ou de sortie M&A pour les investisseurs. » Éric Forest d'EnterNext se montre plus confiant pour le secteur « vert ». « Il s'agit d'un secteur plutôt actif qui commence à être assez significatif. Sur nos quatre marchés (France, Belgique, Pays-Bas et Portugal), nous recensons 30 sociétés cotées sur ce secteur. Depuis début 2013, sept sociétés ont été introduites en Bourse dont Fermentalg et Carbios. Au total ces sept sociétés ont levé plus de 160 M€ », détaille-t-il. Si le nombre d'acteurs de la chimie biosourcée à avoir sauté le pas de la cotation boursière semble ainsi encore faible sur le secteur des cleantech, Rodolphe Besserve (Société Générale) perçoit un mouvement vers ce domaine. « L'écart de perception par les investisseurs s'est creusé entre les biotech, les medtech et les cleantech. Au cours des derniers mois, nous avons commencé à voir une saturation dans le domaine de la santé et les fonds généralistes investissant dans l'innovation ont plutôt arbitré en faveur des sociétés de cleantech. La demande sur le secteur a été soutenue, permettant de belles introductions en Bourse », détaille-t-il. Un changement dans la demande que rapporte également Éric Forest (EnterNext) : « C'est un secteur qui a bien compris l'utilisation des marchés pour financer sa croissance et qui suscite l'intérêt des investisseurs. Il est en train de se passer la même chose que pour les sciences de la vie il y a quelques années. L'intérêt des investisseurs pour ce secteur est porté par l'aspect stratégique de cette thématique ». Le secteur compte notamment des sociétés comme McPhy, dans le stockage de l'hydrogène, et Innoveox, dans le traitement des déchets industriels. Et en début d'année l'entrée sur le marché EuroNext de Fermentalg lui a permis de lancer son projet de construction d'unité de développement industriel. « Il y a eu une sursouscription significative pour Fermentalg dont la levée de fonds sur le marché a été réalisée à 90 % par des institutionnels et à 10 % par des particuliers », révèle Éric Marty. Le fonds Emertec étant un investisseur de la première heure de Fermentalg. Si la société libournaise offre un bel exemple de cette dynamique sur le marché coté, la question des sociétés ayant atteint la maturité pour se lancer se pose. « La question est plus maintenant celle de l'offre et de savoir si d'autres dossiers sont en mesure d'alimenter le flux d'IPO. Il n'y a pas tant de sociétés que cela proposant des technologies suffisamment matures pour venir en Bourse », observe Rodolphe Besserve. De son côté, Éric Marty d'Emertec assure avoir dans son portefeuille « d'autres sociétés que nous envisageons d'introduire en Bourse d'ici 12 à 18 mois, si tant est que le marché reste ouvert ».

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