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La chimie en France pourrait faire bien mieux

J.C.

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La chimie en France pourrait faire bien mieux

L'industrie chimique en France n'est pas morose ni faible. Avec une croissance supérieure à celle du PIB, en incarnant le 2e plus grand exportateur industriel français, en générant 75 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, en dénombrant 163 000 emplois et 3 200 entreprises, le n° 6 mondial et n° 2 européen est un secteur clé dans le pays. Pourtant la chimie pourrait faire mieux. Selon une étude du cabinet Advancy, commandée notamment par l'UIC et la Direction générale des entreprises, il existe un réel potentiel. « La valeur ajoutée du secteur s'élève à 17 Mrds € en France, soit une croissance moyenne de 0,7 % par an depuis 15 ans », souligne Jean Pelin, directeur général de l'UIC. Selon le scénario développé par Advancy, la croissance de la valeur ajoutée pourrait être boostée à 2,5 % par an d'ici à 2030, pour atteindre 24 Mrds € en 2030 contre 19 Mrds si rien ne change. Une perspective qui permettrait la création de 60 000 emplois dans les 15 prochaines années !


 

Besoin de coups de pouce


 

Pour y parvenir et créer « un cadre propice à l'investissement productif », comme le souhaite Pascal Juéry, président de l'UIC, le secteur aura besoin de coups de pouce. L'étude démarre avec l'identification des forces intrinsèques en France, que ce soit d'une intégration intéressante entre l'amont et l'aval, de la présence de filières d'excellence (matériaux, spécialités, actifs pharmaceutiques et cosmétiques, chimie du végétal), de la présence et du développement des 17 plateformes chimiques actuelles, ou encore du dynamisme de la recherche et de l'innovation dans le pays. L'étude a aussi identifié des freins : la fiscalité française, qualifiée de complexe et d'instable ; un accès à l'énergie toujours pénalisant ; une filière recyclage encore trop modeste ; un problème particulièrement franco-français de surréglementation en particulier par rapport aux réglementations déjà imposées par l'UE ; et enfin un déficit d'investissements de croissance et de projet innovant. Pour libérer le potentiel de valeur ajoutée face à ces forces et faiblesses, l'étude échafaude un ensemble de 11 leviers, regroupés en 4 grands ensembles de leviers. En premier lieu, il y a un volet compétitivité. D'abord, il s'agit de maintenir et de soutenir la chimie de base dans le pays pour une bonne dynamique et intégration de l'aval, ce qui passera par la garantie d'accès durables et compétitifs à l'énergie : chaleur, gaz et électricité. En parallèle, il nécessite aussi de lutter contre toute surréglementation et d'améliorer l'accès aux dispositifs de soutien à l'investissement. Second volet : les investissements. Ce qui passe par le soutien de projets explorant des voies synthétiques innovantes, par le développement plus accéléré des filières biosourcées, et une meilleure structuration de la filière chimie du végétal. Le troisième volet concerne les programmes de rupture : soutien à la création de filières de performance innovantes pour des secteurs de pointe (aéronautique, stockage de l'énergie, impression 3D...), et mise en oeuvre d'un plan usine chimique du futur (flexibilisation des outils de production, moyens de simulation et plateforme numérique). Enfin, le dernier volet se penche sur des actions à entreprendre, au nombre de quatre : proposer une offre de formation attractive et plus adaptée aux besoins industriels actuels et futurs, faciliter l'accès à l'innovation aux TPE-PME et harmoniser les guichets de financement, améliorer encore l'attractivité des plateformes chimiques, et renforcer l'attractivité de la France auprès des acteurs internationaux qu'ils soient industriels ou financiers.
 

L'étude Advancy a pris en compte dans son scénario des prix du pétrole de 80 $/baril et du gaz de 10 $/mmbtu. Et a également tenu compte des formidables augmentations de capacités américaines dans les oléfines et les polyoléfines qui vont entrer en service dans les prochains mois et années.

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