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La chimie en Rhône-Alpes veut relever le défi de la compétitivité

Au sein de l'UIC Rhône-Alpes, les acteurs locaux de la chimie se battent pour conserver une chimie de base, en mal de compétitivité, et une chimie aval de spécialité. De nombreux flux de produits sont en effet interconnectés entre les différentes plateformes chimiques de la région.

Avec plus de 500 établissements, regroupant environ 32 500 salariés, la région Rhône-Alpes s'affiche comme la première région française de production chimique. 70 % des entreprises sont des PME ou des ETI. Et selon l'Union des industries chimiques Rhône-Alpes, environ 400 millions d'euros sont investis chaque année dans l'outil industriel dont plus de 20 % en Hygiène, Sécurité et Environnement

Au plan géographique, il est intéressant de noter que cette industrie chimique s'organise autour de 7 bassins principaux (voir schéma). Le plus important est celui de la Vallée de la chimie, au sud de l'agglomération lyonnaise (Lyon, Saint-Fons, Pierre-Bénite, Feyzin,...). Ce bassin concentre 112 sites pour un effectif de plus de 12 300 personnes, dont 78 ICPE (Installations classées pour la protection de l'environnement). Il a la particularité de proposer des chimies multiples. Deux grands groupes chimiques sont particulièrement présents en Rhône-Alpes : Solvay (ex-Rhodia, ex Rhône-Poulenc) et le groupe Arkema. Mais on peut également citer la présence de Bayer S.A.S, Bluestar Silicones, Air Liquide, BASF, Total, Kem One, Adisseo, Novacap... Quelques ETI patrimoniales font aussi la fierté de la chimie régionale : Gattefossé, Condat, SNF Floerger, Chimiotechnic, Ideal, Zolpan, Blanchon, Celliose, Flamel technologies,... De même que quelques TPE ou start-up plus récemment créées : Activation, Processium, Jet metal technologies, Texinfine, Extrasynthèse...

Parmi les grands bassins de chimie de la région Rhône-Alpes, on peut également mettre en avant la plateforme chimique des Roches-Roussillon (15 entreprises et 1 450 emplois), spécialisée en chimie organique. Elle se distingue par son mode de gouvernance atypique, puisqu'elle est gérée depuis 1999 par le GIE Osiris (voir sous-papier). « L'une des forces de la région Rhône-Alpes est d'avoir des plateformes multiopérateurs et de savoir les gérer. L'exemple le plus élaboré est celui de la plateforme de Roussillon où cette notion de mutualisation et de gouvernance est un levier de compétitivité pour les industriels. À Roussillon, il y a de la place pour accueillir des unités pilotes, des démonstrateurs ou des nouvelles installations industrielles. Elle met à disposition le terrain, les utilités, les services industriels ainsi que le savoir-faire de plusieurs entreprises sous-traitantes. Un nouvel entrant peut se greffer sur cette structure et se concentrer sur ses procédés », explique Jean-Louis Martin, président de l'UIC Rhône-Alpes. La région Rhône-Alpes abrite également en région grenobloise un deuxième pôle important avec les deux sites interconnectés du Pont-de-Claix et de Jarrie.

Malgré les spécificités de tous les bassins, nombre d'entre eux sont interdépendants. « Ce qu'il y a de fondamental en Rhône-Alpes, c'est que nous avons une chimie très interconnectée. Elle est constituée d'une chaîne d'entreprises qui part du vapocraqueur de Feyzin ou des pipelines pour aller jusqu'à des produits de spécialités. Il y a, par exemple, des liens procédés très forts entre les acteurs de la Vallée de la chimie, de la plateforme des Roches-Roussillon et les chimistes Grenoblois », ajoute Jean-Louis Martin. Cela s'explique par le fait qu'autrefois, la chimie de la région était principalement aux mains de deux grandes entreprises : Rhône-Poulenc et Elf-Atochem qui avaient intégré géographiquement leurs procédés de chimie amont et aval. Au cours des dix à quinze dernières années, cette chimie n'a cessé de se restructurer. Le socle industriel s'est globalement maintenu et est aujourd'hui encore détenu par les chimistes constitutifs de l'histoire de la chimie régionale, mais aussi désormais par un grand nombre d'entreprises de taille intermédiaire comme Adisseo, Bluestar Silicones, Novacap, Kem One, Vencorex... et dont les actionnaires ne sont plus forcément français. Par exemple, Adisseo et Bluestar Silicones sont détenus par le groupe chinois Bluestar, tandis que Vencorex est détenu à 51 % par le groupe thaïlandais PTT. « Le tissu d'entreprises a beaucoup changé, mais l'interconnexion des flux et des procédés demeure. Les arbres produits sont toujours les mêmes avec le risque d'effet dominos entre les activités en cas de difficultés d'un maillon », constate Jean-Louis Martin qui plaide pour le soutien au maintien de la chimie de base ainsi que le développement de la chimie aval de spécialité qui restent encore les principaux réservoirs d'emplois de la chimie en région. C'est un préalable pour faire émerger une chimie nouvelle plus durable et faire le joint avec les emplois issus de la chimie d'innovation. Si Jean-Louis Martin insiste sur cette intégration nécessaire de la chimie de base et de spécialité, c'est parce qu'aujourd'hui, la chimie de base est menacée par une forte baisse de sa compétitivité. Après les grandes vagues de restructuration de la chimie rhônalpine, la situation s'était stabilisée, mais aujourd'hui la chimie de base souffre du renchérissement du coût de l'énergie et de ses matières premières ainsi que du poids de la réglementation. Par définition, elle est la plus exposée à ces trois facteurs conjugués et nous avons vu ces difficultés se manifester, ces derniers mois. Celanese a récemment arrêté des activités dans la région. KemOne sort d'une année de mise en redressement judiciaire et l'attention se porte désormais sur Vencorex au Pont-de-Claix avec des annonces de possibles fermetures d'unités et de réduction d'emplois à l'horizon 2016. « La compétitivité, voire la pérennité de certaines activités est concernée. Nous nous réjouissons de la mobilisation des autorités et des politiques sur les problèmes de notre filière en région Rhône-Alpes. Nous souhaitons que l'équilibre entre compétitivité et réglementaire soit rétabli et qu'un effort spécifique soit fait pour les industries énergies intensives, de façon à soutenir notre filière industrielle et ses emplois.

Ne jamais oublier qu'un emploi industriel, c'est trois emplois induits associés...et que la chimie, industrie du futur et « mère » des industries aval est capable d'apporter des solutions au développement durable de notre société », conclut Jean-Louis Martin.

 

« Nous avons une chimie très interconnectée. »

 

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