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La chimie revigorée en France

Julien Cottineau

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Le bilan est presque deux fois supérieur à celui d'Outre-Rhin. L'industrie chimique en France a de quoi se réjouir, pour une fois, face à la chimie en Allemagne. Le n°2 de la chimie européenne a affiché en 2014 une croissance de 2,9 %, nettement supérieure au 1,5 % du leader. « Nous avons noté à partir de mi-2013 une tendance nette et régulière à l'amélioration de l'activité industrielle chimique en France », se félicite Philippe Goebel. Il y a un an, le président de l'UIC devait se contenter d'un plus maigre bilan, de 1,3 %. En 2014, cela a été plus « affirmé ». Autre motif de réjouissance : 2015 sera aussi en croissance, avec une prévision fixée pour l'heure à 2 %. Et encore, « nous avons voulu être prudents », sourit Philippe Goebel. Il faut dire que l'industrie chimique en France bénéficie de deux facteurs plutôt favorables actuellement. Si la baisse du prix du pétrole n'a pas vraiment d'incidence sur les prix des matières chimiques, qui faiblissent majoritairement en conséquence, elle en a sur la facture énergétique, laquelle s'allège. La dépréciation de l'euro est aussi une aubaine pour le secteur, fortement exportateur. Il permet l'accroissement de valeur des exportations et donc la reprise de parts de marché dans les zones en dollars. Pour 2014, l'UIC a aussi noté le retour d'une demande domestique plus favorable.


« Niveau record de 7,4 Mrds € pour le solde commercial »
 

Sur le plan financier, malgré la croissance en volume, la baisse des prix n'a pas permis de voir le chiffre d'affaires du secteur s'apprécier l'an dernier. Il est resté stable, à 82,4 milliards d'euros. Par contre, le solde commercial a fait un bond. Après plusieurs années à graviter autour de 5 Mrds € par an, il a atteint un niveau record de 7,4 Mrds € en 2014. Ce qui fait de l'industrie chimique en France le premier secteur industriel exportateur, et le second secteur en termes de solde, derrière l'aéronautique. Les exportations ont progressé dans toutes les zones géographiques l'an dernier (54,7 Mrds €, +1,9 %), tandis que les importations se sont contractées (-1,8 %, à 47,3 Mrds €).

Certes, la croissance n'a pas été similaire par segment, même si l'UIC enregistre un bilan plus équilibré, et positif, pour toutes les branches de la chimie dans le pays. Après deux ans de baisses, la chimie organique s'est redressée de 5,6 % sur un an, grâce à une demande plus soutenue dans l'automobile notamment. Le segment des savons, parfums et produits d'entretien enregistre une progression de 3,9 %, profitant en partie d'une bonne demande extérieure pour toutes ses composantes. Les spécialités affichent une croissance de 1,8 %, bénéficiant de la reprise de la demande dans l'industrie, mais sont toujours pénalisées par la faiblesse du marché de la construction. Enfin, la chimie minérale a aussi enregistré un bilan positif mais de seulement 0,9 %. Dans ce segment, les gaz industriels ont bien résisté, les produits inorganiques se sont maintenus malgré un contexte difficile, mais les engrais ont été victimes de mauvaises conditions climatiques et de la baisse des prix agricoles, juge l'UIC.

L'industrie chimique en France a de quoi donc se satisfaire d'une année enfin encourageante. Mais, car il y a un mais, voire quelques mais... Le secteur du commerce chimique n'est de son côté pas à pareille fête et présente un bilan bien plus morose (voir p. 9). Autre déception, le taux d'utilisation des capacités évolue encore sous la barre des 80 %, soit en deçà de la moyenne de 81,6 % observée entre 1996 et 2013. Enfin, si le « handicap de compétitivité » par rapport aux États-Unis (dopés aux gaz de schiste) diminue, il reste encore conséquent.

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