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La chimie toujours plus pressurisée en Europe

Par Julien Cottineau

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Dans une étude, le Cefic s'inquiète de la perte de compétitivité de la chimie européenne. Il recense néanmoins plusieurs indicateurs bien orientés, tels les faibles niveaux de prix du pétrole.

Plus les années passent, plus la compétitivité de la chimie européenne s'effrite. Les conclusions publiées dans la dernière étude du Cefic sur le sujet, basées sur les chiffres 2014, sont sans appel. Pourtant, la chimie européenne continue de peser un poids de très grande envergure dans le monde. Elle recense 1,2 million de salariés et avait engrangé un chiffre d'affaires de 551 Mrds € en 2014, soit 17 % des ventes mondiales. Depuis 1994, ces ventes ont progressé de 79 % en valeur. Une sacrée performance. Sauf que le chiffre d'affaires de l'industrie chimique dans le monde a plus que triplé en 20 ans, atteignant 3 232 Mrds € en 2014. En conséquence, la part de l'Europe, de 32,2 % en 1994, a été divisée par deux. Et tout s'est accentué, ces dix dernières années.

L'une des forces de l'industrie chimique européenne est l'export. Entre 2004 et 2014, la part des exportations à l'intérieur de l'UE a considérablement augmenté, de 39 à 49 %. Hors UE, la part des exportations a progressé de 19 à 25 %. Le solde commercial de l'industrie chimique européenne a bondi de 37 % en 10 ans, atteignant 43,5 Mrds €. Ce devrait être similaire en 2015. Mais le Cefic s'inquiète de la montée en puissance des importations face à une stagnation des exportations. Les pics de 48 Mrds € en 2012 et 2013 pourraient même rester historiques.

Pour la chimie européenne, quelques indicateurs sont bien orientés. La croissance chinoise marque le pas. Les faibles niveaux du prix du pétrole sont une aubaine. Mais d'autres indicateurs sont plus sombres. Principalement avec le réveil de l'industrie chimique américaine, dopée aux gaz de schiste. L'excédent commercial avec les États-Unis, d'environ 5 Mrds € en 2014, s'est réduit d'environ 1 Mrd $ entre 2013 et 2014. Et l'arrivée progressive des formidables capacités supplémentaires de production aux États-Unis devrait très vite accroître cette tendance.

Le Cefic calculait que les coûts de production de l'éthylène en Europe étaient trois fois plus élevés qu'aux États-Unis et au Moyen-Orient en 2013. L'an dernier, avec le prix bas du pétrole, le résultat était forcément bien moindre. Mais en même temps le différentiel du prix du gaz, essentiel pour l'industrie chimique, restait toujours très défavorable. Ces coûts de l'énergie et des matières premières sont considérés par le Cefic comme le talon d'Achille principal de la chimie de l'UE. D'où les appels incessants aux décideurs politiques pour trouver des solutions afin d'alléger la donne en Europe.

Le Cefic n'a pas non plus oublié le poids des réglementations. Sur les plans environnemental et efficacité énergétique, les efforts européens ont payé. L'énergie consommée était de 24 % ,inférieure en 2013 par rapport à 1990, alors que la production a augmenté de 71 %. En contrepartie, les efforts réglementaires ont représenté des coûts de 10 Mrds € entre 2004 et 2014. Les coûts représentent actuellement 12 % de la valeur ajoutée. Dans ce contexte, le Cefic juge que si les décideurs politiques européens continuent d'alourdir les réglementations, la compétitivité de l'industrie chimique de l'UE continuera irrémédiablement de s'éroder.

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