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« La demande en gel hydroalcoolique s’est accrue d’un facteur 6 à 8 » - Afise

Dinhill On
« La demande en gel hydroalcoolique s’est accrue d’un facteur 6 à 8 » - Afise

© Afise

Virginie d’Enfert, déléguée générale de l’Afise, nous dresse un état des lieux de la filière française de la détergence et de la désinfection. En cette période de pandémie, elle assure que le secteur est en mesure de répondre à l’essor de la demande en produits.

Info Chimie Magazine : Pouvez-vous rappeler ce qu’est l’Afise et ce qu’elle représente?

Virginie d’Enfert : L’Afise est l’association professionnelle représentant les fabricants de produits de nettoyage et de désinfection. Issue de la fusion en 2002 de trois entités (Adephy, Aisd et Surchim), elle regroupe 102 entreprises adhérentes (dont 80 % de PME), ce qui représente un effectif de près de 10 000 salariés. Avec un chiffre d’affaires de 4.4 milliards d’euros, les adhérents de l’Afise couvrent deux principaux marchés : d’une part, celui de l’hygiène grand public (72 %), et d’autre part, celui de l’hygiène professionnelle (28 %). Sur le marché de l’hygiène grand public, l’Afise compte des adhérents tels qu’Unilever, Colgate ou encore Procter & Gamble qui proposent une large gamme de produits : des lessives, des produits d’entretien, des insecticides, des liquides pour la vaisselle ou encore l’eau de javel. En ce qui concerne l’hygiène professionnelle, l’Afise regroupe des entreprises proposant des produits de désinfection et de nettoyage pour des secteurs industriels tels que la santé, l’agroalimentaire, la restauration ou encore la blanchisserie.

Quel est l’impact actuel de l’épidémie de Covid-19 sur la production des adhérents de l’Afise?

V. d’E.: A l’heure actuelle, nous ne comptons aucun site de production fermé. Cependant, les usines sont confrontées à un taux d’absentéisme des effectifs de l’ordre de 20 à 30 %. Cela est notamment dû à la nécessité de garde des enfants, et des mesures de prévention concernant les personnes susceptibles de développer des formes graves de la maladie. Bien que cela ne soit pas évident, ces absences ont pu être partiellement compensées par l’embauche d’intérimaires ou par le basculement de personnel administratif au niveau de la production. Sachant que les produits de nettoyage et de désinfection sont essentiels dans la lutte contre le Covid-19, il est indispensable de maintenir une continuité au niveau d’activité. Et pour cela, il est donc important de favoriser le dialogue entre la direction et les salariés afin de dissiper toute éventuelle inquiétude.   

Avec la pandémie de Covid-19, vos adhérents ont-ils été davantage sollicités en ce qui concerne la désinfection? Comment se sont-ils organisés pour répondre à la demande croissante en produits?

V. d’E.: Certains adhérents de l’Afise spécialisés dans les produits de désinfection (Ecolab, Laboratoires Anios, Diversey, etc.) ont vu la demande pour leurs produits significativement augmenter. Par exemple, la demande en gel hydroalcoolique s’est accrue d’un facteur 6 à 8, et certains industriels ont même vu la demande multipliée par 15. Pour mieux répondre à la demande, les entreprises se sont adaptées notamment en embauchant des intérimaires, en adoptant un rythme de fabrication en 3x8 voire en ouvrant de nouvelles lignes de production. De la même manière, certaines entreprises adhérentes, pas forcément spécialisées en produits de désinfection, ont modifié leur outil de production pour répondre à la demande croissante en solutions de désinfection. Outre l’élargissement de la production à d’autres industries comme la cosmétique, il reste encore de la marge pour nos industriels pour accroître leur production.

Craignez-vous des tensions d’approvisionnement en ce qui concerne les matières premières?

V. d’E.: Pour le moment, il n’y a pas encore de tension notable sur les matières premières pour la fabrication de produits de désinfection. De plus, l’élargissement de la liste des ingrédients pour la production de gels hydroalcooliques permet aux industriels d’être plus sereins quant à la disponibilité des matières premières. Par exemple, il est possible d’utiliser de l’éthanol pur pour fabriquer du gel hydroalcoolique, alors qu’en temps normal, nous ne pouvons utiliser que de l’éthanol dénaturé, impropre à la consommation en alimentaire. Evidemment, si la pandémie venait à durer, nous pourrions être confrontés à une situation de tension sur certains ingrédients comme l’alcool isopropylique ou les gélifiants pour la fabrication de ces produits. Il est donc important d’être à l’écoute de nos adhérents pour que nous puissions prendre des mesures afin d’anticiper la disponibilité durable des matières premières. Dans ce cadre, le déploiement de la plateforme StopCOVID19.fr est une très bonne chose, car elle va aider à mettre en relation les producteurs et les fournisseurs de matières premières et de contenants.  

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