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La filière se structure autour de Nantes

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La filière se structure autour de Nantes

Le GEPEA travaille sur la culture de micro-algues à grande échelle par photobioréacteur.

© © GEPEA

Les applications de la biomasse algale sont potentiellement nombreuses pour les industriels, entre autres, de la pharmacie, de la chimie et de l'énergie. Des verrous subsistent. Pour les lever, les acteurs économiques et de la recherche du bassin nantais cherchent à organiser une filière autour des micro-algues.

Biocarburants, ingrédients cosmétiques, colorants, molécules thérapeutiques... Les micro-algues représentent une importante ressource encore peu exploitée par les industriels pour des applications en pharmacie, en cosmétique, en chimie verte ou en énergie. « Aujourd'hui, il n'y a que 30 espèces de micro-algues exploitées sur les plusieurs dizaines de milliers existantes. Elles offrent une biodiversité à découvrir, différente de celle des plantes terrestres », précise Jean-Paul Cadoret, directeur du laboratoire Physiologie et Biotechnologie des algues à l'Ifremer. C'est dans ce contexte qu'Atlanpole Blue Cluster, filière de valorisation des ressources marines de la région nantaise, a fait le point sur les différents projets autour des micro-algues. L'occasion également d'affirmer la volonté des acteurs présents de structurer la filière autour du bassin nantais.

Actuellement, le laboratoire de Génie des procédés, environnement, et agro-alimentaire (GEPEA), l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) et plusieurs partenaires industriels (EADS, PSA, Alpha Biotech) collaborent sur un projet dénommé Shamash. Ce projet vise à étudier la possibilité de produire du biocarburant à partir de biomasse algale en intégrant les aspects économiques et environnementaux. Les premiers résultats ont, dans un premier temps, permis de démontrer la faisabilité technique de la production de micro-algues enrichies en lipides utilisables pour la production de biocarburants (au moins 20 %). D'autre part, l'étude a identifié des points à maîtriser comme l'intensification de la production/extraction des huiles et l'optimisation du bilan énergétique et environnemental. « L'objectif est de déplacer le carbone issu des énergies fossiles vers du carbone existant dans les micro-algues », indique Olivier Lépine, directeur des sociétés Alpha Biotech et d'Algosources Technologies, entreprises spécialisées respectivement dans la culture micro-algale et l'ingénierie de procédés à base de biomasse algale. D'ailleurs, la société d'ingénierie participe au projet européen Biofat (Biofuel from algae technology), qui étudie la possibilité de construire une « algoraffinerie » durable et rentable sur le plan économique.

Une plateforme internationale à venir ?

A ce jour, la production de micro-algues se heurte à des obstacles, comme l'explique Jérémy Pruvost, professeur au sein de l'unité Bioprocédés et séparation en milieu marin au GEPEA : « Aujourd'hui, la production s'élève à 10 000 tonnes de matière sèche par an, qui alimentent un marché de niches (cosmétique, nutraceutique et aquaculture). L'un des verrous est de passer à une production à grande échelle. L'autre est de mettre au point un procédé en voie humide afin d'extraire les molécules d'intérêt dans un milieu aqueux. En effet, les micro-algues contiennent près de 90 % d'eau, et il est difficile d'évaporer l'eau sans compromettre le bilan énergétique du procédé ». Pour passer à une échelle pré-industrielle, le GEPEA envisage de structurer la filière micro-algues autour d'une plateforme-démonstrateur dénommée « Défi-µalgues ». D'un coût à financer compris entre 5 et 15 millions d'euros, ce projet regroupant acteurs de la recherche, de la formation, des PME et industriels vise à lancer une dynamique forte et structurée et à donner une visibilité internationale à la filière micro-algale. Cela permettra aux acteurs des secteurs de l'agro-alimentaire, de la pharmacie, de la chimie fine et de l'environnement voulant utiliser les micro-algues d'accéder à des équipements, des compétences, de la formation (initiale et continue) et de la biomasse en un seul lieu. « Il s'agit d'un projet sur lequel nous travaillons depuis trois ans avec les institutions. Nous mettons tout en œuvre pour que cette plateforme soit mise en place dès que possible, afin que la filière française des micro-algues soit compétitive sur le plan international », indique le professeur Pascal Jaouen, responsable de l'unité Bioprocédés et séparation en milieu marin au GEPEA.

Outre la participation à ces projets de recherche, les acteurs économiques et de la recherche du bassin nantais s'apprêtent à participer à la Biomarine Business Convention organisée en septembre prochain à Nantes. Cet événement international permettra de faire le point sur les dernières avancées de la recherche et modèles économiques autour des bioressources de la mer et des énergies marines renouvelables. Si la filière se développe comme prévu, la mise sur le marché de produits issus des micro-algues devrait alimenter les marchés intermédiaires (alimentaire, nutrition animale) à partir de 2012, et ceux de l'énergie et de la chimie verte à partir de 2015.

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