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Cécile Barrère-Tricca : « La mission d’IFPEN est d’accompagner la transition écologique »

Sylvie Latieule

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Cécile Barrère-Tricca : « La mission d’IFPEN est d’accompagner la transition écologique »

© IFPEN

En à peine quinze ans, IFPEN a opéré une véritable métamorphose. Centré au départ sur le développement de procédés et de catalyseurs de raffinage, de pétrochimie et de traitement de gaz, l’institut accompagne aujourd’hui très activement la transition écologique, notamment au travers de ses priorités stratégiques « climat, environnement et économie circulaire » et « énergies renouvelables » qui regroupent l’ensemble de ses actions dans la chimie biosourcée et le recyclage des matières plastiques. Détails avec Cécile Barrère-Tricca, directrice de l’établissement de Lyon.

Pouvez-vous présenter l’établissement de Lyon d’IFPEN que vous dirigez ? Quelles sont ses particularités ?

IFPEN possède deux établissements, l’un à Rueil-Malmaison, en région parisienne, et l’autre à Solaize, dans la Métropole de Lyon, avec un effectif d’environ 800 collaborateurs pour chacun. Sur les huit directions de recherche que compte IFPEN, toutes sont représentées à Lyon, sauf les géosciences. La biotechnologie est davantage représentée à Rueil-Malmaison, mais il y a d’importantes interactions avec Lyon sur des aspects de procédés. Dans tous les cas, on peut dire que la chimie est particulièrement bien représentée à Lyon. La mission d’IFPEN est d’accompagner la transition écologique et cela fait une quinzaine d’années que l’on a clairement pris le virage sur cette thématique, même si on parlait surtout, au début, de transition énergétique. D’ailleurs, nous avons changé de nom en 2010. L’Institut français du pétrole est devenu IFP Énergies nouvelles ou IFPEN. Nos actions consistent à développer des technologies innovantes (procédés, équipements, catalyseurs et agents de séparation, logiciels et services) dans le cadre de programmes de R&I couvrant quatre grands domaines, nos quatre priorités stratégiques : « climat, environnement et économie circulaire », « énergies renouvelables », « mobilité durable » et « hydrocarbures responsables ». 60 % de notre budget est aujourd’hui dédié aux trois premiers domaines, ce qui nous permet de voir le chemin parcouru en quinze ans, alors que nous étions très majoritairement tournés vers les hydrocarbures.

Comment est financé l’IFPEN ?

En 2020, notre budget était d’environ 270 M€ dont 55 % de ressources propres, et 45 % de dotation budgétaire de l’État, dotation qui a diminué significativement au fil des années. IFPEN est ainsi le seul organisme de recherche public français à autofinancer autant son budget. Ceci est lié au fait que nos travaux ont vocation à être mis sur le marché avec un modèle économique associé. Sur 2020, malgré le contexte, nous avons quasiment stabilisé notre nombre de dépôts de brevets à 175, avec une part croissance de dépôts de brevets consacrés aux NTE. Ils étaient au nombre de 105 en 2020, soit dix de plus qu’en 2019 ! Ceci nous a permis de conserver notre 13e place au niveau national, toutes entités confondues et notre 3e place parmi les organismes de recherche.

Qui sont ces partenaires qui contribuent au financement de votre institut ?

Ce sont principalement des industriels qui vont utiliser nos technologies innovantes. Historiquement, nos débouchés se situaient dans le raffinage, la pétrochimie ou le traitement de gaz. Aujourd’hui, l’industrie se transforme et nous avons de plus en plus de partenaires impliqués sur les sujets de la transition écologique, comme les biocarburants, la chimie biosourcée, le recyclage des plastiques, le captage du CO2, l’extraction de lithium... Au niveau de l’organisme de recherche IFPEN, nous produisons la connaissance scientifique et technique, pour acquérir les données de base qui permettent l’industrialisation de technologies innovantes (procédés, catalyseurs/agents de séparation, équipements…) par nos filiales et/ou partenaires industriels. Notre principale filiale Axens commercialise les technologies que nous développons dans les biocarburants, la chimie biosourcée, le recyclage des plastiques, la purification de biogaz, le captage de CO2… Par le biais de ses sites de production, notamment en France, à Salindres, elle produit des catalyseurs et des adsorbants. Elle fournit également des équipements pour les procédés. 

Est-ce qu’Axens est la seule filiale d’IFPEN ?

En dehors d’Axens, qui est une filiale à 100 %, nous avons deux autres filiales à 100 % dans le domaine du conseil et des logiciels en géosciences ainsi qu’une filiale dans le domaine de la formation continue. Par ailleurs, nous prenons des participations dans des start-up innovantes jusqu’à 25 % pour leur permettre de conserver leur statut. Ce sont parfois des start-up que l’on a contribué à créer. Pour l’heure, nos participations se situent plutôt dans la mobilité durable, avec Drive-Quant, Galanck et La Compagnie des Mobilités dans le domaine de la mobilité connectée, ou Easy-Li et K-Ryole dans le domaine de la mobilité électrique. Cette année, nous allons accompagner la création d’une start-up qui va industrialiser et commercialiser un système intelligent d’assistance électrique pour les lits d’hôpitaux, un concept issu du 1er challenge d’innovation participative Energina que nous avons organisé en interne en 2017-2018. Un 2e challenge a été organisé en 2019-2020 avec de belles innovations également en perspective.

Nous travaillons depuis plus de 30 ans avec des start-up et des PME innovantes et nous avons déjà accompagné 400 d’entre elles, ce qui a permis de créer 1200 emplois. Chaque année, nous rencontrons environ 300 entreprises. Une cinquantaine de dossiers sont instruits et 20 contrats signés. Nous proposons deux types d’accompagnement. Notre dispositif historique « boost & link » consiste à mettre à disposition des moyens et des compétences pour développer l’innovation et amener les briques qui manquent[…]

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