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La mutualisation fait économiser 20 % sur les services

Depuis 1999, le GIE Osiris gère la plateforme chimique iséroise de Roussillon pour le compte d'industriels. Cette structure qui améliore la compétitivité des entreprises installées sur le site est aujourd'hui citée en exemple. Entretien avec Frédéric Fructus, administrateur du GIE Osiris.

InfoChimie Magazine : Pouvez-vous dresser un rapide portrait de la plateforme de Roussillon ?

Frédéric Fructus : La plateforme de Roussillon regroupe deux sites, Les Roches de Condrieu et Roussillon sur une superficie de 150 ha et qui sont distants de 11 km. Il y avait historiquement un seul opérateur, le groupe Rhône-Poulenc, qui avait construit son premier atelier de phénol à Roussillon en 1915, puis un atelier de sels de baryum aux Roches de Condrieu, deux ans plus tard. Lorsque le groupe a décidé de se scinder en deux et de créer Rhodia en 1999, il a eu l'idée de créer le GIE Osiris pour assurer la gouvernance de la plateforme qui était déjà devenue multi-opérateurs avec six entreprises. Aujourd'hui, la plateforme regroupe quinze entreprises et emploie 1 450 personnes dont 274 personnes pour le seul GIE. Les principales sont Adisseo, Bluestar Silicones, Novacyl, Novapex, Sita Rekem et Solvay. L'emploi se maintient. Nous avons récemment assisté à la fermeture d'un atelier de Celanese dans les acétylés de 28 personnes, tandis qu'un atelier d'herbicides de Solvay de 40 personnes est sur le point de fermer. Mais depuis 2010, 180 pmillions ont été investis sur la plateforme avec la création de nouveaux ateliers et près d'une centaine d'emplois.

 

Quelle est la mission de ce GIE ?

F. F. : La mission du GIE est de contribuer à améliorer la compétitivité de nos clients en fournissant des utilités et des services fiables et compétitifs. Cette structure en GIE permet de mutualiser de très nombreux services et des infrastructures. On peut citer la production et la distribution d'énergie et d'utilités, la sécurité, la médecine du travail, des ateliers de mécanique, des laboratoires analytiques, un service d'inspection et de contrôle, un magasin de fournitures industrielles... La plateforme abrite un centre de formation, gère le lycée François Verguin attenant, et la formation d'apprentis qui permet de passer en deux ans le Bac pro IP (Industrie des Procédés). Nous gérons également une station d'épuration des eaux et nous assurons la pesée des camions pour le site de Roussillon. Au fil des années, le GIE a beaucoup travaillé sur la qualité de ses services et sur son expertise. Aujourd'hui les prestations sont facturées à des tarifs très compétitifs.

 

Qu'est-ce qui fait que ce site de Roussillon est aujourd'hui présenté comme un modèle pour toute la chimie française ?

F. F. : L'avantage de la mutualisation est qu'elle permettrait d'économiser de l'ordre de 20 % sur les services et sur les achats d'énergie. Par ailleurs, dans le cadre de la mise en place des PPRT, seules les structures de type GIE ou ASL, présentant une gestion commune de la sécurité et une charte HSE, seront en mesure d'accueillir de nouvelles activités sur leur plateforme.

 

Est-ce que la plateforme a encore les moyens fonciers de se développer ?

F. F. : Depuis 5 ans, le GIE Osiris a pour nouvelle mission de promouvoir la plateforme et de rechercher de nouvelles entreprises. D'autant que nous disposons d'une surface disponible de 50 ha, avec à la fois des bâtiments et une surface de 20 ha d'un seul tenant. Le point fort de la plateforme de Roussillon est d'être encore située à la campagne, contrairement à la Vallée de la chimie à Lyon, ou la plateforme de Pont-de-Claix avec lesquelles elle est en relation. La région Rhône-Alpes est par ailleurs un axe géographique stratégique entre l'Europe du Nord et du Sud. En termes logistiques, la plateforme bénéficie d'infrastructures multimodales - autoroute, voie ferrée, fleuve - et d'un approvisionnement par pipeline de propylène et d'hydrogène depuis Feyzin. Mais la recherche de nouveaux acteurs est un travail de longue haleine et nous sommes aidés dans cette tâche par l'AEPI qui est l'Agence économique de promotion de l'Isère. Nous avons participé à plusieurs salons dont le salon Achema 2012 à Francfort. Aujourd'hui, deux entreprises sont intéressées, dont une grande entreprise et une start-up de chimie verte. Nous espérons contractualiser avec ces entreprises en 2014.

LES QUINZE ENTREPRISES DE ROUSSILLON

- Adisseo - Air Liquide - Bluestar Silicones - Celanese - Cofely - Dalkia - Evonik Industries - Gambro industries - Gesip - Osiris GIE - Novacyl - Novapex - Prayon - Sita Rekem - Solvay

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