Nous suivre Info chimie

« La plupart des sinistres peuvent être évités »

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

Sujets relatifs :

, ,

CHIFFRES CLÉS

- Environ 5 000 employés dont 1 500 ingénieurs avec 140 spécialistes de la chimie

- Chiffre d'affaires 2009 : 4,7 milliards de dollars (+5,6 % par rapport à 2008)

- Résultat net 2009 : 840 M$

- 160 clients dans la chimie dont Bayer, Solvay, Eastmann, Dow, PPG, W. R. Grace

- 275 M$ de primes pour les industriels de la chimie à l'échelle mondiale

« La plupart des sinistres peuvent être évités »

Peter Solloway, vice-président opérations et directeur commercial Europe continentale.

© © FM Global

L'assureur FM Global propose d'accompagner ses clients pour réduire les risques industriels. Peter Solloway, vice-président opérations et directeur commercial Europe continentale et Brendan MacGrath, manager Codes et standards, détaillent les spécificités de leur société.

Info Chimie : Le groupe mutualiste FM Global assure les entreprises pour les risques industriels. Quelle est la philosophie du groupe ?

Peter Solloway : Nous avons ce principe de base que la plupart des sinistres peuvent être évités. Pour cela, nous apportons un service sur chaque site industriel que nous assurons pour évaluer les risques et recommander des actions pour les réduire.

Brendan MacGrath : Il faut vraiment comprendre que les sinistres ne sont pas une fatalité. Il faut effectuer un travail en équipe pour déterminer d'abord quels sont les dangers puis trouver les solutions pour les contrôler, les maîtriser et enfin éviter que ces dangers ne se transforment en d'autres risques plus grands.

Quels sont les outils dont dispose FM Global pour évaluer le risque ?

P. S. : Nous assurons uniquement les industriels pour les dommages. Avec 175 ans d'expérience, nous avons accumulé beaucoup de connaissances et d'expertises en matière de risque industriel. A chaque sinistre, nos ingénieurs interviennent pour comprendre comment et pourquoi il s'est produit. Nous essayons ainsi de tirer profit de cette leçon. Nous avons notamment mis au point des fiches techniques qui servent de base à l'évaluation des risques et qui maintenant sont disponibles gratuitement sur Internet.

B. McG. : Par ailleurs, nous disposons d'un centre de recherche aux Etats-Unis. Le laboratoire a été rénové en 2003-2004. Au total, nous y avons investi plus de 80 millions d'euros durant la dernière décennie. Nous y réalisons des essais à échelle réelle pour déterminer les dangers en fonction des situations, des produits, etc. Ensuite, nous travaillons sur les moyens adaptés pour protéger les installations. Nous avons également une division FM Approvals qui agrée les équipements et matériaux installés par nos clients ce qui permet une protection plus fiable de leurs sites.

Quels services spécifiques avez-vous développés pour les industriels de la chimie ?

B. McG. : Parmi les 1 500 ingénieurs de FM Global, 140 sont spécialisés dans l'industrie chimique. Tous les ingénieurs reçoivent une formation initiale puis suivent des formations continues. Les spécialistes de la chimie les effectuent également. Mais cet apprentissage est complété par des formations spécifiques sur les nouveaux standards, les nouvelles tendances dans l'industrie chimique, etc. Ces ingénieurs, dont je faisais partie il y a encore peu de temps, interviennent régulièrement sur les sites pour déterminer les dangers, faire des analyses de gestion de sécurité et des systèmes de protection. Ils sont aussi présents en cas de sinistres pour essayer de comprendre ce qui s'est passé.

Comment établit-on une prime d'assurance ?

P. S. : C'est essentiellement la qualité du risque qui conditionne le montant de la prime d'assurance. Plus il y a de risques de sinistre, moins la qualité est bonne. Plus le risque est d'un bon grade, plus le prix de la prime va être stable. En effet, la particularité des prix d'assurance c'est qu'ils peuvent varier très vite. Depuis 2004-2005, nous sommes dans une tendance de baisse des prix dont nos sociétaires bénéficient. Nous estimons aujourd'hui que nous sommes en bas de cycle et, dans notre secteur, ça peut grimper très vite. Chez FM Global, nous ne sommes pas forcément les moins chers, mais nous essayons de nous abriter des phénomènes de hausse. Et, la qualité du risque joue également sur cette volatilité des prix.

B. McG. : Pour évaluer la qualité des risques, nos ingénieurs effectuent un audit complet de l'installation. La visite du site peut durer d'un jour et demi à une semaine en fonction de la taille de l'usine. La première étape consiste à se promener dans le site, regarder l'état des installations, des équipements, etc. afin d'avoir un indice sur la qualité de la maintenance. Ensuite, on interroge les personnes qui gèrent la sécurité sur le site sur leur gestion, les derniers changements au niveau industriel et comment cela a été intégré à la gestion de la sécurité. Nous portons une grande attention sur toutes les modifications. Malheureusement, c'est souvent à ces moments-là que les conséquences inattendues arrivent et qu'elles peuvent se traduire en grands sinistres. Enfin, nous établissons un plan d'amélioration de la qualité du risque, avec lequel nous donnons à l'industriel les outils pour prioriser les investissements. Charge à lui de les effectuer ou non. De plus, nous déterminons la fréquence des visites de suivi effectuées par nos équipes.

Comment évoluent les attentes des industriels de la chimie en matière d'assurance ?

P. S. : Nous avons la particularité de n'assurer que des groupes qui enregistrent des ventes annuelles supérieures à 250 millions d'euros. Ainsi, nos 160 clients dans l'industrie chimique sont des groupes à échelle mondiale. Ils possèdent plusieurs sites de production dans différentes régions du monde. Ils veulent des programmes d'assurance « globaux », c'est-à-dire un service d'assurance uniforme dans le monde. Nos clients cherchent à être en conformité avec les réglementations locales tout en ayant une cohérence de services et un même barème pour comparer la qualité de chaque site qu'il se situe en Chine, aux États-Unis ou en Europe. Notre force, c'est la présence d'ingénieurs partout dans le monde.

Et les évolutions des types de risques ?

B. McG. : Nous constatons une tendance à la réduction des budgets de prévention. Il faut d'autant mieux cibler les priorités d'investissements. De même, du fait de la concurrence, les industriels se trouvent obligés de mieux profiter des équipements, ce qui peut entraîner des risques majeurs. Les chimistes se doivent d'être plus vigilants avec la maintenance. C'est un point que nous regardons avec une grande attention. En effet, un simple incident mécanique, dû à un problème de corrosion par exemple, peut se transformer en un accident majeur à la suite d'un emballement.

P. S. : De même, les efforts de rationalisation ont entraîné une vague d'externalisations. Avec l'augmentation du nombre de sous-traitants, nous constatons la création de risques. Depuis peu nous proposons des visites de nos ingénieurs chez les fournisseurs de nos clients pour permettre à l'assuré de connaître les risques et de proposer des améliorations à son fournisseur.

%%HORSTEXTE:0%%

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Les Roches-Roussillon dans une dynamique d'investissements

Les Roches-Roussillon dans une dynamique d'investissements

Le site isérois a engrangé plus de 500 millions d'euros, ces cinq dernières années, et s'apprête à en faire autant pour les cinq à venir. Gouverné par le GIE Osiris, Les[…]

01/06/2018 | FranceSpécialités
L'ISO 31 000 aide à gérer le risque

L'ISO 31 000 aide à gérer le risque

Les travailleurs mieux protégés contre le risque produit

Les travailleurs mieux protégés contre le risque produit

Quand l'industrie chimique se protège contre la foudre

Quand l'industrie chimique se protège contre la foudre

Plus d'articles