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La réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre inquiète la chimie

S.L.

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L'Union européenne a trouvé un accord, le 24 octobre, sur son paquet énergie-climat prévoyant une réduction d'au moins 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2030, par rapport au niveau de 1990. Dans le même temps, la part des énergies renouvelables sera portée à 27 % de la consommation (contre 14 % aujourd'hui) et il est prévu de faire 27 % d'économies d'énergie par rapport à 1990.

Cet accord du Conseil européen a été qualifié d'« ambitieux », par son président Herman Van Rompuy. De son côté, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a invité « les autres grandes économies à rejoindre l'UE dans ces engagements ». Nous saurons si l'appel a été entendu l'an prochain au vu des conclusions de la conférence internationale sur le climat qui se tiendra à Paris (Cop21). Si les signataires sont satisfaits de leur accord, les associations environnementales n'ont pas manqué de le trouver décevant. À l'opposé, les industriels de la chimie s'interrogent sur sa faisabilité.

En effet, la réduction de 40 % d'émissions est un chiffre global. Des objectifs plus spécifiques sont fixés aux industriels régis par le système ETS (échange des quotas d'émission) dont l'industrie chimique. Dans ce cas, il est annoncé une réduction de 40 % des GES sur la période 2005-2030. Et si l'on se recale sur la période de référence de 1990, l'effort demandé est de 70 % de réduction d'ici à 2030. « L'industrie chimique a d'ores et déjà réduit ses émissions de GES de 50 % depuis 1990 », explique-t-on au Cefic. « Les 20 % restants semblent très difficiles à atteindre, voire inatteignables ». Utz Tillman, directeur général du VCI, la fédération allemande de la chimie, annonce même que pour réaliser cet effort supplémentaire il faudra « au mieux arrêter de développer des productions. Au pire, nous aurons même à réduire nos activités de production ».

À cette occasion, le Cefic a rappelé à nouveau que l'industrie européenne avait besoin d'un accès à l'énergie fiable et à des coûts compétitifs. Car la compétitivité se joue aujourd'hui sur l'énergie et les matières premières qui peuvent représenter jusqu'à 50 % des coûts. La fédération martèle que le régime ETS doit non seulement intégrer un système pour éviter des fuites de carbone au-delà de 2020, dans l'hypothèse où un accord mondial ne serait pas signé à Paris l'an prochain. Et d'ajouter que les installations les plus performantes en Europe en matière d'émissions de GES ne devraient pas avoir à payer pour leurs émissions. « L'Europe envoie à nos concurrents un avantage concurrentiel gratuit, juste à leurs portes. Il faut maintenant qu'elle trouve des mesures de compensation adéquates pour gommer notre désavantage compétitif », conclut Utz Tillman.

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