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Lanxess toujours en dérapage

Julien Cottineau

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Le groupe n'est pas en perdition. Mais depuis un an, il s'agit d'une vraie sortie de route. Comptant parmi les fleurons de l'industrie chimique allemande, Lanxess a dû se contenter d'annonces moroses face à ses actionnaires à Cologne (Allemagne), le 22 mai. D'ailleurs, même si Matthias Zachert, aux commandes du groupe depuis le 1er avril, se dit « certain que Lanxess émergera plus fort qu'avant après son réalignement », il dit devoir préparer ses actionnaires « au fait que les deux ou trois prochaines années ne seront pas faciles ».

La mesure phare présentée a été la forte réduction à venir des dépenses d'investissement. Le groupe prévoit cette année un niveau semblable à 2013 (624 M€), en raison de la finalisation de ses grands projets à Singapour et en Chine. Mais les dépenses d'investissements seront réduites en dessous de 600 M€ en 2015 et se situeraient entre 400 et 450 M€ en 2016. Soit 30 % de moins en deux ans !

Lanxess n'a pas encore détaillé ses mesures de restructuration pour le réalignement de sa stratégie, annoncé début mai. Sont au programme l'optimisation des structures administratives, la rationalisation des processus de prises de décision, l'amélioration de l'orientation marchés et clients, des fermetures temporaires ou définitives d'unités... Lanxess indique aussi vouloir « explorer des options pour rendre ses activités dans le caoutchouc plus compétitives et pour mieux équilibrer son portefeuille ». Ses mesures sont notamment motivées par le fait qu'après un exercice 2013 très difficile, marqué notamment par une perte nette de 159 M€, la conjoncture ne semble toujours pas favorable. En témoigne d'ailleurs la faiblesse des résultats annoncés pour le premier trimestre même si la profitabilité s'est améliorée. Lanxess estime que l'environnement économique devrait reprendre lentement. Surtout Matthias Zachert souligne que le groupe fait « actuellement face à des challenges majeurs - surtout que l'environnement compétitif pour notre activité de caoutchoucs synthétiques a changé ».

 

« Retournements de situation dans le secteur des caoutchoucs »

 

La sortie de route de Lanxess vient précisément de ce domaine. Or ces dernières années, le chimiste allemand a largement parié sur la croissance des marchés de l'automobile et des pneus plus performants, avec des débouchés plus que prometteurs pour ses caoutchoucs et plastiques de performance. Sauf que les retournements de situation se sont accumulés dans le secteur des caoutchoucs. D'une part, la demande mondiale a été plus faible qu'anticipée. Si le marché automobile est reparti outre-Atlantique, il est encore faible en Europe. Et le choix de matériaux plus performants mais plus coûteux pour la voiture ne semble pas avoir été favorisé ni sur le continent européen, qui s'extirpe timidement de la crise, ni sur les marchés émergents performants, où le pouvoir d'achat des classes moyennes demeure encore limité. D'autre part, les caoutchoucs synthétiques sont en proie à une féroce compétition entre les acteurs du secteur, notamment pour les débouchés dans l'automobile. Enfin, la forte volatilité des matières premières avait sans doute été mal anticipée. Or ces vents contraires soufflent encore. Résultat, Lanxess est désormais loin de ses objectifs financiers. En 2012, l'Ebitda avant exceptionnels, son indicateur favori, était ambitionné pour 1,8 Mrd € en 2018 et 1,4 Mrd € dès 2014. Après un plongeon de 40 % l'an dernier, à 735 M€, il devrait se situer entre 770 et 830 M€ pour 2014. Techniquement, ce n'est pas dramatique. Mais c'est loin des attentes et des ambitions.

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