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Edito : Le comex se resserre chez Solvay

Sylvie Latieule
Edito : Le comex se resserre chez Solvay

© © Marc BERTRAND

Fidèle d'entre les fidèles, Pascal Juéry allait cumuler cette année plus de 31 ans d'ancienneté dans son groupe, après avoir résisté aux spin-off et acquisitions qui ont jalonné son parcours. Ce diplômé de l'ESCP-Europe a en effet commencé sa carrière chez Rhône-Poulenc en 1988. Puis il est mécaniquement passé chez Rhodia, société créée en 1999 à la suite de la séparation des activités chimie et pharmacie de Rhône-Poulenc lors de sa fusion avec l'Allemand Hoechst (pour créer Aventis puis Sanofi). Il a alors pris différentes responsabilités au sein de l'activité Rhodia Novecare. Membre du comité exécutif de Rhodia à partir de 2010, il est tout naturellement devenu un collaborateur de Solvay, lorsque le groupe belge a mis la main sur un de nos fleurons nationaux de la chimie. Mais on se souvient que, si le nom de Rhodia est tombé aux oubliettes, son dirigeant, Jean-Pierre Clamadieu, a toutefois réussi la performance de ce que l'on a appelé à l'époque la « contre OPA de Rhodia ». Car le Français a très vite pris la tête de Solvay. En 2014, Pascal Juéry, considéré comme un membre de sa garde rapprochée, l'a rejoint au Comex. L'an dernier, lorsque le départ de Jean-Pierre Clamadieu à la tête d'Engie a été annoncé, le nom de Pascal Juéry a souvent circulé pour le remplacer. Mais c'est finalement Ilham Kadri qui a pris la place, officiellement intronisée p-dg en mars dernier.

Il n'y a que les proches du dossier qui pourraient nous dire ce qui s'est réellement passé entre la nouvelle patronne et son membre du comex. Mais ce qui se murmurait depuis quelque temps, à savoir le départ de Pascal Juéry de Solvay, a été officialisé, le 5 avril, dans un communiqué. Il restera toutefois dans le groupe jusqu'en septembre, pour finir d'accompagner la cession des activités de Polyamides de Solvay à BASF. Ensuite, il s'éclipsera pour « raisons personnelles ». Au passage, Cécile Tandeau de Marsac, à la tête des Ressources humaines depuis sept ans, quittera aussi le comex et le groupe, resserrant à quatre le nombre de membres du comex de Solvay (cinq avec la présidente). Ils ont gardé leur place, car ils « s'engagent, individuellement et collégialement, pour la mise en oeuvre sans faille de la stratégie au service du client », selon le communiqué.

C'est probablement parce qu'il quitte ses fonctions chez Solvay que Pascal Juéry a décidé de ne pas se représenter à la présidence de France Chimie. Il passe donc le relais après un mandat de trois ans. Et même si l'accès à cette présidence passe par une élection, il y a toujours eu des tractations en amont. Ce qui fait que l'on sait, avec quasi-certitude, que Luc-Benoît Cattin, directeur général Industrie d'Arkema et membre du comex, sera le prochain président.

Il s'en sera passé des choses au niveau de l'organisation professionnelle de la chimie, sous la conduite de Pascal Juéry. Le départ en catimini de l'ancien directeur général, Jean Pelin, remplacé par Magali Smets. Le renouvellement de nombreux collaborateurs dans l'organisation, le changement de nom d'UIC à France Chimie, une volonté plus forte qu'auparavant de restaurer l'image de la profession, un soutien accru des PME, notamment par le lancement de l'accélérateur chimie et bien d'autres projets... Forcément un tel programme ne lui aura pas valu que des amis. Néanmoins, la passation de pouvoir se déroulera dans la plus grande politesse le 24 avril prochain, date de la prochaine assemblée générale de France Chimie.

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