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[Spécial RSE] : Le dialogue avec les parties prenantes au cœur de la résilience de la chimie

[Spécial RSE] : Le dialogue avec les parties prenantes au cœur de la résilience de la chimie

© KOALA Prod/Solvay

L'initiative Responsible Care® concerne l'engagement RSE des entreprises de la Chimie au niveau mondial pour la gestion sûre des produits chimiques tout au long de leur cycle de vie, l'amélioration de la qualité de vie, et la contribution au développement durable. Au coeur de cet engagement, le dialogue avec les parties prenantes a pris une importance croissante. En période de crise du Covid-19, le dialogue avec les salariés s'est particulièrement intensifié, il a même permis aux entreprises d'adopter en urgence de nouveaux modes de fonctionnement pour poursuivre leurs activités et participer à l'effort collectif de soutien de la nation. France Chimie conseille et propose des outils aux TPE-PME pour les aider à rejoindre la démarche.

Pour toute entreprise engagée dans une démarche responsable, la prise en compte des « parties prenantes » est un enjeu central. Par «parties prenantes», on désigne toutes les personnes ou entités ayant un impact direct ou indirect sur l'entreprise et avec lesquelles elle a un intérêt particulier à développer un dialogue : fournisseurs, clients, mais aussi l'ensemble des parties prenantes comme décrit dans l'ISO 26000 (riverains, maires, ONG, pouvoirs publics, etc., connues sous le nom de « parties intéressées » dans les normes ISO 14001 ou 9001).

« Au fil du temps, en passant d'une culture 100 % HSE à une culture plus RSE, cette notion de parties prenantes a pris une importance croissante dans le programme Responsible Care® » souligne Aurore Fries, animatrice Responsible Care® - RSE chez France Chimie. L'un des 6 piliers de la Charte Responsible Care® (le numéro 5) est ainsi entièrement consacré à cette nécessité pour l'entreprise d'impliquer les parties prenantes afin de pouvoir élargir sa vision et faire de l'amélioration continue : « Impliquer les parties prenantes, comprendre leurs préoccupations et répondre à leurs attentes relatives à l'amélioration de la sécurité de nos opérations et de nos produits, et à communiquer clairement sur notre performance et nos produits. » On mesure l'importance d'un tel engagement dans le contexte actuel de crise sanitaire et d'adaptation pour les entreprises. « Il faut prendre en considération tous les points de vue pour être en mesure de conduire le changement, l'amélioration continue ou l'adaptation. Ceux qui avaient déjà installé une démarche RSE et qui ont instauré un dialogue avec les parties prenantes ont gagné du temps pour se réorganiser pendant la crise », explique ainsi Aurore Fries.

Le salarié, partie prenante numéro un

Du bien-être au travail pendant le confinement

Si la liste des parties prenantes à considérer par une entreprise a eu tendance à s'allonger, elle reste néanmoins à géométrie variable. Il est conseillé aux TPE/PME de faire preuve de pragmatisme pour coller au mieux au terrain : choisir ses sujets RSE, identifier les parties prenantes avec lesquelles dialoguer sur ses sujets (en réalisant une cartographie), croiser les regards en vue de construire une vision et un plan de progrès concerté qui fait sens.

En cette période de crise sanitaire, l'engagement RSE et l'existence d'un dialogue de terrain permettant aux salariés d'être force de proposition ont joué un rôle crucial. Ils ont permis à la chimie non seulement de continuer ses opérations à hauteur de 75 % environ (contre 60 % pour le reste de l'industrie), mais aussi de contribuer à l'effort national de lutte contre le Covid-19. Les entreprises du secteur ont en effet répondu à l'appel des services hospitaliers et établissements de santé en donnant plus de 200 000 masques et des milliers de combinaisons, blouses, charlottes et sur-chaussures. « La chimie a fait preuve d'une certaine résilience pendant la crise parce qu'elle a su s'adapter rapidement malgré l'accroissement des règles et contraintes sanitaires. Cela a été permis par la forte culture santé-sécurité des salariés du secteur et l'intensification du dialogue dans les entreprises sur des sujets pratiques tels que l'organisation du maintien de la production avec moins de collaborateurs, le port d'EPI spécial Covid et les gestes barrières », confirme Aurore Fries. Une adaptation des salariés particulièrement remarquable, notamment quand il a fallu produire des gels et solutions hydroalcooliques en très grandes quantités. Plusieurs entreprises qui en produisaient déjà ont accru significativement leur production, tandis que d'autres ont réorienté leur production dans des délais extrêmement courts pour être en mesure d'en fabriquer. Par sa mobilisation, le secteur a produit dix fois plus de gel au moment du déconfinement qu'avant la crise !

Lire aussi l'interview de Gilles Le Maire, délégué général de France Chimie Ile-de-France

La livraison de gel comme acte social

Des efforts exceptionnels qui n'auraient pas été possibles sans un solide dialogue social de terrain. Sylvain Jonquet, directeur des affaires sociales de France Chimie, explique : «Dans le cadre de la crise sanitaire, France chimie a interrogé régulièrement ses adhérents sur des questions sociales, économiques et sanitaires. Il est ressorti de ce « baromètre » qu'une vaste majorité des entreprises a renforcé le dialogue social depuis le début de la crise. Un tiers des ETI/grands groupes (plus de 500 salariés) et un tiers des grandes PME (100 à 250 salariés) ayant répondu au questionnaire ont par ailleurs engagé la négociation d'un accord spécifique».

Armor, entreprise spécialisée dans les produits d'impression pour garantir toutes formes de traçabilité dans les domaines de l'agroalimentaire, de la chimie et de la pharmacie peut en témoigner. Ses activités étant considérées comme essentielles au début de la pandémie, elle a dû faire face à un afflux de commandes, compte tenu de la demande mondiale et de la nécessité pour ses clients de constituer des stocks, tout en étant confrontée à un fort absentéisme. Un véritable défi que l'entreprise, engagée dans une démarche RSE, a su relever. Nathalie Rocourt, responsable des ressources humaines, ajoute : « Nous avons été en mesure de répondre à la demande de nos clients grâce à la qualité de notre dialogue social de proximité qui a permis une forte mobilisation des équipes de production, et la réalisation d'heures supplémentaires sur la base du volontariat. Au-delà des CSEE, des réunions informelles étaient organisées avec les élus et les collaborateurs étaient toujours associés pour les prises de décisions en matière de prévention de la pandémie. » Un dialogue social d'autant plus efficace qu'il s'inscrit dans une démarche RSE : « notre démarche RSE est très orientée sécurité et conditions de travail, elle nous guide au quotidien. Nous sommes signataires du Responsible Care® et adhérents du Global compact de l'ONU. Notre agilité et notre démarche d'amélioration continue, inscrites dans les principes de la RSE, expliquent notre capacité de résilience pendant cette période de crise ».

Le numérique, outil au service de la cohésion

Pour entretenir un dialogue de qualité au sein de l'entreprise, le numérique a joué aussi un rôle particulièrement important dans cette crise brusque et inédite qui a demandé aux entreprises de s'adapter, du jour au lendemain. En quelques jours, une partie des effectifs des entreprises a dû passer en télétravail, tandis que d'autres poursuivaient leurs activités sur les sites dans des conditions sanitaires très strictes. Le numérique s'est donc révélé indispensable pour maintenir le contact entre les managers et les collaborateurs en télétravail, ou entre ceux-ci et leurs collègues présents sur site.

Mais alors que le recours au télétravail peut parfois contribuer à éloigner les collaborateurs et nuire à l'esprit d'équipe, les nouveaux modes de communication ont souvent été mis au service de la cohésion, de l'écoute et de la réactivité des équipes dans les entreprises de la chimie. Des outils dédiés ont été utilisés, voire conçus spécialement pour organiser les nouveaux modes de travail, sensibiliser, former : pilotage d'unités à distance grâce à la surveillance de capteurs, e-learning (par exemple pour former aux mesures de sécurité et gestes barrières dans l'entreprise), guides numériques, sessions en ligne pour le bien-être des salariés, quizz, etc. Ils ont également permis de faire remonter de nombreuses initiatives volontaires des collaborateurs, renforçant leur sentiment d'appartenance et leur fierté de contribuer à l'effort collectif.

Du e-learning pour préparer le déconfinement

Bref, utilisé à bon escient, le numérique s'est révélé un outil précieux au service du dialogue et de la cohésion des équipes, c'est-à-dire l'une des parties prenantes clés de l'entreprise. Une nouvelle preuve que la démarche RSE peut prendre des formes variées et qu'elle se révèle un atout précieux en temps de crise !

Un guide pratique pour préserver la santé et la sécurité des salariés

Le 27 mai dernier, France Chimie, en collaboration avec les fédérations professionnelles  Fipec, FNCG et Febea, a publié un guide à destination des entreprises de la branche Chimie. Au-delà de la réglementation et des consignes des pouvoirs publics pour préserver les salariés et des sous-traitants sur leur lieu de travail en lien avec la crise du coronavirus, ce guide recense des mesures plus adaptées aux spécificités de la branche. Il est notamment destiné à faciliter la mise en œuvre de ces nouvelles pratiques que les collaborateurs travaillent sur site de production ou à distance en télétravail, sans pour autant prétendre être la norme. Mesures sanitaires, mesures organisationnelles, soutien des équipes, maintien de l’écoute et du dialogue, constituent les têtes de chapitre de ce guide.

Ce guide est téléchargeable ici. 

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