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Le grand bond en avant d'AkzoNobel

Julien Cottineau

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"Sa conquête du marché chinois passe par la croissance industrielle"  
 

Tous les Hollandais n'ont pas la tête qu'au football. AkzoNobel, lui, a la tête à l'Est. Le géant néerlandais des revêtements et des peintures ne cesse de miser sur la Chine pour sa croissance. En 2009, il recensait des ventes de 1,04 milliard d'euros dans le pays, soit environ 1,5 Mrd $. Désormais, le groupe vise le double, soit un chiffre d'affaires de 3 Mrds $ d'ici à 2015. Ce qui positionnerait le marché chinois comme l'un des premiers au monde pour le groupe, et l'amènerait au niveau actuel de ses ventes dans la zone États-Unis-Canada (2,98 Mrds €). La région Europe, 6,3 Mrds € de chiffre d'affaires l'an dernier, resterait quoiqu'il advienne le premier marché d'AkzoNobel. Ces rêves de performance en Chine ne sont pas infondés au regard de la croissance du groupe sur ce marché ces cinq dernières années. En 2006, le groupe n'y générait que 636 M€ de chiffre d'affaires, presque deux fois moins qu'aujourd'hui. Ce chiffre est toutefois trompeur puisque le passé récent d'AkzoNobel est jalonné d'opérations de croissance externe qui ont fortement influé sur le périmètre du groupe. En premier lieu avec l'acquisition en 2007 du Britannique Imperial Chemical Industries (ICI (CPH n°392). En 2007, ICI générait des ventes d'environ 100 M£ en Chine, ce qui représentait environ 10 % de son chiffre d'affaires total. Ce que l'on peut en revanche relever avec plus de certitudes, c'est qu'AkzoNobel se montre solide en Chine. Ses ventes n'y avaient reculé que de 1 % l'an dernier, en pleine crise, contre un recul de 10 % de son chiffre d'affaires global (de 15,4 à 13,9 Mrds €).

 


 

Pour encore mieux vendre, AkzoNobel estime que sa conquête du marché chinois passe aussi par un accroissement de son dispositif industriel local. Au vu des investissements engagés par le groupe dans le pays ces dernières années, les ambitions actuelles paraissent légitimes. Rien que sur son complexe de Ningbo, l'un de ses plus grands sites mondiaux, AkzoNobel réinjectait 17 M€ en avril dernier pour une future unité d'hydroperoxyde (CPH n°506). Ces trois dernières années, l'enveloppe globale des investissements à Ningbo atteint les 275 M€. À Taixing, au printemps dernier, le Néerlandais inaugurait aussi l'extension des capacités d'acide monochloroacétique (MCA), qui en fait désormais le plus grand site chimique chinois pour ce type d'intermédiaires. En Chine, le groupe compte 6 500 employés contre 4 800 en 2006, y fabrique localement des produits qui ont généré l'an dernier des ventes de 951 M€ dans le monde, contre 636 M€ en 2006, et y recense 11 % de ses ressources en R&D via ses deux grands centres implantés à Suzhou (revêtements et peintures) et à Shanghai (peintures décoratives et revêtements pour emballage). Au-delà de la croissance pure grâce au dynamisme du marché local et à sa présence industrielle, Hans Wijers, p-dg du groupe, est convaincu de l'importance stratégique de la Chine pour son rôle en matière d'innovation. Il estime que le curseur s'est déplacé « du fabriqué en Chine vers le développé en Chine jusqu'à l'innové en Chine », et que le pays se positionne de plus en plus rapidement comme « une mine d'idées planétaire pour la science, la technologie et l'invention ». Derrière cette expansion chinoise, AkzoNobel entend également soutenir le développement du groupe dans l'ensemble de la région Asie-Pacifique. Entre 2006 et 2009, les ventes d'AkzoNobel, hors Chine, y sont passées de 743 M€ à 1,7 Mrd €.

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