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Le marché du chlore en transition

Julien Cottineau

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L'échéance approche à grand pas. À la fin de l'année, les électrolyses à mercure ne seront plus autorisées à produire du chlore dans l'Union européenne, afin d'améliorer l'empreinte environnementale du secteur. Selon les dernières données complètes d'EuroChlor, en 2015, sur les 12,3 millions de tonnes de capacités installées en Europe, 63,5 % disposaient d'une électrolyse à membrane. La technologie à mercure ne comptait plus que pour 19,7 % des capacités installées. 13,6 % étaient basées sur une technologie à diaphragme, le solde (3,2 %) employant des technologies encore différentes. Les principaux pays abritant des capacités à mercure étaient l'Espagne (576 000 t/an), l'Allemagne (432 000 t/an) et la Belgique (315 000 t/an). La France se plaçait en cinquième position avec 205 000 t/an, juste derrière le Royaume-Uni (277 000 t/an).
 

« La compétitivité est un enjeu majeur pour ce secteur de base »


Ces dernières années, les annonces de conversion se sont multipliées. Une trentaine de projets de conversion, voire de fermeture, a été annoncée depuis 2011 par les producteurs de chlore à travers l'Europe, a recensé EuroChlor. Sous l'ombrelle du Cefic, cet organisme qui représente 34 producteurs en Europe, leurs 7 500 salariés et les 66 sites de productions dénombrés à travers 21 pays, tient un décompte sur son site internet. D'autres annonces sont à venir cette année. EuroChlor confirme « attendre des changements jusqu'à la fin de l'année » et ne pas pouvoir, en ce début d'année, établir des prévisions précises sur l'état des capacités avant la date butoir de la fin du mercure. Au-delà de l'avantage écologique de la conversion des électrolyses, il s'agit d'un enjeu également économique pour les industriels concernés, la technologie à mercure étant loin d'être le procédé le plus compétitif. Or les questions de compétitivité sont un enjeu majeur pour ce secteur de base, indispensable à la production d'isocyanates, de polychlorure de vinyle (PVC), d'inorganiques ou encore de solvants, mais évoluant dans un régime en nette surcapacité. La dernière grande consolidation du secteur, en l'occurrence le rapprochement des actifs chloro-vinyliques entre Solvay et Ineos pour fonder Inovyn en est le témoignage phare. La création de ce géant européen, désormais aux seules mains d'Ineos, avait justement pour principal objectif de renforcer la compétitivité (CPH n°755).
 

À lui seul, le différentiel entre les capacités installées et les productions annuelles actuelles s'avère probant. Sur 12,3 Mt/an de capacités installées, les productions de chlore en Europe ont atteint 9,37 Mt en 2016, selon EuroChlor. Par rapport à 2015, c'est une contraction d'un peu plus de 2 %. Un bilan qui n'est pas forcément « décevant car il y a eu de nombreux arrêts de maintenance en 2016 », relève Dolf van Wijk. Le directeur exécutif d'EuroChlor ne considère toutefois pas l'exercice annuel passé comme « une bonne année ». En premier lieu car en 2015 la production n'avait faibli que de 0,3 %. Mais surtout car les niveaux actuels sont bien en dessous du pic de 2008, où la production flirtait avec la barre des 10,5 Mt. Le secteur souffre aussi de la conjoncture morose qui perdure en Europe. Toutefois, à l'heure de la sortie de la technologie à mercure, deux points sont encourageants pour 2017. D'une part, le taux d'utilisation des capacités a légèrement progressé entre 2015 et 2016, passant de 79,7 % à 80,5 %, avec un net renforcement, supérieur à 81 %, en fin d'année. D'autre part, Dolf van Wijk estime que la production devrait « doucement augmenter » cette année, sous l'influence de la « reprise économique générale en Europe ». Même si celle-ci sera probablement encore très modérée.

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