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Le préfet Carenco à l'unisson de l'industrie chimique

Soutien sans faille de tous les dossiers difficiles, Jean-François Carenco, préfet de la région Rhône-Alpes et préfet du Rhône, se bat aussi pour le redressement productif de l'industrie chimique, à travers l'accueil de nouveaux investisseurs.

InfoChimie Magazine : Vous êtes cité par les industriels de la chimie comme un interlocuteur clé en Rhône-Alpes, fervent défenseur de cette industrie. D'où vient ce plébiscite ?

Jean-François Carenco : Il n'y a pas de pays indépendant sans industrie. Le soutien à l'industrie et le redressement productif est la compétence de l'État. Dans une région aussi industrielle que Rhône-Alpes, mon rôle est de préserver et de développer l'industrie en attirant de nouveaux acteurs. J'ai la conviction que la chimie est une industrie vitale pour la région et pour toute l'industrie à laquelle elle délivre des produits. Aujourd'hui, l'industrie chimique est mise en danger par la concurrence frontale des pays asiatiques, des pays du Golf, des pays producteurs de gaz de schiste, et même de l'Allemagne à qui on a effacé les coûts de transport de son électricité. Il faut donc retrouver de la compétitivité.

 

L'industrie chimique a-t-elle encore de l'avenir en Rhône-Alpes ?

J.-F. C. : La chimie en Rhône-Alpes a de l'avenir, mais à une condition : il faut agir pour son renouveau et favoriser notamment le développement de la chimie verte. Cependant, l'idée que l'on peut faire de la chimie à plus haute valeur ajoutée, sans faire de chimie de base est à écarter. Il faut des vapocraqueurs pour produire de l'éthylène et des produits de base, des électrolyses pour produire du chlore. C'est sur cette idée là que je travaille.

 

Quelles actions menez-vous précisément ?

J.-F. C. : Je travaille d'abord sur un axe défensif. Je tâche d'être l'interprète intelligent de la chimie en Rhône-Alpes pour porter quelques réclamations au niveau du gouvernement. Par exemple, le prix du gaz est différent du nord au sud de la France. Et pour ce qui est de l'électricité, on a déconnecté le prix de l'électricité et son transport. Je note que sur ce sujet du prix de l'énergie, le gouvernement a su trouver les moyens de maintenir des activités de production de l'aluminium dans la vallée de la Maurienne. Au plan règlementaire, il y a les PPRT et les garanties Seveso qui amènent des revendications, et bientôt la réglementation séisme. Par ailleurs, je plaide pour une organisation des sites chimiques en plateforme, à l'image de celle de Roussillon, gérée par la structure Osiris. C'est un moyen de revenir à ce qui existait dans le passé avec les grands groupes chimiques tels que Rhône-Poulenc, qui avaient des infrastructures et des utilités communes. Je m'occupe également des entreprises en difficulté, comme cela a été le cas pour KemOne, qui a trouvé une issue positive, et maintenant pour Vencorex. Je cherche à attirer l'arsenal de l'État pour résoudre leurs problèmes.

 

Que se passe-t-il chez Vencorex ?

J.-F. C. : On est encore dans les suites de la dislocation de l'industrie chimique française. Les gouvernements précédents ont contribué à ce démantèlement et aujourd'hui, nous sommes en mauvaise posture. Ce qu'ont fait les anciens n'a pas été correct.

 

Mais comment arrivez-vous à concilier le soutien des entreprises qui se plaignent d'une réglementation tatillonne et l'obligation de les faire appliquer ?

J.-F. C. : Le nombre de contradictions d'une pensée est le signe de sa richesse si l'on se réfère à Nietzsche. Dans mon histoire professionnelle, sur certains sujets, j'ai déjà obtenu des résultats qui ont fait bouger le « national ».

 

Vous venez de présenter votre axe de travail défensif. Quel est donc votre axe offensif ?

J.-F. C. : J'essaie d'attirer de nouveaux investissements. Actuellement, la plateforme de Roussillon est en compétition avec d'autres sites industriels pour l'accueil de la société américaine Hexcel dans le domaine des composites. Ce projet représenterait 400 millions d'euros d'investissement et 160 emplois directs. Nous avons travaillé avec les élus, les implantés du GIE. J'ai amené tous les services de l'État. Une réponse définitive est attendue en mai, mais notre projet tient la route. Je suis très fier d'avoir mené une armée de combat sur ce dossier.

 

On a souvent évoqué la chimie en Rhône-Alpes à travers la cohabitation difficile entre industriels et riverains, notamment au niveau de la Vallée de la Chimie. Est-ce encore un sujet d'actualité ?

J.-F. C. : C'est un vieux combat qui n'a plus lieu d'être. On a avancé sur les PPRT et on a bien travaillé avec les riverains. Le sujet d'aujourd'hui est de maintenir la chimie de base, d'améliorer sa compétitivité et d'attirer de nouveaux investissements sur notre territoire.

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