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Le projet d'Arzew entre Total et Sonatrach remis sur les rails autour du propylène

Sylvie Latieule

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Le projet d'Arzew entre Total et Sonatrach remis sur les rails autour du propylène

Après plusieurs projets autour de l’éthylène, Sonatrach s’intéresse au propylène.

L'Algérien Sonatrach et Total vont investir 1,5 milliard de dollars à Arzew, près d'Oran pour construire un complexe pétrochimique autour de la production de propylène et de polypropylène.

À la suite d'un partenariat global annoncé en 2017, Total a signé, le 11 mai dernier, un accord avec le groupe pétrolier et pétrochimique algérien Sonatrach en vue de lancer les études d'ingénierie pour un projet pétrochimique à Arzew, près d'Oran, dans l'ouest de l'Algérie, sans préciser de date de lancement. Le montant de l'investissement s'élève à 1,5 milliard de dollars (1,2 milliard d'euros) pour les deux partenaires, avec une clé de répartition de 51 % pour Sonatrach et 49 % pour Total. Au coeur du projet, une usine de déshydrogénation de propane (PDH), une unité de production de polypropylène (PP) d'une capacité de 550 000 tonnes par an ainsi qu'une unité logistique « à la pointe de la technologie ». Sous réserve de l'approbation des autorités algériennes compétentes, les études d'ingénierie démarreront cet été pour un lancement des travaux dans un an. L'objectif est de valoriser le propane disponible localement (650 000 t/an de propane issu des installations de séparation de GPL d'Arzew) en le transformant en polypropylène, un plastique dont la demande est en très forte croissance.
 

Selon la presse algérienne, le complexe permettra d'assurer une couverture totale des besoins du pays en polypropylène, qui est actuellement importé, ainsi que la création d'emplois directs avec 6 000 personnes en phase de construction et 600 personnes en phase d'exploitation commerciale. « Rien qu'en 2017, pas moins de 78 000 tonnes de ce produit ont été importées par l'Algérie pour un montant de plus de 100 millions de dollars », souligne la publication Algérie Focus. « Les besoins de l'Algérie en polypropylène sur la période 2018-2023 seront de 500 000 tonnes pour un montant estimé à plus de 650 millions de dollars ».
 

Patrick Pouyanné, président-directeur général de Total, a estimé que « ce projet algérien s'inscrit dans notre stratégie de croissance dans la pétrochimie qui consiste à développer nos activités à partir de matières premières bénéficiant d'un avantage de compétitivité, notamment issu du gaz, afin de tirer parti de la croissance de la demande mondiale en plastiques ». Spécifiquement dédié à la production de polypropylène, il complète les autres projets du groupe récemment annoncés aux États-Unis, au Moyen-Orient et en Asie essentiellement orientés vers le polyéthylène.
 

Un projet évoqué depuis 2007
 

Depuis 1952, Total est un acteur historique de l'exploration-production en Algérie. En 2017, il a d'ailleurs produit 15 000 barils équivalent pétrole par jour (bep/j) qui provenaient intégralement du champ de gaz et de condensats de Tin Fouyé Tabankort (TFT) dont le groupe détient actuellement 35 %. Mais, en aval, Total n'était pas encore positionné. Et pour cause, le projet de complexe pétrochimique avec Sonatrach à Arzew était un serpent de mer sans cesse repoussé. Envisagé à partir de 2007, il avait pour ambition initiale de bâtir un complexe autour de l'éthylène (1,1 Mt/an) moyennant un investissement de 3 Mrds $. Maintes fois repoussé, il a refait surface en 2012, avec l'annonce d'un nouveau partenaire, Qatar Petroleum (QP), et une ambition nouvelle qui devait porter l'investissement à 7 Mrds $. Mais, finalement, les relations entre Total et l'Algérie avaient tourné court. À l'origine de la crise, le durcissement de la fiscalité sur le pétrole et le gaz au milieu des années 2000 avec l'instauration d'une « taxe sur les profits exceptionnels » des compagnies étrangères. « Dès que le prix du baril dépassait 30 dollars, celles-ci devaient acquitter un impôt supplémentaire pouvant monter jusqu'à 50 % de la valeur de la production », expliquait Le Monde dans son édition du 11 mai. C'est grâce à la mise en place d'un nouvel accord, en avril 2017, que la France et l'Algérie ont pu remettre leurs pendules à l'heure et Total poser les bases de sa nouvelle collaboration avec Sonatrach. Exit un projet de complexe autour de l'éthylène, c'est désormais autour de l'autre grande oléfine, le propylène, que le projet sera bâti. À noter que du côté de Sonatrach, ce projet s'inscrit dans le cadre d'un programme d'investissement de 56 milliards de dollars au total sur la période 2018-2022. 44 Mrds $ seront consacrés à des projets d'exploration et de production et 10 Mrds $ à des projets en aval. Le 9 mai, Sonatrach a notamment annoncé avoir signé un accord avec Esso Italiana (filiale à 100 % d'ExxonMobil) portant sur l'achat de la raffinerie d'Augusta (Sicile), de trois terminaux pétroliers situés à Augusta, Naples et Palerme ainsi que leurs systèmes d'oléoducs associés.

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