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Le projet Futurol inaugure son unité pilote

A Pomacle-Bazancourt, Dinhill On

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Le projet Futurol inaugure son unité pilote

Le procédé biologique du pilote utilise des cuves d'hydrolyse enzymatique et de fermentation.

© © M. Jolyot Procethol 2G

La société Procéthol 2G, porteuse du projet Futurol, vient d'inaugurer l'unité pilote de production sur le site de Pomacle-Bazancourt. C'est une première étape pour le développement d'un procédé industriel de production d'éthanol de deuxième génération.

Produire du biocarburant à un prix compétitif à l'horizon 2016-2020 : telle pourrait être la finalité du projet Futurol, qui a inauguré son unité pilote de production sur le site de Pomacle-Bazancourt (Marne). Initié en 2008 avec 11 partenaires (Inra, IFP Énergies nouvelles, etc.), ce plan de 76,4 millions d'euros sur 8 ans vise à mettre au point un procédé de production de bioéthanol de deuxième génération, utilisant une biomasse locale (dans un rayon de moins de 50 kilomètres autour du site) et diversifiée : plantes dédiées, bois, coproduits agricoles, résidus forestiers et déchets verts. « Les matières premières utilisées seront des taillis à courte ou très courte rotation et des plantes dédiées, comme le switchgrass ou le miscanthus », précise Dominique Dutartre, président de la société Procéthol 2G, porteuse du projet. Impliquant 12 équipes de recherche privées ou publiques, le projet Futurol s'est focalisé sur six axes de recherche prioritaires : la construction de ressources ligno-cellulosiques adaptées à usage énergétique, la détermination des conditions optimales opératoires du prétraitement, la définition de la mise en œuvre de l'hydrolyse, le développement de levures adaptées et la mise en œuvre de la fermentation, l'adaptation et l'amélioration d'enzymes et la limitation des consommations d'eau, d'énergie et des rejets sans freiner le procédé. « Le projet Futurol a toutes les cartes en main pour créer une filière du bioéthanol de deuxième génération », souligne Olivier Appert, président d'IFP Énergies nouvelles. D'un coût de 20 millions d'euros, le pilote s'étend sur 5 000 m2 et tient compte des impacts environnementaux selon quatre grandes thématiques : la gestion des déchets, la limitation de la pollution de proximité, la limitation des consommations de ressources et le faible impact environnemental du bâtiment.

D'une capacité de 180 litres par an, le pilote utilise un procédé en majeure partie biologique (enzymes et levures), s'opposant à la voie thermochimique « Biomass to liquid » qui consiste en l'extraction de diesel en soumettant la biomasse à des fortes conditions de pression et de température.

Un prétraitement chimique

 

Le procédé de Futurol comporte une première étape de broyage mécanique avant une autre de cuisson et de catalyse chimique. « Avec le prétraitement, le rendement du procédé peut atteindre 80 %, tandis qu'il ne s'élève seulement qu'à 30 % sans prétraitement », souligne Dominique Dutartre. Avant d'ajouter : « En plus, le coproduit issu de cette étape est valorisable comme substrat pour la production d'enzymes ». Les éléments prétraités subissent ensuite une phase d'hydrolyse enzymatique de la cellulose en sucres, qui seront fermentés par des levures et distillés en éthanol.

Outre la problématique du changement d'échelle, plusieurs obstacles se dressent encore pour que le bioéthanol produit par le pilote Futurol soit compétitif par rapport à un biocarburant de première génération (autour de 50 centimes le litre). « Aujourd'hui, le prix de revient de notre bioéthanol doit encore être divisé par deux », constate Dominique Dutartre. Avant d'ajouter : « Les leviers possibles pour le rendre compétitif sont l'optimisation énergétique du procédé, et l'extraction d'une plus grande part des sucres contenus dans la biomasse ». En effet, le procédé de Futurol ne fermente à ce jour que les sucres à six carbones. Des recherches doivent notamment être menées pour pouvoir extraire les sucres à cinq carbones des parois cellulosiques. Autre verrou, les enzymes d'hydrolyse dont le coût augmente en fonction de leur complexité. Pour essayer de limiter ces dépenses, le projet Futurol prévoit d'élaborer lui-même de nouvelles enzymes s'adaptant aux différentes matières premières. Le procédé sera exploité commercialement par Procéthol 2G, via la vente de licences et de levures. Tous ces verrous seront levés par le pilote. Si la faisabilité économique est avérée, le projet prévoit la construction en 2015 d'un prototype préindustriel d'une capacité de 3,5 millions de litres par an sur un site encore à déterminer du groupe industriel Tereos, spécialisé dans la production de sucres, amidons et alcools. Si tout se déroule comme prévu, une unité industrielle de 180 millions de litres annuels pourrait voir le jour en 2016. « Le bioéthanol produit permettrait de compléter l'offre de biocarburants liquides nécessaires pour atteindre l'objectif d'avoir 10 % de carburants renouvelables d'ici 2020 », conclut Dominique Dutartre, président de Procéthol 2G.

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