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Le raid de Westlake irrite Georgia Gulf

Julien Cottineau

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C'est peut-être le démarrage d'un long feuilleton. Un soap-opera entre deux groupes chimiques américains aux profils relativement similaires, avec d'un côté le Texan Westlake Chemicals, de l'autre le Géorgien Georgia Gulf. En ce début 2012, la tentative d'approche du premier sur le second tourne au mélodrame, à coups de déclarations graduellement assassines. La proposition de Westlake Chemicals d'acquérir son compatriote pour la coquette somme de 1,1 milliard de dollars (environ 850 M€) se heurte à un refus ferme. Tout avait commencé simplement. Le groupe texan avait amorcé une approche amicale dès le 20 septembre. Après un automne de discussions, pas assez productives et engagées selon Westlake, ce que nie Georgia Gulf, le projet s'est visiblement retrouvé en stand-by à Noël. Avant que le groupe de Houston ne montre les crocs mi-janvier. Après avoir réussi discrètement à mettre la main sur 4,8 % du capital de sa cible, il a décidé de rendre le projet public et de lancer une OPA hostile. Avec une offre de rachat de la totalité du capital pour un montant de 30 $ par action, soit une prime de 51 % sur le cours moyen de l'action des 30 derniers jours. Une initiative qui a fortement déplu du côté d'Atlanta. Depuis son siège social, Georgia Gulf a dégainé dans la foulée. Le groupe estime que cette proposition « financièrement inadéquate » constitue une « tentative opportuniste d'acquérir les actifs de la société (... ) alors que nous nous remettons d'une crise industrielle sans précédent sur nos marchés et d'un marché boursier volatil ». Le groupe plaide une valeur largement sous-estimée qui ne reflète pas son potentiel de croissance. Ce qu'ont l'air de confirmer certains analystes cités par Bloomberg qui jugent qu'une offre attractive se situerait plutôt autour de 40 $/titre. Georgia Gulf a aussi enclenché un premier système de défense avec la mise en place d'une "pilule empoisonnée". Les modalités ne sont pas encore claires, mais les actionnaires pourraient recevoir des bons de souscriptions d'actions leur permettant, si un actionnaire dépassait le seuil de 10 % du capital, d'acquérir des titres dans des conditions très favorables. De quoi pimenter le feuilleton.

« Un potentiel n°2 du PVC en Amérique du Nord » 
 

Au-delà des discordes, l'opération n'est pas dénuée d'intérêts pour les deux parties. Elle pourrait déboucher sur la constitution du deuxième plus grand producteur de PVC sur le marché nord-américain, selon des données d'IHS Chemical. Actuellement les deux groupes sont de tailles quasi-égales. Westlake a généré en 2010 des ventes de 3,2 Mrds $ et recense 2 000 employés. Georgia Gulf et ses 3 600 salariés ont affiché sur la même période un chiffre d'affaires de 2,8 Mrds $. Les deux groupes sont aussi très centrés sur le marché nord-américain. Seul Westlake détient une unité de résines PVC hors d'Amérique du Nord, à Suzhou, en Chine. Côté portefeuille, le groupe est focalisé sur les oléfines (69 % de son périmètre) et les productions vinyliques (31 %). Georgia Gulf est lui un spécialiste de la chlorochimie (44 %), des aromatiques (28 %) et des produits de construction (28 %), notamment des profilés pour portes et fenêtres. Activité sur laquelle Westlake est également, mais plus modestement, positionné. Du côté des projets, Westlake a deux atouts non négligeables. Depuis l'an dernier, il pense à muscler ses capacités d'éthylène et projette de doubler sa production de chlore pour atteindre, en 2013, 500 000 t/an, ce qui le mettrait au niveau de celles de Georgia Gulf. Pendant que la cible se sent sous-évaluée, le prétendant affiche des arguments.

 

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