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Le site de Chalampé assure son avenir

À Chalampé, Julien Cottineau

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Le site de Chalampé assure son avenir

© Solvay

La coentreprise alsacienne entre Solvay et Invista, Butachimie, a été reconduite pour 99 ans, et devrait bénéficier d'un investissement de plusieurs centaines de millions d'euros dans les prochaines années. En parallèle, Solvay pilote la mise en plateforme du site de Chalampé pour renforcer sa compétitivité.

Chalampé, l'un des plus grands sites au monde de production d'intermédiaires pour les sels de nylon (polyamide 6.6), va se réorganiser.

Entre un investissement à venir de plusieurs centaines de millions d'euros, et un projet de mutation en plateforme économique, le site chimique de Chalampé (Haut-Rhin) semble se garantir un avenir prometteur. C'est ce qu'a esquissé Solvay lors d'une visite du site le 17 septembre. Site qui compte pour l'un de ses plus grands au monde. Le projet s'articule en deux volets : d'abord la réorganisation de la filiale Butachimie, ensuite l'ouverture à des tiers de terrains pour implantation industrielle et constitution d'une plateforme. Au printemps, Solvay avait indiqué avoir réglé et clarifié la situation avec Invista, son partenaire au sein de Butachimie, pour la production d'adiponitrile (ADN). L'accord confirmait que le chimiste américain était le propriétaire exclusif de la technologie d'ADN et que la coentreprise pourrait bénéficier de sa nouvelle technologie en cours d'industrialisation actuellement sur une unité aux Etats-Unis.

Butachimie est née il y a exactement 40 ans. En 1974, Rhône-Poulenc et DuPont de Nemours s'étaient associés à parts égales à Chalampé, le premier fournissant le terrain et le personnel, le second la technologie ADN. Comptant parmi les plus anciennes coentreprises chimiques toujours existantes, Butachimie est aujourd'hui, à la suite d'une longue et distincte série de fusion-acquisitions, entre les mains de Solvay et d'Invista. Lesquels viennent de décider la reconduction de cette coopération pour 99 ans ! Ainsi que la mise en autonomie de Butachimie, qui disposera de son propre personnel et ne sera plus opérée par Solvay directement. Sur le plan comptable, les 1 000 salariés du site seront répartis ainsi : 600 pour Solvay et 400 pour Butachimie. Cette réorganisation devrait conduire à la création de plusieurs dizaines d'emplois supplémentaires du côté de la coentreprise pour la bonne gestion de son fonctionnement autonome.

 

Investissement majeur pour l'ADN
 

Chalampé, l'un des plus grands sites au monde de production d'intermédiaires pour les sels de nylon (polyamide 6.6), va par la même occasion se réorganiser. Les unités d'acide adipique resteront dans le giron du chimiste belge. Celle d'hexaméthylène diamine (HMD) sera rattachée à Butachimie mais opérée par les effectifs Solvay, détenteur de la technologie. Enfin, l'unité d'ADN sera gérée de manière autonome par Butachimie et non plus opérée par des effectifs du groupe belge. C'est cette unité, actuellement la plus grande au monde avec 500 000 tonnes par an de capacités, qui « pourrait bénéficier d'un investissement majeur, de plusieurs centaines de millions d'euros », a annoncé Pascal Juery, membre du comité exécutif de Solvay, afin d'intégrer la future technologie d'Invista. Le procédé emploiera toujours le butadiène comme matière première mais de manière plus efficace. Le retrofit de l'unité, qui lui permettra de devenir la « plus compétitive au monde », affirme Vincent Kamel, président Polyamide et Intermediates de Solvay, fera d'abord l'objet d'une phase d'études d'environ deux ans. Avant la phase de mise en oeuvre, prévue aux environs de 2017. Ce qui doit permettre de pérenniser le site grâce à l'amélioration de la compétitivité.

 

30 à 40 hectares de foncier disponible
 

Le volet de création de plateforme, piloté par Solvay, vise lui aussi la pérennisation du site et le renforcement de sa compétitivité. L'idée n'est pas nouvelle. La direction du site a déjà tenté d'accueillir des industriels à Chalampé ces dernières années. Mais sans succès, en raison notamment des problématiques liées au Plan de prévision des risques technologiques (PPRT). Sauf que désormais, avec la mise en place du PPRT sur le site, et l'autorisation accordée en juin 2013 par le ministère de l'Environnement pour en faire l'une des 17 plateformes économiques en France, les obstacles majeurs ont été levés à Chalampé. Sur les 125 hectares que comptent le site, il y au moins « 30 à 40 h de foncier disponible », comptabilise Savino Leone, directeur d'usine du site Solvay. La plateforme compte déjà des petites implantations de Linde, Air Products ou encore Dalkia, liées à la production actuelle. Elle est désormais totalement apte à accueillir des acteurs de la chimie et de l'énergie, offrant des opportunités de partage d'utilités, de services, de matières premières, de procédés, ou encore d'équipements. Le site alsacien dispose aussi de rares atouts logistiques avec la disponibilité des modes de transport fluvial, ferroviaire et routier sur place. De quoi séduire un peu plus les éventuels candidats.

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