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Le site France dévoilera ses atouts à l'Achema

Sylvie Latieule

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La France recense quelque seize plateformes chimiques sur l'ensemble de son territoire. À l'occasion du salon mondial de la chimie Achema, du 11 au 15 juin 2018 à Francfort, un grand nombre d'entre elles se sont unies pour faire ensemble leur promotion. Elles disposent en effet de surfaces d'accueil pour des entreprises internationales ou des start-up. Une opportunité pour mutualiser des moyens et améliorer leur compétitivité.

Cette année, en juin, à l'occasion d'une nouvelle édition du salon Achema à Francfort (Allemagne), la chimie française va « chasser en meute ». Sur les terres de la chimie allemande, sa principale concurrente européenne, la chimie française, avec le soutien de l'UIC et de Business France, va faire la promotion, sur un stand dédié (Hall 9.2 D12), de 12 plateformes chimiques (sur les 16 plateformes actuellement recensées). L'objectif est de présenter à de potentiels investisseurs venus du monde entier une offre riche et structurée pour l'accueil de nouveaux projets.
 

Que de chemin parcouru en 5 ans ! C'est en effet en 2013, dans le cadre du CSF « Chimie et matériaux », qu'avait émergé cette idée de pousser les plateformes françaises à se structurer pour gagner en compétitivité, en s'inspirant de l'expérience de la chimie allemande et des fameux Verbunds de Ludwigshafen (BASF) ou de Leverkusen (dont Bayer est le principal opérateur). À l'époque, seules deux plateformes faisaient référence en France : Lacq (Pyrénées-Atlantiques) et Roussillon (Isère).
 

C'est aussi à cette époque, alors que de nombreux industriels étaient confrontés au casse-tête de la mise en place de leur PPRT, qu'a été publiée la circulaire de juin 2013 du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, dite circulaire Delphine Batho. Ce document reconnaissait, pour la première fois, la spécificité des plateformes chimiques au regard de la loi. Elle encourageait déjà la mise en place de « la meilleure organisation » pour assurer leur sécurité et la mise en oeuvre d'une « gouvernance collective » entre entreprises de la plateforme, sur la base d'un engagement de chaque opérateur de participer à des opérations collectives de sécurité. Elle facilitait les extensions ou nouvelles implantations, y compris sur les zones « grisées » sur les cartes d'aléas des PPRT (plans de prévention des risques technologiques), faisant des plateformes les territoires privilégiés de la croissance future. Sans cette circulaire, l'investissement, en 2015, de 200 millions d'euros du géant américain des matériaux composites Hexcel sur le site Roussillon n'aurait jamais été possible.
 

« Il y a eu une prise de conscience, à l'époque, sur l'intérêt d'avoir une stratégie plateforme. Et nous avons mené des actions dans le cadre du Comité stratégique de filière car il y avait des freins réglementaires sur lesquels il fallait travailler. La circulaire sur les PPRT de Delphine Batho a facilité la mise en oeuvre des PPRT sur les plateformes. Mais nous avons encore des discussions sur un véritable statut de plateforme pour faciliter les démarches », explique Didier Le Vély, directeur des Affaires économiques et internationales à l'UIC.

S'il y a besoin d'une gouvernance collective, il n'y a pas encore de « norme » au niveau de la forme juridique à retenir. Contrat, ASL (Association syndicale libre), association d'industriels, GIE... Différents exemples cohabitent au niveau des plateformes françaises. « La gouvernance des plateformes peut prendre des formes extrêmement différentes. Le GIE Osiris à Roussillon constitue la forme la plus poussée de mutualisation, dans la mesure où il est propriétaire d'installations qui fournissent ensuite des utilités et des services à ses actionnaires à des coûts les plus compétitifs possible. À Lacq, Sobegi est une société détenue par Total, le principal opérateur de la plateforme, qui fournit des utilités et des services aux autres acteurs. Mais on peut aussi démarrer avec des structures plus légères, de type association de loi 1901, comme c'est le cas pour la plateforme Piicto », commente Didier Le Vély. Reste qu'il faudra tout de même passer par une définition de ce que doit être une plateforme chimique avant de pouvoir lui accorder un statut.
 

De nouveaux investissements pour améliorer leur compétitivité
 

Toutes les plateformes françaises ont en commun le projet d'accueillir de nouveaux investissements pour améliorer leur compétitivité. « Nous avons deux types de cibles », explique Didier Le Vély. « Nous ciblons des investisseurs étrangers qui veulent investir en Europe, dans des projets de taille importante. Mais nous avons un deuxième axe autour des entreprises innovantes ».
 

Toutes ces plateformes françaises sont-elles pour autant concurrentes ? Pas nécessairement. Lorsqu'un investissement majeur de plusieurs centaines de millions d'euros est envisagé, un cahier des charges précis est fourni par l'investisseur. Il va porter sur l'accès aux utilités, avec parfois des contraintes techniques en termes de pression de vapeur, de voltage... Les sujets logistiques jouent également un rôle très important : pipelines, accès portuaires, routes, rail... La question des échanges de matières premières peut aussi s'avérer déterminante. Par exemple, la fourniture de certains dérivés pétrochimiques peut requérir la proximité d'une raffinerie (spécialité d'ExxonMobil à Port-Jérôme ou de Total à Feyzin, dans la Vallée de la Chimie), celle de chlore impliquer une électrolyse sur site (spécialité du Grenoble Chemical Park) ou celle de matière première végétale, notamment du sucre, peut nécessiter la proximité d'un agro-industriel (spécialité de Bazancourt-Pomacle). En fonction du dossier, telle ou telle plateforme sortira du lot. Le plus important est que chaque dossier puisse être instruit dans les plus brefs délais, par les bons interlocuteurs, pour donner toutes ses chances de succès au site France.

Les 16 plateformes françaises
  • Bassin de Lacq : Chempôle 64, Induslaq, Pardies/Noguères
  • Berre Petrochemical Cluster
  • Bioraffinerie de Bazancourt-Pomacle
  • Chemesis (Carling)
  • Commentry
  • Grenoble Chemical Park
  • Lamotte Industrial Park
  • Les Roches- Roussillon
  • Lyon, Vallée de la Chimie
  • Piicto
  • Port-Jérôme Normandy
  • Synerzip Le Havre
  • Villers Saint-Paul
  • WEurope (Chalampé)

 

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