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Les chimistes refusent l'idée de taxe carbone

J.C.

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En plein débat national sur la transition énergétique, l'éventualité de la mise en place d'une taxe carbone en France refait surface. Et fait bondir les chimistes.

Mi-mai, l'Union des industries chimiques (UIC) a ainsi amorcé un tir de barrage en fustigeant toute idée de taxe carbone. « Ajouter une taxe carbone dès la première tonne de CO2 émise reviendrait de facto à dégrader très significativement les marges des entreprises. L'impact de cette taxe - compris entre 140 M€ (7 €/t CO2) et 410 M€ (20 €/t CO2) soit 8 à 23 % du résultat courant avant impôt de la chimie de base - constituerait une charge supplémentaire insupportable pour notre industrie », note la fédération française. Entre le système européen des échanges de quotas de CO2 (ETS) et le poids des réglementations purement nationales, l'UIC juge que les industriels de la chimie sont suffisamment pressurisés par la fiscalité et la fiscalité purement écologique, et qu'ils « ne peuvent plus accepter une quelconque augmentation de leurs coûts énergétiques ». D'autant que l'énergie compte jusqu'à 20 % des coûts de production en chimie de base. En parallèle, le secteur estime avoir déjà fortement contribué à la réduction de son empreinte environnementale, et ce, volontairement. Les émissions de gaz à effet de serre de la chimie en France auraient ainsi diminué de 50 % entre 1990 et 2012. Le risque pointé du doigt est l'affaiblissement de la compétitivité, et celui de la délocalisation des productions hors du pays. Ce qui reviendrait à accroître les importations de produits finis fabriqués hors de France « dont les émissions de CO2 seront équivalentes, si ce n'est notablement supérieures, à celles des produits made in France », souligne encore l'UIC. Très impliqué dans le débat sur la transition énergétique, l'UIC réclame, plutôt que des taxes carbones ou environnementales, des instruments « juridiques et fiscaux appropriés qui incitent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) sans affecter pour autant l'indispensable compétitivité de l'industrie chimique en France vis-à-vis de ses concurrents européens ou extra-européens ».

L'Union des industries de la fertilisation (Unifa) est également montée au créneau. Elle parle de taxe « défavorable à l'industrie et contre productive pour l'emploi », voire même de « taxe nuisible pour l'emploi », qui favoriserait les délocalisations. L'Unifa trouve d'ailleurs particulièrement contradictoire que le gouvernement réfléchisse ainsi à une telle taxe alors qu'il se dit préoccupé par la montée du chômage. L'Unifa, qui estime que les industriels de la fertilisation ont réduit de 65 % leurs émissions de GES depuis 2005, apporte quand même une idée de substitution. Plutôt qu'une taxe carbone touchant les industriels en France, elle propose une taxe carbone « payée aux frontières par les importateurs selon les mêmes critères que le système de quota de CO2 qui éviterait des distorsions supplémentaires avec nos voisins et privilégierait l'emploi ».

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