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Les industriels de la chimie à bord du Train du climat

Par Sylvie Latieule

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En participant à cette opération fortement médiatisée, les industriels de la chimie se sont proposés de partir à la rencontre des Français. Leur objectif était de présenter au plus grand nombre les solutions qu'ils ont développées pour contribuer à basculer vers une économie sobre en carbone.

Après le train de l'industrie, voici le train du climat. En amont de la COP21, il a sillonné le territoire pendant trois semaines à la rencontre des Français pour les informer sur le thème du changement climatique. Le périple a commencé à la gare de Lyon à Paris, le 6 octobre. Il s'est achevé le 25 octobre à Nancy, 19e escale. À bord, tous les wagons ont été vidés de leurs sièges pour laisser place à des espaces d'exposition. Au début de la visite, les bases scientifiques étaient posées à travers un parcours de découverte des climats passés présents et futurs de la planète. Des recherches les plus récentes étaient présentées de manière accessible pour un public à partir de 10 ans. Les visites étant accompagnées par les « Messagers du Climat », une quarantaine de chercheurs, membres de l'association Météo et climat gestionnaire du projet, qui se sont relayés à bord du train sur toute la durée de l'opération.

Mais le Train du Climat avait aussi pour vocation de présenter des solutions concrètes mises en place par des entreprises ou des institutions partenaires de cette opération. C'est ainsi qu'une partie du wagon 6 a été aménagée par l'Union des industries chimiques (UIC) pour présenter des solutions de la chimie permettant une transition vers une économie sobre en carbone. Six thématiques ont été retenues : produire autrement, matériaux verts, habitat durable, mobilité durable, énergies renouvelables et économie circulaire. Pour chacune d'entre elles, une série d'entreprises et d'innovations étaient mises en avant.

Produire autrement, c'est le défi que se lancent les industriels de la chimie pour réduire l'impact de leurs activités sur l'environnement. Mais ils ne partent pas de zéro. Déjà, au cours des 20 dernières années, la consommation énergétique de la chimie a diminué de moitié alors que la production a doublé. Les émissions de GES ont également diminué de 54 % sur la période 1990-2012. Mais les industriels de la chimie veulent aller plus loin. Pour cela, ils sont en train de réfléchir à une organisation en plateformes industrielles pour pouvoir appliquer les principes de l'écologie industrielle fondée sur une démarche d'optimisation des flux (eau, énergie et déchets).

 

Privilégier chimie du végétal et économie circulaire

 

Produire autrement, c'est aussi miser sur la chimie du végétal ou l'économie circulaire. Pour illustrer le principe de la chimie du végétal (ou matériaux verts), les sociétés Sofralab et DuPont étaient citées en exemple. Sofralab, pour son fluide caloporteur biosourcé et biodégradable qui remplace le monoéthylène glycol dans le processus de fabrication du champagne. DuPont pour le propanediol biosourcé, Susterra, un intermédiaire biosourcé qui trouve des applications dans de nombreux produits. Le principe de l'économie circulaire était illustré à travers la société Dehon qui recycle des fluides fluorés usagés, mais aussi la démarche interprofessionnelle Adivalor qui collecte et valorise des intrants agricoles, ou bien la société PCAS qui développe des solutions enzymatiques à travers sa filiale Proteus ou encore Arkema. Le groupe chimique a notamment fourni le PMMA Altuglas, recyclable à l'infini, qui a servi de matériau pour l'élaboration de l' « Arche de Noé-climat », oeuvre contemporaine constituée de 120 sculptures animalières emblématiques de la COP21.

Dans l'espace habitat durable, on pouvait apprendre que le secteur du bâtiment est responsable en France de plus de 40 % de la consommation d'énergie et de 22 % des émissions de gaz à effet de serre (contre 5 % pour le transport). D'où l'urgence de rénover en particulier l'habitat résidentiel, sachant que 3 à 6 millions de ménages en France seraient en situation de précarité énergétique, logés dans des bâtiments mal isolés. Fortement mobilisé sur ce sujet, BASF, numéro 1 mondial de la chimie, possède en portefeuille une large gamme de produits d'isolation (dont le Neopor à base de polystyrène) pour la construction et la rénovation des bâtiments. Mais dans ce train, il faisait surtout la promotion de Slentite, un isolant du futur à base d'aérogel de polyuréthane. À pouvoir thermique comparable, il permet de fabriquer des plaques 20 % à 50 % plus fines que celles d'autres isolants. Ce produit, encore en phase pilote, sera probablement en concurrence avec le Skogar un nouveau matériau à base d'aérogel de silice proposé par Enersens, filiale du groupe PCAS. À côté de ces panneaux d'isolation, Bostik a été retenu pour présenter le premier enduit de lissage isolant thermique.

Pour évoquer les énergies renouvelables, c'est le film extra fin, Halar ECTFE de Solvay, qui était mis en avant. Ce matériau s'est illustré pour avoir encapsulé les cellules photovoltaïques des ailes de l'avion solaire Solar Impulse, leur permettant de résister aux intempéries, à la corrosion et aux chocs mécaniques. Producteur d'hydrogène, Air Liquide promouvait la généralisation de l'utilisation de ce gaz comme énergie propre dans le secteur des transports, tandis que Toray présentait ses matériaux composites fabriqués avec des fibres de carbone pour alléger les structures des éoliennes comme des Airbus. Enfin, le thème de la mobilité durable était abordé avec des entreprises comme Lanxess qui propose des caoutchoucs de haute performance pour les pneus verts ou Total Lubrifiant dont les produits améliorent la durée de vie et la performance des moteurs.

 

Améliorer l'image de la chimie

 

À ce large panel d'entreprises, sont venues se greffer, à chaque étape, des entreprises régionales qui sont montées à bord du train. Pour la première étape francilienne, l'UIC a, par exemple, accueilli les entreprises VWR (fournitures de laboratoires), Quadlab (laboratoire de chimie analytique), Eurenco (additif pour diesel propre), Innoveox (valorisation des déchets) et Sol France (distribution de gaz spéciaux).

En accompagnant la SNCF et les « Messagers du climat » dans cette opération fortement médiatisée, les industriels de la chimie souhaitaient in fine véhiculer deux messages : d'une part, leur engagement dans la réduction de leur propre empreinte environnementale et d'autre part, leur capacité à développer les solutions du futur pour réduire celle de leurs clients. Un positionnement doublement vertueux qui, s'il est bien compris, pourrait influer positivement sur l'image de la chimie.

 

Le secteur du bâtiment est responsable, en France, de plus de 40 % de la consommation d'énergie et de 22 % des émissions de gaz à effet de serre.

 

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