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Les laboratoires de L'Oréal s'adaptent aux chercheurs

Par Françoise de Vaugelas
Les laboratoires de L'Oréal s'adaptent aux chercheurs

Flex Lab L6 lors de l'inauguration du bâtiment L6, centre R&D de Chevilly-Larue, France, le 27 juin 2019.

© Nathalie Oundjian / L'Oréal Recherche & Innovation

L'Oréal a inauguré un sixième bâtiment de R&I sur son campus de Chevilly-Larue. Ce nouveau laboratoire entièrement modifiable selon les besoins des techniciens est le cinquième flex lab du groupe.

Le site historique de L'Oréal, basé dans la ville de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) s'agrandit. En novembre, le géant de la cosmétique française a inauguré un nouveau bâtiment de laboratoires : le L6, soit le sixième bâtiment de recherche du site. La construction de cet immeuble, résultat d'un investissement de plusieurs millions d'euros, fait du campus de Chevilly-Larue le plus grand site de recherche et innovation du groupe.

Ce bâtiment, dont la première pierre a été posée en juillet 2016, a été mis en service au printemps. Il se veut à la pointe de l'innovation technique. Sa particularité ? Sa modularité. En effet, il s'agit d'un flex lab, le cinquième du genre construit par L'Oréal : 4 600 m² de laboratoires, reconfigurables à l'envie, aménagés selon les besoins des 140 chercheurs qui travaillent dans ce bâtiment innovant. Le principe de ce flex lab est de faciliter les échanges entre les équipes de recherche, ainsi que d'améliorer les conditions de travail. Pour concevoir ce lieu, le groupe s'est appuyé sur son expérience : le campus de Chevilly-Larue est le cinquième site du groupe à se doter d'un flex lab. Le premier a été construit à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) en 2012, puis sont venus ceux de Mumbai (Inde) en 2013, de Pudong (Chine) en 2014 et celui de Rio de Janeiro (Brésil) en 2017. Chaque site a permis au groupe d'acquérir de nouvelles connaissances et donc d'améliorer le concept de flex lab pour la construction du site suivant. Et afin de s'assurer de la bonne conception du lieu, les principaux concernés, ici chercheurs et techniciens, ont été consultés. « Nous avons réalisé un travail de co-conception en partenariat avec les chercheurs pour mettre au point ce bâtiment. Neuf groupes participatifs ont recensé les besoins et usages pour imaginer ces nouveaux espaces », raconte Philippe Peyon, directeur du projet utilisateurs pour le campus.

Des espaces entièrement modifiables

Au revoir étagères, rangées de paillasses et poste de travail dédié. À l'exception des hottes d'extraction et des éviers, placés contre les murs de l'espace laboratoire, l'intégralité du laboratoire est modulable. Le flex lab est l'open space des sciences : cet espace est pensé pour faciliter l'échange entre les scientifiques. Du plafond descendent des colonnes électriques, des colonnes de distribution pour l'eau ou le gaz, toutes entièrement démontables. Tout comme les tuyaux d'aspiration pour les hottes aspirantes. On ne rencontre aucun obstacle au sol afin de pouvoir déplacer les équipements, tous équipés de roulettes. Autre point fort : les paillasses. Équipées elles aussi de roulettes, elles sont adaptables à la taille et au positionnement du personnel : elles possèdent un système de relevage ou d'abaissement électrique. « Ce n'est plus au technicien de s'adapter à son environnement », se félicite Philippe Peyon. Même pour se fournir en matière première, plus besoin d'effectuer des allers-retours pour obtenir tous les produits nécessaires : des carrousels, eux aussi sur roulettes, remplacent les étagères et permettent aux techniciens d'avoir accès à près de 90 matières premières différentes rapidement. Balances, centrifugeuses et autres matériels légers sont également déplaçables à l'envie.

Et la facilité de manipulation du matériel permet, en cas de nouveau projet, de repenser l'espace en peu de temps : une heure selon le géant de la cosmétique. Il est même possible d'organiser des vidéo-conférences pour consulter les équipes des autres sites du groupe. « Tout le monde utilise toutes les paillasses. Chaque formulateur travaille sur un ou plusieurs projets différents. Ce bâtiment a été conçu de façon à faciliter les échanges entre les projets et entre les collaborateurs », explique Philippe Peyon. Il y a également un autre intérêt dans ce concept de laboratoire : un chercheur arrivant d'un autre site de recherche et innovation du groupe connaît déjà le fonctionnement du bâtiment. Là encore, cela permet au nouvel arrivant de travailler dans les meilleures conditions possibles.

LE L6, UN BÂTIMENT À ÉNERGIE POSITIVE

Financé dans le cadre de l'appel à projets, le L6 de L'Oréal est un bâtiment à haute qualité environnementale (HQE). Dès sa conception, le groupe a cherché à minimiser son impact environnemental. Pour limiter sa consommation d'énergie, le bâtiment a été construit avec des matériaux légers et particulièrement isolants, et bénéficie de baies vitrées offrant une grande luminosité naturelle. Un puits canadien équipe ce bâtiment : un échangeur thermique à très basse énergie permettant de réguler la température de l'air ventilé dans le bâtiment selon la saison. Des panneaux solaires installés au niveau du parking et un arbre à vent permettent de produire 20 % des besoins énergétiques du bâtiment. Le site est également équipé de deux ouvrages de collecte d'eau permettant de récupérer 360 m3 d'eau, soit les volumes d'eau qui ne peuvent plus s'infiltrer dans les sols qui ont été imperméabilisés par la construction du bâtiment. Pour réduire son impact environnemental, le site est également équipé de bassins de phytoremédiation pour traiter ses eaux de rejet, et d'un bassin de collecte des eaux de ruissellement des parkings. L'aménagement paysager a permis au site d'être classé comme « refuge de biodiversité » par la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

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