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« Les PME peinent à réduire leur facture électrique »

Propos recueillis par Sylvie Latieule

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LES BÉNÉFICES D'UNE OPTIMISATION DE PROCESS

Sur un procédé de séchage de poudre, pour l'un de ses clients, Rockwell Automation a pu lui faire atteindre les performances suivantes :

- Réduction de la consommation d'énergie de 2 à 10 %.

- Réduction des produits hors-specs de 5 à 10 %.

- Réduction des matières premières de 5 %.

- Augmentation de la production de 5 %.

- Augmentation de la qualité de 10 à 50 %.

- Augmentation du taux d'utilisation des capacités de 5 à 10 %.

« Les PME peinent à réduire leur facture électrique »

Olivier Vallée.

© © Rockwell

Si les grandes entreprises investissent dans des solutions pour réduire leurs dépenses énergétiques, les PME ont plus de difficultés. Pourtant, outre les économies immédiates, c'est la qualité des productions qui est en jeu. Entretien avec Olivier Vallée, responsable de l'activité Process Control chez Rockwell Automation France .

Info Chimie Magazine : En tant que responsable de l'activité Process Control chez Rockwell Automation France, vous côtoyez de nombreuses industries. Comment se situe la chimie en matière d'économies d'énergie ?

Olivier Vallée : L'industrie chimique se soucie d'économiser son énergie depuis peu, probablement depuis moins de dix ans. Au départ, ce souci est apparu avec l'augmentation du prix de l'énergie qui a commencé à peser sur ses marges. Résultat, l'industrie chimique a pris conscience de la nécessité d'optimiser ses procédés. Sur ce point, elle reste en retard sur le secteur du bâtiment ou l'industrie pétrolière qui en raison de ses faibles marges a dû travailler très tôt sur la réduction de ses coûts. La chimie, en particulier la chimie fine, n'a connu que plus récemment cette pression sur ses marges avec l'essor de la compétition internationale. En retard sur certains secteurs, la chimie reste néanmoins en avance sur d'autres, en particulier sur l'agroalimentaire.

 

La question financière est-elle la seule motivation pour réduire ses dépenses énergétiques ?

O.V.: Au-delà de la question financière, d'autres sujets sont venus se greffer, comme le Grenelle de l'environnement avec la menace de la mise en place d'une taxe carbone, ou la pression exercée par les Drire pour limiter les déchets. Aujourd'hui, l'économie et l'environnement sont les deux facteurs majeurs qui influencent cette démarche.

 

Tous les industriels de la chimie mettent donc en place des solutions pour économiser de l'énergie...

O.V. : Économiser l'énergie est une vraie tendance, au cœur des préoccupations de très nombreux industriels. Mais pour faire des économies d'énergie, il faut aussi investir dans des solutions et cela n'est pas à la portée de tous. Cela dépend de la taille des entreprises. Dans les grandes entreprises comme BASF, Arkema ou Sanofi-Aventis, des groupes de travail réfléchissent à des solutions et les mettent en œuvre. Dans les PME, les dirigeants n'ont souvent pas les moyens de faire des investissements, ni même de payer des consultants pour les aider à identifier leurs besoins. Du coup le sujet n'avance pas aussi vite qu'on le souhaiterait et il reste beaucoup à faire en matière de réduction des consommations énergétiques dans l'industrie chimique.

 

Concrètement que propose Rockwell pour accompagner les entreprises de la chimie ?

O.V. : Les activités de Rockwell Auto mation ne touchent pas à la récupération ou à la valorisation de l'énergie. En revanche, nous nous intéressons à l'énergie électrique et ce à deux niveaux. Nous proposons des bilans énergétiques, à travers des mesures électriques, comme des mesures de puissance et d'intensité du courant à différents endroits du process. Puis nous préconisons des actions correctives, comme la mise en place de variateurs de fréquence sur les pompes au lieu des traditionnelles vannes régulantes qui étaient employées dans le passé. Nous proposons également l'installation de systèmes de pilotage du réseau électrique afin de mieux gérer la puissance et la consommation d'énergie.

 

Au-delà des économies d'électricité, quels sont les avantages de vos installations ?

O.V. : En fait, ce que nous proposons c'est une optimisation complète du procédé. Au-delà des économies d'énergie, nous contribuons à améliorer la qualité des produits et à diminuer les rejets. Par exemple, au niveau de la conduite d'un lot en chimie fine, de trop grandes variations peuvent entraîner des baisses de rendements correspondant à des pertes de plusieurs milliers d'euros. Nos solutions permettent d'introduire de la régulation prédictive limitant ces variations de paramètres. Nous avons également une grande expertise dans les procédés de séchage, d'évaporation, ainsi que dans la production de bioéthanol et de polymères.

 

Comment inciter les PME à s'engager dans cette voie des économies d'énergie ?

O.V. : Nous leur rendons visite et nous essayons de les convaincre que nos solutions peuvent répondre à des problèmes de qualité et d'instabilité de procédés. La réglementation et l'arrivée d'écotaxes pourraient également jouer en notre faveur, même si rien n'est programmé pour le moment. Déjà, c'est grâce à des primes accordées par l'État que l'installation des variateurs de fréquences a pu se généraliser. Dans le même temps, nos produits se sont beaucoup améliorés. Autrefois la régulation multivariable était faite avec des systèmes experts de forte puissance de calculs qui demandaient des modélisations de process complexes et qui étaient difficiles à utiliser. Aujourd'hui, les contrôleurs d'automatisme sont de plus en plus performants, conviviaux, avec des rapports prix/performances de plus en plus compétitifs. La régulation multivariable devient à la portée de tous d'autant plus que désormais les formations sont maintenant dispensées dans les écoles formant les régleurs.

 

Globalement comment se porte le marché français du contrôle de process ?

O.V. : L'industrie en France n'est globalement pas très dynamique, car elle s'est inscrite en très net recul au cours des dix dernières années en raison de problèmes de concurrence avec des pays à bas coût. Le marché français de la chimie est particulièrement difficile. Les principales commandes émanent des marchés publics et concernent de nouvelles usines dans les domaines du traitement de l'eau et des déchets, de la remise à niveau d'installations obsolètes. Une autre source de commandes provient de certaines entreprises françaises qui achètent des systèmes pour équiper de nouvelles usines dans d'autres parties du monde.

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