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Les Roches-Roussillon dans une dynamique d'investissements

Le site isérois a engrangé plus de 500 millions d'euros, ces cinq dernières années, et s'apprête à en faire autant pour les cinq à venir. Gouverné par le GIE Osiris, Les Roches-Roussillon est un modèle de mutualisation qui séduit à la fois les entreprises installées de longue date sur le site et des entreprises extérieures qui cherchent à s'y implanter.

Plus d'un milliard d'euros d'investis dans des installations chimiques en cinq ans en Isère, dont les 2/3 aux Roches-Roussillon. Le montant est révélateur de l'attractivité du territoire, et de cette plateforme chimique, en particulier. « Nous avons eu la chance d'accueillir les sociétés Hexcel et Ecoat, ainsi que le pilote de Cleef System, une jeune cleantech spécialisée dans le séchage de boues de station d'épuration. Mais les entreprises existantes de la plateforme, telles qu'Adisseo ou Novacap, ont aussi continué d'investir », explique Frédéric Fructus, administrateur du GIE Osiris, la société gestionnaire de la plateforme. Ces investissements ont contribué à créer de nombreux emplois. « Sur Les Roches-Roussillon, nous sommes passés d'un effectif de 1400 personnes à 1600 personnes en dix ans », souligne Frédéric Fructus. « Aujourd'hui, la dynamique fait que nous avons dans les tiroirs autant d'investissements pour les prochaines années, en particulier de la part des entreprises existantes qui prévoient toutes d'augmenter leurs capacités ». Quelques exemples : le fabricant de composites américain Hexcel qui avait engagé à la mi-2015 un investissement de 200 ME dans la construction d'une unité de polyacrylonitrile (PAN), précurseur de fibres de carbone, envisage de doubler sa capacité, comme il l'avait prévu au départ. Sur la période 2018-2020, Elkem Silicones a annoncé qu'il prévoyait d'investir une centaine de millions d'euros sur ses sites français de Saint-Fons dans le Rhône et de Roussillon. Adisseo, comme Novacap ont également des projets. Une ferme solaire est aussi à l'étude à proximité de la plateforme. Elle viendrait s'ajouter à la chaudière biomasse, opérée par Suez depuis 2014.

Pour rappel, la plateforme Les Roches-Roussillon regroupe deux sites industriels distants d'une dizaine de kilomètres : Roussillon et Les Roches de Condrieu. Historiquement détenus par un seul acteur, Rhône-Poulenc, ils ont démarré leurs activités en 1915 et 1917 respectivement. Le groupe chimique devient Rhodia en 1997, puis décide de se séparer de certaines activités non stratégiques. Il crée en 1999 le GIE Osiris pour assurer la gouvernance de la plateforme. Aujourd'hui, la plateforme compte une quinzaine d'entreprises. La mission du GIE qui emploie plus de 250 personnes est la gestion de services et d'infrastructures mutualisés. On peut citer la production et la distribution d'énergie et d'utilités, la sécurité, la médecine du travail, des ateliers de mécanique, des laboratoires analytiques, un service d'inspection et de contrôle, un magasin de fournitures industrielles... Chaque année, Osiris investit un minimum de 4 ME dans ses infrastructures. Un montant qui peut grimper autour de 10 ME pour des opérations spéciales comme la mise en conformité de la station d'épuration en cours de réalisation.

30 hectares de surfaces disponibles

En dépit de tous ces investissements et projets, la plateforme des Roches-Roussillon est encore en mesure d'accueillir des entreprises. « Nous sommes en train de faire de la place. Sur les trois dernières années, nous avons beaucoup démoli d'anciennes unités », explique Frédéric Fructus. Environ 30 ha sont disponibles sur un total de 150 ha. Sont ciblées des entreprises à risque, nécessitant un environnement Seveso, fortes consommatrices d'énergie et générant des effluents. La plateforme est bien outillée pour répondre à ces contraintes entre son service d'intervention de pompiers, la proximité de gaziers comme Air Liquide ou Linde, des prestataires de services environnementaux comme Suez et Tredi. Les start-up sont aussi bienvenues, avec la possibilité de profiter de la proximité de grands groupes, ainsi que de matières premières abondantes telles que l'ammoniac, le benzène, ou encore le propylène (pipeline depuis Feyzin). Mais c'est sa gouvernance forte, administrée par le GIE Osiris, qui est probablement le plus bel atout de la plateforme pour l'accueil de nouveaux entrants. Il offre l'avantage d'un interlocuteur unique qui contribue à améliorer la compétitivité de ses clients et leur permet de démarrer un projet quasiment en mode « plug and play ». ?

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