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J.C.

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A l'issue du premier comité central d'entreprise ordinaire de Kem One, les 19 et 20 février, les syndicats ont déposé unanimement un droit d'alerte.

Plus inquiétant, ils plaident pour un changement rapide d'actionnaire. La FCE-CFDT demande ainsi au gouvernement de s'emparer très vite du dossier et d'aider à trouver un repreneur industriel fiable. La CGT souhaite aussi voir Kem One se libérer du groupe Klesch, mais appelle l'Etat à nationaliser temporairement et sans attendre la société, en la reprenant pour 1 €, soit le prix d'acquisition engagé par Klesch. Selon les syndicats, la situation financière de l'entreprise est plus qu'inquiétante. Kem One, exempt de dettes en juillet lors de sa création, accumulerait aujourd'hui des dettes de 125 millions d'euros d'après les chiffres transmis par la direction aux partenaires sociaux. Un poids qui engloberait principalement des impayés auprès d'Arkema (49 M€), notamment pour de l'électricité et des services partagés, et auprès de Total (34 M€) pour l'approvisionnement en éthylène. Le reste de l'ardoise se répartirait entre GDF, l'Urssaf et surtout une multitude de sous-traitants dont certains seraient de fait dans une situation de plus en plus périlleuse. Les syndicats dénoncent d'ailleurs un bras de fer engagé par le groupe Klesch avec tous les fournisseurs de Kem One. Malgré les impayés « Arkema ne peut pas couper l'électricité à ses anciens sites, ce serait une mauvaise publicité. Et Total ne peut pas se permettre de couper son vapocraqueur à Lavera. Klesch a compris l'intérêt », dénonce ainsi Philippe Lemarchand, coordinateur CGT pour Kem One.

De plus, tous s'interrogent sur l'enveloppe de 100 M€ qu'avait allouée Arkema à Kem One lors de sa création. La CGT affirme que 80 M€ n'auraient jamais été versés au siège lyonnais de la société mais directement à une filiale à Londres (Royaume-Uni), dont 30 M€ auraient finalement atterri sur un compte à Jersey. 15 M€ du total de l'argent transféré hors de France aurait depuis été prêté par Klesch à Kem One, avec des taux d'intérêts inconnus. Sur les 20 M€ qui auraient été versés en France, 16 M€ auraient servi à payer les garanties environnementales, laissant une toute petite manne de liquidités à la société. La FCE-CFDT parlent de « gestion plus qu'opaque entre les diverses entités de Kem One Groupe », et évoque aussi des comptes créés à Jersey et à Malte. « On ne sait pas où se trouvent entre 30 et 50 M€ de liquidités », note Jean-Michel Rovida, délégué syndical central de Kem One. Quant au business plan présenté pour 2013, il n'a pas rassuré. Les syndicats le jugent trop peu détaillé et trop hypothétique. Au niveau des comptes, La FCE-CFDT affirme que la direction a parlé d'un Ebitda de -56 M€ pour les 7 mois 2012 et une projection de - 45 M€ en 2013.

La direction a refusé de commenter l'ensemble de ces chiffres. Un porte-parole reconnaît une « situation difficile pour Kem One puisque la conjoncture est mauvaise, avec une faible demande en PVC en Europe, en particulier dans les secteurs de l'automobile et de la construction. Et effectivement, la fourniture en éthylène est insuffisante à cause de l'accident de Naphtachimie ». Soit deux facteurs qui seraient très pénalisants.

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