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Marché biotech : « Tous les indicateurs sont au vert ! »

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Marché biotech : « Tous les indicateurs sont au vert ! »

Virginie Lefebvre-Dutilleul, associée d’EY, responsable du secteur des Sciences du vivant en France.

Pour sa 29e édition, l’étude annuelle sur l’industrie des biotechnologies d’EY témoigne d’un secteur dynamique. Virginie Lefebvre-Dutilleul, associée d’EY, responsable du secteur des Sciences du vivant en France, analyse les résultats pour Chimie Pharma Hebdo

Quelle est la tendance principale sur le marché des biotechnologies ?


Le rapport Beyond Borders de l’année dernière était déjà positif. Cette année, notre rapport sur 2014 témoigne de résultats encore meilleurs. Tous les indicateurs que nous suivons année après année sont au vert ! Le chiffre d’affaires a largement augmenté pour atteindre 123 milliards de dollars. Les bénéfices également. Ils s’établissent à 14,85 Mrds $. Cette année, nous constatons aussi une augmentation des dépenses de R&D, ce qui tire aussi la croissance. La dépense en R&D a augmenté de 20 % pour atteindre 35,4 Mrds $. Nous voyons beaucoup de produits dans le pipeline en phase IIb et III d’essais cliniques. En 2014, sur la quarantaine d’approbation de mise sur le marché de produits par la FDA, plus de 10 étaient des médicaments issus des biotechnologies. Certains se demandent s’il s’agit d’un effet bulle. Peut-être, mais pas seulement. Il y a surtout des bons produits avec des chiffres d’affaires et des dépenses de R&D en hausse.

 

Comment analysez-vous le marché en terme de financements ?


Là encore, nous enregistrons de très bons indicateurs. En 2014, le marché des biotechnologies a atteint des records. Le total des financements a atteint 54 Mrds $. Une grande partie a concerné des introductions en Bourse qui ont très bien marché. Nous nous approchons des chiffres de l’année 2000, au moment de la bulle génomique. Les capitaux levés au États- Unis et en Europe via des IPO ont progressé de 93 % pour atteindre 6,8 Mrds $. En comparaison, en 2000, nous étions à 7,8 Mrds $. En 2014, la période est favorable en Bourse et les indicateurs sont sains. Il y a eu des signaux très positifs pour les investisseurs. Des produits de rupture sont arrivés sur le marché et le pipeline est intéressant. 81 % des sociétés ayant réalisé une IPO en 2013-2014 ont des candidats médicaments en phase II ou plus.
 

L’année 2014 a également été marquée par de grandes opérations de rapprochements entre acteurs. Pouvez-vous nous en dire plus ?


Il y a en effet eu beaucoup de fusions/acquisitions en 2014, ce qui est toujours très positif pour les sociétés en early stage. Nous avons atteint un record pour les 10 dernières années. Nous recensons 68 fusions/acquisitions dans le domaine en 2014 pour une valeur totale de 49 Mrds $. Cela représente une croissance de 46 % par rapport à 2013. Une partie de ces transactions a été réalisée entre sociétés biotech. Il ne s’agit donc pas seulement de sociétés big pharma qui investissent dans les biotechnologies et des produits en phase III. On voit bien des tailles d’opérations très diverses. Par exemple, d’un côté Merck a acquis Cubist Pharmaceuticals (CPH n°700) et Idenix Pharmaceuticals (CPH n°680), de l’autre Forest Laboratories a racheté Aptalis (CPH n°660). Les accords sont très divers et reposent sur une capacité de financement qui a augmenté. La croissance de la Bourse permet des opérations plus importantes. Cette tendance se retrouve également dans les alliances nouées entre sociétés. Il y a de la place pour tout le monde. En 2014, 12 alliances ont atteint des valeurs potentielles de transactions d’1 Mrd $ contre 5 l’année précédente.

 

Le secteur affiche ainsi son dynamisme. Comment se positionne l’Europe par rapport aux États-Unis ?


En règle générale, la hausse du chiffre d’affaires vient essentiellement du marché américain. Quand les produits biotech arrivent sur le marché aux États-Unis, leur prix est plus élevé que sur le marché européen. Nous suivons avec un petit décalage. En 2014, les revenus se sont établis à 93 Mrds $ aux États-Unis (+29 % par rapport à 2013), et à près de 24 Mrds $ en Europe (+15 %). En matière de dépenses de R&D, elles ont augmenté de 22 % aux États- Unis et de 14 % en Europe. Concernant l’évolution des effectifs, le nombre d’employés du secteur a crû de 10 % aux États-Unis et de 8 % en Europe. Même tendance avec les mises sur le marché, pour lesquelles l’Europe suit toujours avec un petit décalage.


L’étude s’intéresse au secteur des biotechnologies. Comment analysez- vous l’arrivée des biosimilaires ? 


La première autorisation remonte à six ans. Aujourd’hui, de plus en plus de produits arrivent sur le marché. Nous n’avons pas fait dans le rapport Beyond Borders de focus sur les biosimilaires. Mais ils représentent vraiment un enjeu. Non seulement certains génériqueurs se positionnent sur ce domaine, mais aussi de grandes sociétés de biotech montrent également un intérêt pour se placer sur ce marché pour lesquelles elles ont un savoir-faire. Il s’agit, pour elles, d’un relais de croissance.


Avec ce bilan très positif, le marché des biotechs semble très porteur. Pourtant, la mise sur le marché des produits biotech pose aujourd’hui des questions…


L’un des points un peu critique, commun aux marchés des biotechs, de la pharmacie et des medtech est effectivement l’arrivée sur le marché. Et plus particulièrement sur les capacités de nos systèmes de santé à financer des produits de rupture qui vont apporter des économies demain. La question est ainsi de savoir comment s’adapter pour pouvoir faire un investissement qui permettra de réaliser des économies dans un futur plus ou moins proche. Cette stratégie de market access est un élément crucial.

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