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Cédric Ménard

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Les méga-fusions s'enchaînent dans la chimie. Et de nouveau, c'est Basell qui mène la danse. Avec une offre de rachat de 19 milliards de dollars, dette comprise, sur l'un des plus importants chimistes nord-américains, Lyondell. Le groupe détenu par le milliardaire Len Blavatnik, via Access Industries, tente ainsi de trouver enfin une cible consentante, après avoir essuyé deux revers de taille ces dernières semaines.

Basell a en effet vu lui échapper GE Plastics dans un premier temps, tombé dans le giron de Sabic. Puis plus récemment, un autre groupe américain, Huntsman, qui devrait convoler avec son compatriote Hexion. L'offre de Basell a reçu l'assentiment et le soutien du comité de direction de Lyondell. Prudence toutefois, cela avait déjà été le cas pour Huntsman. L'ensemble Basell-Lyondell constituerait l'un des tout premiers groupes chimiques mondiaux, avec un chiffre d'affaires de 34 Mrds $ (24,6 Mrds e) et 15000 collaborateurs dans le monde. Lyondell, avec un chiffre d'affaires annuel de 22 Mrds $ (16 Mrds e) en 2006, est le troisième groupe chimique américain indépendant derrière Dow Chemical (chiffre d'affaires de 49 Mrds $ ou 35 Mrds e) et DuPont (27,4 Mrds $, ou 19,8 Mrds e) ). L'association de Basell avec Lyondell est radicalement différente de celles tentées avec GE Plastics ou Hexion. Le premier lui aurait permis d'élargir sa gamme de polymères dans le polycarbonate notamment, tandis que le second lui aurait associé un large portefeuille de spécialités. Avec Lyondell, Basell s'associe à un groupe essentiellement tourné vers la chimie de commodités. Sa nouvelle cible s'est en effet séparée en mai de son dioxyde de titane, pour se recentrer sur trois divisions: le raffinage, dans lequel Lyondell s'est renforcé avec le rachat de Citgo (CPH n°350), l'oxyde de propylène et ses dérivés. La dernière est sans doute celle qui intéresse le plus Basell: elle regroupe la production d'oléfines (éthylène, propylène et butadiène), de polyéthylène et d'acétyles. Il est notamment le troisième producteur d'éthylène en Amérique du Nord, ce qui pourrait profiter aux activités polyéthylène de la filiale d'Access Industries. Mais de fait, on peut s'interroger sur le peu de similitude que présentent les trois fusions dans lesquelles Basell s'est successivement engagé, et ce, en moins de six mois. « Cette combinaison renforce le positionnement stratégique à long terme d'Access dans l'industrie pétrochimique mondiale » s'est contenté d'indiquer Len Blavatnik, sans donner plus de détails sur les bases rationnelles sur lesquelles il a décidé de ce rapprochement. Peut-être faut-il tout d'abord y voir une préparation d'une prochaine sortie de l'investisseur, qui avait racheté Basell en août 2005 à BASF et Shell. Au passage, rappelons que ce rapprochement concerne de près la France, les deux groupes y étant bien implantés. Basell détient à Berre (Bouches-du-Rhône) deux usines (polypropylène et polyéthylène), ainsi qu'une seconde unité de polypropylène à Fos-sur-Mer. De son côté, Lyondell est présent sur notre territoire via deux sites de production. À Fos-sur-Mer également (MTBE, ETBE, oxyde de propylène et oxyde d'éthylène) et à Pont-de-Claix dans l'Isère, où il produit du TDI (diisocyanate de toluène, 126000 t/an). Une usine en fait gérée par Rhodia pour le compte de l'américain.

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