Nous suivre Info chimie

Matériaux : le CO2 supercritique pour lutter contre le goût du bouchon

Sujets relatifs :

“Diam”, le nouveau bouchon en farine de liège high-tech de l'entreprise Sabaté, à Céret dans les Pyrénées-Orientales, garantit la disparition totale du fameux “goût de bouchon” que traquent tous les sommeliers. Sabaté (division bouchage du groupe Oeneo), annonce comme une révolution son Diam, seul Trophée d'Or de l'Innovation de Vinitech 2004, remis officiellement le 1 er décembre à Bordeaux. Sabaté avait déposé dès 1991 le brevet Altec des bouchons technologiques à base de farines de liège : des bouchons industriellement identiques gardant toutes les qualités mécaniques et organoleptiques du liège. Notamment la faible perméabilité à l'oxygène permettant aux vins embouteillés de développer leurs qualités. Mais ces bouchons présentaient le défaut traditionnel du liège : ils pouvaient occasionnellement polluer (entre 3 à 10 % des bouteilles) le vin de leur fameux “goût” amené par une molécule parfois présente dans le liège, le trichloroanisole (2,4,6-TCA). Depuis 1997, Sabaté a mené avec le CEA un programme de recherche pour extraire la molécule indésirable. Le procédé développé utilisé du gaz carbonique (CO 2 ) dans un état supercritique – au-dessus de 31 °C et 73 bars de pression. Dans cet état très dense, le CO 2 garde le pouvoir de pénétration d'un gaz et le pouvoir d'extraction d'un liquide, pour aller, à l'aide de 1 % d'un co-solvant secret (liquide alimentaire), piéger le trichloroanisole au cœur du liège. Dès 1997, il a fallu prouver les qualités exceptionnelles du bouchon qui élimine le goût de bouchon. Sabaté s'est donc lancé dans une série de tests scientifiques et de dégustations en France, Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande et États-Unis. D'où est sortie la certitude garantie de l'innocuité gustative du Diam. De plus, les enquêtes d'opinion montrent que les bouchons de liège, assimilés à la tradition vini-viticole, ont la préférence du public par rapport aux capsules expérimentées par certains vins du nouveau monde, qui relèvent plus de la tradition des sodas. Le traitement supercritique et l'action du co-solvant donnent de plus à Diam la propriété de repousser les agressions,notamment de micro-organismes comme moisissures et bactéries qui pourraient influencer le goût du vin. La tranquillité d'esprit du chef de cave restant à un coût très raisonnable. Mais pour couper court à toute réclamation sur un marché mondial du vin de plus en plus abrité derrière des armées d'avocats, Diam est livré dans des poches d'aluminium multicouches, absolument hermétiques, ne permettant aucune pollution du produit avant sa mise en œuvre dans les caves. Sabaté-Oeneo a foi dans son projet au point de construire une usine, près de Badajoz, en Estramadure (Espagne), au cœur de la principale forêt de chênes-lièges au monde, pour y traiter les farines et fabriquer à partir de juillet prochain quelque 500 millions de bouchons par an, contre 120 millions actuellement, en association avec un partenaire industriel. Et le bouchon supercritique est déjà à la recherche d'une nouvelle adaptation, le bouchon “Mytik”, spécialement adapté au champagne, un vin supercritique par la délicatesse de ses arômes, et l'exigence de son cahier des charges. (AFP)

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Metron contribue à « l'intelligence énergétique » des industriels

Metron contribue à « l'intelligence énergétique » des industriels

L'entreprise technologique Metron a développé une solution d'intelligence artificielle au service de la performance énergétique. Elle permet à l'industriel de s'inscrire dans l'usine 4.0[…]

25/02/2019 | Génie des procédésZoom
Les coraux digèrent mal l'octocrylène

Les coraux digèrent mal l'octocrylène

Axelera en route pour la phase IV

Axelera en route pour la phase IV

Les micro-organismes d'Agrauxine améliorent la santé des plantes

Les micro-organismes d'Agrauxine améliorent la santé des plantes

Plus d'articles