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Metabolic Explorer va construire une unité de propanediol à Carling grâce à Bpifrance

Sylvie Latieule

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Metabolic Explorer va construire une unité de propanediol à Carling grâce à Bpifrance

© Metabolic Explorer

L'industrialisation du procédé PDO/AB de Metex sur la plateforme de Carling Saint-Avold va passer par la création de la coentreprise Metex Noovista, soutenue par Bpifrance à hauteur de 45 %. Le projet représente un investissement de 47,7 M€ pour une production de 6 000 t/an de produits dans une première tranche.

C'est la nouvelle que l'on attendait depuis des mois, voire des années : la construction sur le sol français de la première usine de produits chimiques biosourcés fabriqués par voie biotechnologique, issue du renouveau de la discipline dans les années 2000. Il s'agira de produire du 1,3-propanediol (PDO) et de l'acide butyrique (AB). Et la société en passe de réaliser cet exploit s'appelle Metabolic Explorer (MetEx). Après un long parcours semé d'embûches, cette spécialiste de la biochimie industrielle, basée à Clermont-Ferrand ET créée en 1999 par Benjamin Gonzalez, vient de signer avec Bpifrance l'accord de financement clé qu'elle attendait. Sous réserve de l'obtention du permis de construire et d'exploiter d'ici au mois de novembre, MetEx posera en fin d'année, ou tout début 2019, la première pierre de son usine sur la plateforme chimique de Chemesis de Carling Saint-Avold, en Moselle, fief que le groupe Total cherche à revitaliser après l'arrêt de ses deux vapocraqueurs. Le projet porte sur la construction d'une première unité de 6 000 t/an (5 000 t/an de PDO et 1 000 t/an d'AB) représentant un investissement de 47,7 millions d'euros et qui devrait produire ses premiers lots d'ici à 2020. Le financement de l'opération va passer par la création de la coentreprise Metex Noovista qui prendra à sa charge 37 M€ et sera détenue à 55 % par MetEx et à 45 % par Bpifrance via le fonds SPI. Concrètement, MetEx va apporter 17,2 M€ en cash ainsi qu'une licence exclusive et Bpifrance versera 19 M€. Le solde de l'ordre de 11 M€ correspond au financement à la charge des parties prenantes publiques et privées (dont Total) pour l'aménagement du site et la mise à disposition d'utilités et de services comme l'électricité, l'eau, le gaz, le traitement des effluents... Suivra une deuxième unité de 18 000 t/an (15 000 t/an de PDO et 3 000 t/an d'AB) qui portera la capacité de l'usine à 24 000 t/an. Côté emploi, MetEx prévoit la création d'une cinquantaine de postes en phase 1 puis d'une centaine en phase 2.

L'unité de production utilisera un procédé de production par voie biotechnologique mis au point depuis de longues années, utilisant la bactérie Clostridium, à la suite d'une acquisition de licence auprès de l'Inra. Tous les travaux sont protégés par quelque 300 brevets, répartis en 50 familles. Déjà en 2010, MetEx avait eu le projet d'industrialiser en Malaisie, sur le parc biotechnologique Bio-XCell. Mais le projet avait tourné court. Le procédé était ensuite reparti en R&D pour remplacer la matière première de glycérine purifiée par une glycérine brute meilleur marché.

Des enjeux de commercialisation

Aujourd'hui, tout est fin prêt pour une ultime mise à l'échelle qui sera conduite par une ingénierie qui doit encore être sélectionnée sur appel d'offres. Une phase toujours critique, même si Benjamin Gonzalez estime que le plus important, aujourd'hui, est « d'être au rendez-vous pour réussir la vente de ces nouveaux produits ». Et pour cela, il estime être dans « le bon timing ». Il observe que, depuis 18 à 24 mois, « nous sommes entrés dans une phase où le consommateur commence à imposer aux marques leur désir de naturalité, ce qui se répercute sur les grands chimistes ». Auparavant « on espérait ce changement, mais on ne le voyait pas venir », ajoute le dirigeant. C'est ainsi qu'il compte positionner en priorité son PDO biosourcé comme une alternative non OGM (car produit sur colza ou soja français) au PDO américain Zemea de DuPont Tate&Lyle (sur base maïs OGM américain) pour le secteur de la cosmétique où il peut être utilisé notamment comme conservateur en substitut du parabène. Sur ce marché, attendu à 60 ME (12,6 kt) en 2020, le PDO est vendu entre 4 000 à 6 000 euros la tonne, selon les segments de marché. En deuxième ligne, ce PDO sera adressé au marché du textile pour la production de la fibre polyester PTT dont le marché est attendu à 220 ME (100 000 t) en 2020.

Quant à l'AB, coproduit de la production de propanediol, sa valorisation est un élément clé de la rentabilité du procédé. Des débouchés sont entrevus sur le marché à plus forte valeur ajoutée des arômes et fragrances où il peut être vendu jusqu'à 12 000 €/t. Mais le gros des débouchés est celui de l'alternative à l'utilisation d'antibiotiques en alimentation animale. Un marché évalué à 200 M€ (68 000 t) en 2021 à « taille humaine » pour Metabolic Explorer, à côté de celui de la méthionine biosourcée qui avait été cédé à Evonik en 2016 pour 45 ME. Cette vente de « bijoux de famille » aura eu le mérite de remettre à flot MetEx et de permettre le financement en cash de ce projet PDO/AB sans avoir à faire appel au marché.

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