Nous suivre Info chimie

Middelburg, haut lieu de la production de résines hydrogénées

Sujets relatifs :

, ,

Au sud-ouest des Pays-Bas, le site de Middelburg va, en fin d'année, accroître de 25 % sa production de résines d'hydrocarbures hydrogénées. Un investissement qui place le pays au centre de la stratégie du groupe Eastman en Europe.

EASTMAN AUX PAYS-BAS

C'est en 2001, à la suite du rachat des résines d'hydrocarbures d'Hercules que l'américain Eastman a acquis son usine de Middelburg. Installé au coeur des Pays-Bas depuis 1967, dans la paisible ville de Middelburg, le site échappé aux vastes restructurations engagées en Europe et qui ont conduit à la fermeture de cinq usines et à la vente de sept autres sur la période 2003-2004. Si Middelburg figure aujourd'hui parmi les cinq sites conservés par Eastman en Europe, c'est parce que ses activités s'inscrivent parfaitement dans les « corebusiness » du groupe. En effet, l'usine est spécialisée dans la production de résines hydrogénées qui entrent dans la composition de nombreux adhésifs. D'ailleurs avec une gamme de quelque 70 produits, elle serait la deuxième plus grande unité au monde de la spécialité, derrière une usine du groupe ExxonMobil. Cette position sera prochainement consolidée par un investissement de 9 millions d'euros qui vise à augmenter les capacités de production de résines hydrogénées synthétiques de 25 % au dernier trimestre 2006. Une usine modèle Aussi, rien d'étonnant à ce que cette usine de 25 ha, qui emploie 247 salariés, occupe une place de choix dans le groupe Eastman, devant ses deux unités soeurs implantées aux Etats-Unis et en Chine. À noter que fin 2005, l'usine chinoise, détenue en joint-venture avec Yangzi Petrochemical Industrial Corporation (YPIC), avait aussi fait l'objet d'un investissement pour accroître sa production de résines synthétiques et répondre à une demande mondiale en forte croissance.

Côté organisation, le site de Middelburg, récemment placé sous la direction d'Eric Kniedler, se divise en deux zones correspondant à deux types d'opérations chimiques différents. Une première zone est consacrée à la polymérisation d'hydrocarbures C5 à C9, avec deux unités de production distinctes qui conduisent différents grades de résines. La seconde zone est dédiée à des opérations d'hydrogénation. Une première unité traite des résines issues des unités de polymérisation pour produire des résines hydrogénées synthétiques. C'est la gamme Regalite qui fait d'ailleurs l'objet de l'investissement.

Lancées en 1985, ces résines entrent dans la composition d'adhésifs thermofusibles, de compounds de polymères ou sont utilisées comme modifiants pour plastiques. La seconde unité traite des gommes naturelles en provenance directe de Chine, conduisant à la production de résines hydrogénées d'origine naturelles. C'est la gamme Staybelite. Projet d'investissement dans l'hydrogène Avec plusieurs années d'avance sur ses confrères, Eastman a toujours cherché à limiter sa dépendance vis-à-vis de matières premières issues du pétrole. Outre les résines Staybelite, le groupe a par exemple développé des pans d'activités, comme la production d'acétyls, à partir de CO, CO2 et H2 issus de la gazéification du charbon. Qui dit hydrogénation dit aussi production d'hydrogène. L'usine possède sa propre unité de gaz de synthèse fonctionnant au méthane. Mais sa capacité est déjà trop faible pour les besoins actuels de l'usine et la mise en route de nouvelles capacités de résines hydrogénées ne pourra qu'aggraver le problème. Aussi, Eastman réfléchit à un nouvel investissement dans ce domaine de l'hydrogène. Mais le groupe n'a pas encore fait son choix entre les deux options qui se présentent : une exploitation directe de l'unité comme par le passé ou une externalisation auprès d'un spécialiste du gaz industriel. La décision ne sera prise que l'année prochaine.

Parmi les autres unités opérées à Middelburg, on peut citer une unité d'hydrogénation de rosine pour la production de résines pour chewing-gum. Une unité de production d'émulsions qui permet de préparer des suspensions aqueuses de résines hydrogénées (< 25 microns). Les résines d'Eastman quittent en effet l'usine sous trois formes différentes. Elles peuvent être livrées sous forme de granulés conditionnés en sacs ou big bags ou transportées dans des containers chauffés pour une présentation sous forme liquide. « Il y a de plus en plus de demandes pour ce type de conditionnement », souligne un ingénieur du site. « Ce type de conditionnement évite les successions de chauffages et de refroidissements avec pertes de calories. Et le déchargement de produits sous forme liquide demande moins de manutention que celui de produits solides », ajoute-t-il. De leur côté, les émulsions aqueuses sont destinées à répondre à la forte demande d'adhésifs en solution aqueuse.

Deux laboratoires complètent enfin les activités de ce site de Middelburg. Le laboratoire de développement vise à mettre au point de nouveaux grades de résines selon les demandes des clients. Il emploie 28 personnes et travaille en lien direct avec le centre de recherche de Kingsport aux Etats- Unis. Le laboratoire d'analyse emploie pour sa part une quinzaine de personnes dans le contrôle des matières premières, des encours de production et des produits finis.

LES PAYS-BAS, UN PAYS OÙ IL FAIT BON INVESTIR

Eastman vient de sortir d'un vaste plan de restructuration qui a conduit à la réduction de la moitié de ses effectifs en Europe pour atteindre 1 200 personnes. Deuxième marché d'Eastman derrière les Etats-Unis, cette zone reste néanmoins stratégique pour groupe. Elle représente un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros, soit 20 % des ventes totales du groupe. La croissance des activités est en général de un deux points au-dessus du PIB. À l'exception des pays de la nouvelle Europe comme la Pologne et la Turquie qui approchent les 20 % croissance. Parmi tous les pays européens, les Pays-Bas sont particulièrement appréciés par la direction pour leur pragmatisme, même le coût de la main-d'oeuvre y est élevé. Là-bas pas de surprise. « Les lois sont précises et leur mise en application parfaitement contrôlée », explique Godefroy Motte, en charge de la zone EMEA (Europe/Moyen-Orient/Afrique). Les relations avec les syndicats sont courtoises, tandis que les industriels entretiennent de bonnes relations avec leurs riverains. « J'ai travaillé en France, en Espagne, aux Etats-Unis et aux Pays-Bas. Les Néerlandais sont des gens très pragmatiques. Le système des Polders, basé sur le consensus, est le plus efficace que je connaisse. C'est pour cela que notre dernière usine de PTA et PET a été construite à Rotterdam et non à Port-Jérôme ou ailleurs », ajoute Godefroy Motte. Après l'augmentation de la capacité de production de résines Regalite sur le site de Middelburg, les prochains investissements en Europe devraient porter sur une unité d'hydrogénation sur ce même site et sur une augmentation de capacité dans les câbles acétate à l'horizon 2008.

EASTMAN EN BREF

Groupe américain fondé en 1920

Siège basé à Kingsport dans le Tennessee

Chiffre d'affaires 7 milliards de dollars en 2005

12 000 employés

Les grands produits

- acétate de cellulose pour textiles et filtres a cigarette,

- acétyls pour intermédiaires industriels,

- additifs et solvants pour peintures, encres et revêtements,

- polyesters et copolyesters pour l'emballage,

- résines d'hydrocarbures pour adhésifs.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Adhésifs industriels : Bostik démarre une usine au Japon

Adhésifs industriels : Bostik démarre une usine au Japon

Bostik, le segment Adhésifs d’Arkema, poursuit le développement de sa branche adhésifs industriels et annonce le démarrage d’une nouvelle usine à Nara au Japon, au sein de la joint-venture[…]

17/09/2020 | SpécialitésAdhésifs
Matériaux silicones : Wacker inaugure un centre de compétences à Shanghai

Matériaux silicones : Wacker inaugure un centre de compétences à Shanghai

Polypropylène : Sumitomo Chemical construit une nouvelle usine de compounds

Polypropylène : Sumitomo Chemical construit une nouvelle usine de compounds

Hemlock s’empare des trichlorosilanes de DuPont pour 725 M$

Hemlock s’empare des trichlorosilanes de DuPont pour 725 M$

Plus d'articles