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Mobilisation décevante pour le débat public

S.L.

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Lancé à la suite du Grenelle de l'environnement, à la demande de sept ministères, le débat public sur les nanotechnologies, qui s'est déroulé du 15 octobre au 23 février, a trouvé son épilogue le 13 avril sous la forme d'un compte rendu remis au gouvernement. Premier constat de Jean Bergougnoux qui a présidé la commission organisatrice, ce débat n'a pas eu le succès escompté. Déjà, alors qu'il avait été décidé de le décentraliser dans 17 villes de France, certaines réunions ont été perturbées tandis que d'autres ont dû être annulées et remplacées par des débats Internet. Et ce, à la suite de l'opposition radicale de certains mouvements qualifiés d'"obscurantistes". Résultat, à la clôture, on comptait 3 216 participants et 169 717 visites sur le site Internet. Bien loin des attentes de 10 000 participants et 300 000 connexions In ternet. Néanmoins, « le débat a eu lieu malgré les difficultés et les critiques », remarque Philippe Deslandes, président de la Commission nationale du débat public (CNDP). Et il a mis en lumière un consensus, en particulier la nécessité de recenser ces substances et de fournir une information large, précise et continue. Les participants ont déploré que seuls 3 % des budgets publics sur les nanotechnologies soient consacrés aux études sur les risques, l'essentiel allant au développement de produits. Plus d'un millier de produits commerciaux (crèmes solaires, pneus, textiles... ) contiendraient ac tuellement des nano. Une forte attente est qu'un effort important en matière de recherche sur la métrologie, la toxicité et l'écotoxicité soit entrepris. Au-delà des risques sanitaires et environnementaux, les participants ont exprimé des craintes face à la miniaturisation de certaines technologies, comme les puces RFID. Elles pourraient porter atteinte aux libertés individuelles en organisant une "hypertraçabilité" des individus et des objets. D'où le souhait d'une gouvernance - dans l'idéal mondiale, à défaut européenne -, pour permettre le progrès technologique, mais en créant des règles de sécurité et de respect de l'éthique. Les pouvoirs publics ont désormais trois mois pour indiquer les suites qu'ils comptent donner à ce bilan.

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