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Mouvements en vue dans la chimie mondiale

Sylvie Latieule, rédactrice en chef

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On les appelle des « investisseurs activistes ». Ils prennent des participations dans de grands groupes chimiques (en général moins de 10 %), puis tentent de faire pression sur le conseil d'administration ou management pour réorienter la stratégie à leur façon. Le phénomène est en train de se répandre aux États-Unis où trois majors sont menacés d'éclatement : Dow Chemical, DuPont et Ashland.

Chez DuPont par exemple, Nelson Pelz, qui détient 2,68 % du groupe via son fonds d'investissement Trian, milite pour la séparation du groupe en deux entités indépendantes. Mais Ellen Kullman, la patronne du groupe, fait de la résistance. « Trian a lancé une guerre des résolutions basée sur une représentation tendancieuse des choses, des données erronées et des analyses viciées afin de détourner l'attention de la solide performance financière de DuPont », a-t-elle récemment dénoncé. Si le bras de fer se poursuit chez DuPont, il s'est un peu calmé chez Dow Chemical qui est parvenu à signer un accord en novembre avec son actionnaire activiste, Daniel Loeb, du fonds Third Point Partners. Auparavant, Dow Chemical avait dû faire face pendant plusieurs mois à de sévères critiques. L'actionnaire remettait en cause son modèle de chimiste intégré et réclamait l'abandon des activités dans la chimie de base au profit de la chimie de spécialité. Rien ne dit que la polémique ne refera pas surface.

Dans la 4e édition de sa « Chemicals Executive M&A Review », le cabinet de conseil en stratégie A.T. Kearney livre une bonne analyse du rôle croissant de ces investisseurs activistes. « Cette tendance est particulièrement visible en Amérique du Nord, mais du fait du développement de la taille des fonds et de la rareté des actifs sous-performants dans cette région, on peut aussi s'attendre à un accroissement de l'activisme actionnarial en Europe et en Asie », prédit le cabinet.

L'an passé, le montant total des opérations de fusions et acquisitions dans le monde a été chiffré à 82 milliards de dollars, sans qu'il y ait eu de megadeal de plus de 5 milliards de dollars. Pour 2015, le cabinet annonce une augmentation des transactions, sous la poussée de ces investisseurs activistes qui pourraient jouer de leur influence dans plus de la moitié des cas.

En attendant, l'année démarre avec une importante opération à 6,9 Mrds $ correspondant à l'acquisition de Rockwood par Albemarle. Mais ce sont surtout des transactions de plus petite taille qui devraient s'enchaîner. Les entreprises cherchent à nettoyer leurs portefeuilles pour se débarrasser d'actifs non-stratégiques ou à se renforcer ici ou là. Par exemple, l'an dernier, BASF s'est séparé de ses produits chimiques pour le textile et AkzoNobel de ses produits pour le papier. Arkema est monté en puissance dans les adhésifs grâce à Bostik.

Cette volonté d'optimiser les portefeuilles vaut également pour les acteurs du Oil&Gas qui désinvestissent des petits pans de chimie. « La faiblesse du prix du baril les incite à vendre certains actifs afin de maintenir leur cash-flow et poursuivre les investissements nécessaires au renouvellement de leurs réserves », analyse le cabinet. À titre d'exemple, Chevron a cédé son activité de sulfure de polyphénylène (PPS) à Solvay, et Total s'est séparé de Bostik. Des bruits circulent désormais autour de sa filiale Hutchinson.

Mais dans ce domaine du Oil&Gas, on n'est pas à l'abri d'une gigantesque fusion, si d'aventure les pétroliers chinois Sinopec et PetroChina décidaient de se marier. Ils égaleraient en taille ExxonMobil, premier pétrolier mondial. Leurs actifs chimiques pourraient même détrôner BASF. La Chine dément encore.

 

A.T. Kearney annonce une augmentation des transactions en 2015, sous la poussée d'investisseurs activistes.

 

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