Nous suivre Info chimie

Nanomatériaux : Les adhésifs de Polyrise décollent

Sujets relatifs :

Passer de l'industrie dentaire à celle de la microélectronique? Si cela peut sembler incongru pour certains, pour Vincent Gaud, p-dg de Polyrise, cela s'explique. Après des recherches sur des adhésifs photoréversibles pour le marché dentaire, il vient de créer, avec Fabien Rougé, la société Polyrise, tournée vers les marchés de la microélectronique, de l'optique et des revêtements.
Le jeune p-dg explique ce changement d'orientation, par « le financement d'une étude de marché avec le prix Anvar en 2005 ». Ingénieur ENSCPB (École nationale supérieure de chimie et physique de Bordeaux), Vincent Gaud se lance dans une thèse au sein du groupe Actéon (spécialistes des équipements dentaires), pour mettre au point un adhésif photoréversible. C'est là qu'il rencontre Fabien Rougé, technicien supérieur matériaux polymères chez Actéon. En 2004, leurs contrats arrivent à leur terme. Les deux associés se lancent dans un projet de création d'entreprise, avec le soutien de l'université Bordeaux 1, du CNRS et de l'ENSCPB. Objectif: développer un procédé innovant de fabrication de nanomatériaux polymériques. Incubée au technopôle Bordeaux Unitec, la société bénéficie de nombreux soutiens et remporte de nombreux prix. Le 19 octobre 2006, les deux associés officialisent la création de Polyrise, avec comme mission de produire des matériaux polymères mais aussi des pré-composites et des systèmes hybrides. Des nanomatériaux polymériques « Nous développons des polymères à l'échelle nanométrique de type dendrimère, à la structure de type “cœur-écorce”. Le cœur de ces matériaux est un produit assez générique de nature inorganique ou organique sur lequel nous créons une écorce polymère très ramifiée dont nous contrôlons finement la structure. De plus, la technologie présente l'avantage de synthétiser un polymère fonctionnel sans isoler de produits intermédiaires. Ceci dans des conditions de réactions assez douces », indique le dirigeant. Grande originalité du procédé: jongler avec des molécules organiques et inorganiques et conférer aux polymères des propriétés parfois antagonistes. Le premier produit en développement est le Silrise, une nanoparticule de silice avec une écorce à base de polymère. « Nous sommes en phase de pré-industrialisation pour ce produit. Nous envisageons de fabriquer entre 300 et 500 kg au début de sa commercialisation, à partir de la fin de l'année 2007. Nous visons, d'ici à 4 ans, une capacité de 4 à 5 tonnes par an. Les propriétés du Silrise permettront d'élargir son utilisation au marché des peintures anti-rayure, entre autres », confie Vincent Gaud. D'ici à un an, la société confiera à un sous-traitant sa production. Elle terminera, par ailleurs, le développement d'un autre produit, le Hybrise, totalement organique, et avec des propriétés époxy. En attendant les phases d'industrialisation de ces produits, la société propose des services d'ingénierie “classiques”. « Pour cette activité, nous interagissons avec des profils d'entreprises très variés dès l'instant qu'ils sont utilisateurs de polymères techniques. Nous travaillons par exemple avec un industriel spécialisé en packaging microélectronique. Nous proposons également des co-développements aux entreprises, souvent des formulateurs. Nous envisageons ensuite de gérer la propriété industrielle au cas par cas », précise-t-il. Aujourd'hui, la société compte 4 clients, dont Thalès, et répartit ses efforts tant pour ses contrats que pour son propre développement. Des perspectives de développement Le vent en poupe, les deux dirigeants envisagent le recrutement anticipé de deux personnes. « Nous avions prévu la création d'un poste commercial en fin d'année 2007. Nous commençons à réfléchir aussi à un profil de technicien en chimie, pour répondre aux demandes », révèle Vincent Gaud. Hébergée par les laboratoires LCOO (Laboratoire de chimie organique et organométallique) et LCPO (laboratoire de Chimie des polymères organiques) de l'université Bordeaux 1 et de l'ENSCPB, Polyrise emménage en janvier dans son propre laboratoire loué à l'école qui leur met à disposition la plateforme Chem'Innov. « Cette nouvelle installation est très importante. Mais nous bénéficierons toujours des soutiens des laboratoires d'Yves Gnanou et de Jean-Pierre Desvergne. Nous allons par ailleurs continuer à leur louer le matériel de laboratoire. Nous investirons 30000€ au premier trimestre 2007 dans des équipements plus spécifiques à notre activité », confie-t-il Pour le chiffre d'affaires 2007, il table sur des revenus de 70000€ en ingénierie et de 20000€ pour le début de la commercialisation du produit Silrise, prévue en fin d'année.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Metron contribue à « l'intelligence énergétique » des industriels

Metron contribue à « l'intelligence énergétique » des industriels

L'entreprise technologique Metron a développé une solution d'intelligence artificielle au service de la performance énergétique. Elle permet à l'industriel de s'inscrire dans l'usine 4.0[…]

25/02/2019 | Génie des procédésZoom
Les coraux digèrent mal l'octocrylène

Les coraux digèrent mal l'octocrylène

Axelera en route pour la phase IV

Axelera en route pour la phase IV

Les micro-organismes d'Agrauxine améliorent la santé des plantes

Les micro-organismes d'Agrauxine améliorent la santé des plantes

Plus d'articles