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Nitrate d’ammonium : l’engrais multirécidiviste

Sylvie Latieule
Nitrate d’ammonium : l’engrais multirécidiviste

Port de Beyrouth avant et après l'explosion.

© images chaînes DW

Chute de météorite, essais nucléaires, crash d'avion ou d'hélicoptère, missile, attentat… Les rumeurs les plus folles avaient couru pour expliquer la catastrophe d’AZF, le 21 septembre 2001, et l’explosion de son stock de nitrate d’ammonium (ou ammonitrate). À cette date, le monde entier était encore sous le choc de l’attentat du 11 septembre, survenu dix jours plus tôt à New York et orchestré par le terroriste Ben Laden. La justice s’était finalement montrée plus pragmatique en concluant sur des négligences au sein du site toulousain, invoquant notamment un mélange avec un produit chloré incompatible qui aurait provoqué l’explosion.

À Beyrouth, on a à peine été surpris par la catastrophe du 4 août dernier en apprenant que 2 750 tonnes de ce produit étaient stockées depuis six ans dans un entrepôt du port, tant l’accidentologie du nitrate d’ammonium est importante. D’ailleurs, ce sont plus les conséquences de l’explosion, que les causes, qui ont suscité commentaires et émotion. Car le bilan est lourd : 171 morts et des milliers de blessés et de sans-abri. Au vu des vidéos filmées par des amateurs, c’est un feu d’origine inconnue qui aurait entraîné l’explosion du stock d’ammonitrate, tandis que l’onde de choc, qui s’est propagée à vitesse supersonique, a littéralement soufflé les bâtiments de proximité tout en causant d’importants dégâts à des kilomètres à la ronde. Le problème est que l’ammonitrate est un produit très apprécié des agriculteurs. Il est un engrais nourricier pour les plantes, car il leur offre un apport d’azote directement assimilable. Le produit est aussi utilisé comme explosif, dans des grades différents, et en association avec un comburant. Il avait notamment été utilisé dans un premier attentat contre le World Trade Center de 1993, à New York.

Une accidentologie très conséquente

Ainsi, Beyrouth vient s’ajouter à une longue liste d’accidents liés à ce produit qui doit être absolument manipulé et stocké avec la plus grande attention. Parmi les catastrophes les plus souvent rappelées*, il y a la première, en 1904, à Tessenderlo, en Belgique, où 150 tonnes de nitrate d'ammonium contenues dans un silo avaient explosé, faisant plusieurs centaines de morts et des dégâts importants. À l’origine de l’explosion, un tir à l'explosif pratiqué dans la masse de nitrate enrochée. En effet, il était pratique courante dans cette usine de désagréger à l'explosif du chlorure de potassium brut et le jour de l'accident, un ouvrier a cru pouvoir faire de même avec le nitrate d'ammonium.

À Oppau en Allemagne, en 1921, au sein d’un site chimique où l’on produisait ce composé, une explosion a détruit un bâtiment abritant 4 500 t de sulfonitrate d'ammonium 50-50, formant un cratère de 90 m de large, 125 m de long et 20[…]

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