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« Nous visons un développement ambitieux mais aussi ciblé et raisonné »

Propos recueillis par Julien Cottineau

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« Nous visons un développement ambitieux  mais aussi ciblé et raisonné »

Pierre Luzeau, président de Novacap

Avec trois investissements engagés en vue de nouvelles unités de production pour chacune de ses trois filiales, le groupe français Novacap poursuit ses ambitions malgré la conjoncture. Pierre Luzeau, le président, détaille cette stratégie ancrée sur la complémentarité et la proximité.

Quelles sont les composantes et particularités du groupe Novacap ?

Novacap a été créé fin 2002 à la suite de la cession de certains actifs de chimie intermédiaire par Rhodia. Le groupe est détenu par Bain Capital, Rhodia conservant une part minoritaire. Nous nous voulons représentatif, en France, des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Novacap est constitué de trois sociétés. Sur la plateforme chimique de Roussillon (Isère), Novapex fabrique du cumène, du phénol, de l'acétone, de l'alcool isopropylique (IPA) et des produits de niches. Novacarb produit du carbonate et du bicarbonate de sodium, du sulfate de sodium et du carbonate de calcium. Cette société est basée à La Madeleine (Meurthe-et-Moselle) et détient une carrière de calcaire à Pagny-sur-Meuse (Meuse). Enfin, Novacid se concentre sur la distribution d'acides en particulier de l'acide chlorhydrique à partir de son site de Pont-de-Claix (Isère). Novacid est aussi un acteur clé en chlorure de calcium et en acide nitrique.

 

Quels sont vos marchés géographiques ?

Novacap est un acteur européen de premier plan sur ses marchés avec des positions concurrentielles fortes sur sa zone de chalandise. Nos ventes se font à 40 % en France et 60 % en Europe. Nous développons aussi des ventes à la grande exportation. L'ensemble de nos productions se situent sur le territoire français. Nous sommes un vrai acteur local. La clé du succès c'est la réactivité, la flexibilité, la fiabilité de nos livraisons et la consistance de la qualité de nos produits.

 

Quelles synergies entre les trois filiales ?

Nous servons des secteurs applicatifs communs. C'est le cas pour les secteurs de la pharmacie (bicarbonate de soude, acétone ou IPA) ou de l'environnement avec des produits pour le traitement des fumées et le traitement de l'eau. Nous sommes aussi présents sur les marchés du verre, des médias optiques, de la détergence, de l'alimentation humaine et animale, de la construction ou encore de l'automobile.

 

Ce positionnement local avec des produits complémentaires a-t-il été un handicap ou une force avec la crise ?

Novacap a fait preuve d'une très grande résistance. Le résultat 2009 s'est situé au-dessus de sa moyenne historique, et notre résultat opérationnel aura été supérieur à celui de 2008. Nos clients ont tout d'abord mieux résisté à la crise que leurs concurrents. Ensuite, les secteurs que nous servons ont globalement montré une relative résilience. La grande qualité de nos relations clients et notre statut de fournisseur fiable ont certainement joué. Finalement, deux de nos activités montrent une certaine contre-cyclicité entre elles. Novapex a été affecté dès le début de la crise là où Novacarb a particulièrement bien résisté. Aujourd'hui, nous sommes sortis du creux d'une crise économique extrêmement sévère. Notre activité commerciale en 2010 est globalement satisfaisante malgré un niveau d'activité encore inférieur aux pics que l'industrie a pu connaître.

 

Vous n'avez d'ailleurs pas cessé d'investir...

Chacune des sociétés a souhaité maintenir son programme de développement et ses décisions d'investissements, même à contre-cycle. Ainsi, trois nouvelles unités de production voient le jour sur 2010 et début 2011. La caractéristique commune à tous ces projets est la fabrication et la commercialisation de produits à haute valeur ajoutée servant des secteurs applicatifs attractifs. A La Madeleine, Novacarb double sa capacité de bicarbonate de sodium pour répondre à la croissance des marchés comme l'agroalimentaire, la nutrition animale ou la purification des fumées d'incinérateur (CPH n°496). Pour Novacid, en partenariat avec Feralco, une nouvelle unité de chlorure ferrique verra le jour début 2011 à Pont-de-Claix, pour répondre à la demande croissante de coagulants minéraux performants (CPH n°497). Et Novapex a démarré depuis janvier une nouvelle unité d'IPA à Roussillon (CPH n°500).

 

Quelle est votre stratégie de croissance ?

D'abord, nous complétons nos gammes de produits et élargissons notre offre locale. Ensuite, nous cherchons à développer le groupe autour d'un business model de chimie de base éprouvé. La chimie européenne, en pleine restructuration, peut apporter des opportunités. Nous visons un développement ambitieux mais aussi ciblé et raisonné.

 

Songez-vous à des acquisitions ?

Par principe, nous sommes à l'écoute des opportunités. L'économie est convalescente mais le robinet du financement s'ouvre progressivement. Les dossiers de cession ou d'acquisition pourraient se multiplier dans les mois à venir.

 

Le refinancement début juin de Novacap à hauteur de 130 M€ pourrait-il contribuer à votre croissance externe ?

Les lignes de refinancement, qui incluent deux tranches A et B ainsi qu'un crédit revolving et une ligne d'investissement, permettront effectivement à Novacap de poursuivre sa stratégie de diversification et de croissance tout en garantissant la stabilité de sa structure de capital.

 

Novacap pourrait-il s'implanter industriellement hors de France ?

Idéalement, notre souhait est de poursuivre notre développement à partir d'unités à base industrielle française ou européenne car c'est là où se trouvent nos compétences. Nous avons la conviction que nos produits de chimie de base sont nécessaires au maintien de la compétitivité et au développement des industries européennes que nous servons.

 

Craignez-vous la concurrence asiatique ?

Les productions de chimie de base ont un avenir en Europe. L'implantation en Chine a probablement atteint son maximum pour certaines filières. Les coûts de production augmentent, le pays s'enrichit, les salaires grimpent. Il y a aussi une prise de conscience de la part d'un certain nombre d'entreprises européennes sur le risque d'un approvisionnement venant de sources lointaines car il faut sécuriser l'approvisionnement, la qualité et la fiabilité des produits. Si l'essentiel de l'offre est en Asie, il n'y aura plus d'alternatives aux achats asiatiques et donc les prix augmenteront. D'autre part, Novacap démontre une belle compétitivité par rapport à la concurrence internationale car nos usines sont de taille suffisante et nos matières premières compétitives. Sur nos productions, la concurrence asiatique n'est pas directement une menace.

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