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« Omnova est passée d'une société nord-américaine à une société internationale. »

Propos recueillis par Julien Cottineau

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Les chiffres-clés d'Omnova

(En 2010, chiffres pro forma estimés incluant Eliokem)

C.A. : 1,13 Mrd $

Résultat net : 102,9 M$

Employés : environ 3 100

« Omnova est passée d'une société nord-américaine à une société internationale. »

Olivier Faussadier - directeur général d'Omnova Solutions pour la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique et Inde.

Fondé en décembre 2001 suite à la cession de la partie Spécialités de la division chimique de Goodyear Tire et Rubber Company, Eliokem a été cédé pour 227,5 M€ en décembre 2010 à l'Américain Omnova. Six mois après l'opération, Olivier Faussadier, ancien directeur du développement stratégique d'Eliokem devenu directeur général d'Omnova Solutions pour la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique et Inde, fait le point sur la transformation du groupe.

Six mois après la reprise, où en est le processus d'intégration ?

A ce jour, nous avons identifié l'ensemble des synergies y compris commerciales et industrielles. Un exemple est l'extension de la production des résines de peinture en phase aqueuse, Pliotec, jusque-là fabriquées à l'usine d'Akron (Eliokem), à trois entités d'Omnova aux États-Unis. Ces capacités industrielles démultipliées nous permettent d'envisager une croissance plus importante sur le continent nord-américain. Par ailleurs, nous poursuivons les processus d'intégration des systèmes ERP (SAP), de la supply chain, et le déploiement des méthodologies Lean Six Sigma. Ceci nécessitera encore 12 à 18 mois pour mettre en place ces projets structuraux.

 

Avez-vous engagé des restructurations?

Entre 2001 et 2010, Eliokem a connu deux plans de restructuration, en 2003 puis en 2009 au moment de la crise économique. S'agissant de l'acquisition, eu égard à la complémentarité des business, Omnova étant faiblement implanté en dehors des États-Unis avec moins de dix employés en Europe, il n'y a pas eu de plan de réduction des effectifs en Europe, en Asie, en Inde ou en Afrique. Aux États-Unis, le personnel des fonctions supports était déjà optimisé. Par ailleurs, les technologies spécifiques à notre usine d'Akron au niveau des process de finition avec production de poudres sèches par rapport à une production de latex uniquement étaient tout à fait complémentaires. Nous avons néanmoins identifiées quelques rares doublons et des propositions de reclassement aux personnes concernées aux États-Unis ont été faites et quelques départs ont été constatés.

 

Quel est le nouvel Omnova aujourd'hui ?

La valeur ajoutée de ce rachat est qu'Eliokem est une société de chimie complémentaire en termes de cultures de société, de business, de portefeuille produits, d'implantations géographiques et de technologies. Ce qui me permet d'affirmer que la nouvelle entité est source de diversification, de rayonnement, de compétitivité et de visibilité à long terme. Omnova est passée d'une société nord-américaine à une société internationale. Aujourd'hui, nous formons un groupe plus diversifié, plus global et plus étendu avec des ventes supérieures à 1,2 Mrd $ et un Ebitda d'environ 121 M$ sur les 12 derniers mois à février 2011. L'envergure de la société et son infrastructure nous permet de bénéficier d'un effet de taille, notamment pour les fonctions supports.

 

Vous êtes encore très fortement positionné sur le marché américain. Quels sont vos objectifs à court et long terme ?

En effet, il s'agit de la répartition pro forma consolidée à fin février 2011. Cependant, si l'on prend séparément les deux entités, Omnova était présent à 75 % aux États-Unis, 16 % en Asie et seulement 9 % en Europe. Avec l'intégration d'Eliokem, la présence d'Omnova aux États-Unis passe de 75 % à 60 %, contre 23 % en Asie et 17 % en Europe. Cette répartition devrait s'équilibrer davantage à l'avenir. Grâce à l'acquisition d'Eliokem, Omnova va pouvoir supporter la croissance et être présent dans des régions en fort développement, notamment en Asie du Sud-Est, Inde et Chine par exemple où nous sommes fortement implantés avec des sites de production (nitrile, antioxydants) et une usine de VP latex en Chine (Caojing) inaugurée en mars 2011.

 

L'Europe reste-t-elle un marché attractif ?

Oui. Même si les résines pour peintures solvantées connaissent une stabilisation de la demande, leur spécificité et leur positionnement sur des marchés de niches nous permettent d'affirmer qu'elles ont encore de belles années devant elles. Nous avons également développé en partenariat avec nos clients des résines fonctionnelles (bloqueurs de taches, anti-corrosion, intumescents) pour peintures en phase aqueuse (Hydro Pliolite et Pliotec) ainsi que de nouveaux élastomères pour le bâtiment, ce qui nous ouvrent de nouveaux marchés aussi bien en Europe qu'en Asie. Cette nouvelle ligne de produit en phase aqueuse connaît une croissance à deux chiffres. L'innovation et le développement de produits restent clés pour assurer la pérennité de notre croissance.

 

Quelles sont les forces d'Omnova?

Notre force vient essentiellement de notre capacité à développer un fort partenariat avec nos clients. Au-delà des produits de haute qualité que nous offrons, notre valeur ajoutée réside dans la personnalisation du service client, la réactivité à la demande et l'accompagnement que nous proposons à nos clients pour développer de nouveaux concepts et applications. Ce travail de partenariat est le moteur de l'entreprise. Nous fournissons des solutions à des problématiques, mais également un service complet, du concept initial du produit jusqu'à son lancement final, et même au-delà.

 

Avec la reprise des marchés, il y a de nombreux mouvements de consolidation dans l'industrie chimique. Avez-vous des ambitions de croissance externe ?

Nous continuons d'étudier des projets de croissance externe notamment dans le domaine des spécialités, comme les résines de spécialités.

 

Ciblez-vous des zones géographiques particulières ?

Comme nous voulons aller plus loin dans le domaine des spécialités, nous ciblons plus les zones matures. Nous cherchons donc à nous renforcer en Europe, où nous sommes moins présent, notamment en Europe de l'Est où nous disposons quand même d'une présence commerciale en Russie.

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