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Orège offre une alternative aux traitements conventionnels

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Orège offre une alternative aux traitements conventionnels

La plateforme Sofhys a été conçue pour traiter des polluants organiques complexes.

© © Orège

La société jovacienne propose deux technologies innovantes pour le traitement des effluents industriels complexes et des boues organiques et minérales. A l'aide de ces plateformes innovantes, il ambitionne à devenir un acteur de référence du secteur.

Une société qui tombe à pic. Tel est le surnom que l'on pourrait donner à Orège, spécialiste des technologies pour le traitement des effluents industriels, en particulier ceux de la chimie. « Orège a été créé en 2005 en compagnie de Michel Lopez et Patrice Capeau, deux associés ayant fait carrière dans le secteur du traitement des effluents », raconte Pascal Gendrot, cofondateur et Président du directoire de la PME. Avant de continuer : « Au départ, nous avons créé la société afin de répondre à ce postulat suivant : les techniques de traitement industriel des effluents en usage à l'époque ne nous semblaient pas adaptées pour pouvoir répondre aux nouvelles exigences réglementaires, économiques, sociétales et environnementales qui se mettaient progressivement en place ». Pour mieux répondre à ces problématiques, les équipes d'Orège (44 collaborateurs) ont effectué un important travail de R&D entre 2006 et 2010. « Pendant cette période entre notre création et le lancement de la phase commerciale en 2010, nous avons développé deux technologies : le Sofhys pour le traitement des effluents industriels complexes, et le SLG pour le traitement des boues organiques et minérales », indique Pascal Gendrot. Ces deux technologies conçues, développées et industrialisées par Orège, sont ou vont être protégées par plusieurs brevets : 8 brevets ont actuellement été déposés, et d'autres sont en cours de préparation. Cette stratégie de protection de la propriété industrielle a un coût : près d'un million d'euros dépensés.

Des technologies adaptées aux différents types d'effluents

 

Pour le traitement des polluants organiques complexes, non biodégradables et/ou toxiques, Orège met à disposition sa plateforme technologie Sofhys, destinée notamment aux industriels de la chimie, de la pétrochimie, ou encore de la chimie fine. « Il s'agit d'une technologie de rupture, capable d'éliminer à l'échelle industrielle des molécules complexes, ou toxiques telles que les BTEX (ndlr : benzène, toluène, éthylbenzène, xylène), les thiols ou encore les acrylates », précise Pascal Gendrot. Le réacteur Sofhys associe successivement plusieurs fonctions technologiques (hydrodynamique, physico-chimique et électrochimique). Dans un premier temps, les effluents à traiter son soumis à différentes turbulences (bullage et effet Venturi), afin que les matières en suspension (MES) flottent ou bien soient décantées. Ensuite, les effluents sont "hyperoxydés" via la production de radicaux hydroxyles au passage des électrodes en diamant dopées au bore. Enfin, la matière craquée subit une phase de séparation empêchant toute recombinaison possible des molécules. Les effluents ainsi traités peuvent être rejetés, soit vers une station d'épuration biologique soit vers une unité de phytoremédiation. « Le Sofhys permet d'effectuer un craquage de quasiment toutes les molécules de façon irréversible, et sous les limites de concentration définies par le règlement Reach pour les substances dites prioritaires », affirme Pascal Gendrot. Avant de continuer : « Par contre, la technologie n'est pas sélective. Il est donc impératif de réaliser préalablement des analyses et des études des polluants présents dans les effluents ». Par exemple, Orège a récemment installé une ligne de traitement chez Chimex, filiale du groupe L'Oréal, à Pau (Pyrénées-Atlantiques), pour prendre en charge les effluents de production des bases actives cosmétiques par famille de produits. « Le Sofhys peut être déployé sur site sous forme d'unité fixe ou mobile. Il peut être disposé aussi bien en amont d'une station d'épuration existante, qu'en aval. Il est adapté pour le traitement secondaire, ou tertiaire des effluents industriels, en particulier ceux provenant de l'industrie chimique », insiste Pascal Gendrot. L'innovation proposée par Orège possède l'avantage de réduire significativement le coût d'élimination des effluents, y compris très fortement chargés (jusqu'à 300 g/l de DCO). « Le traitement Sofhys peut abattre jusqu'à 99 % de la DCO et rendre l'effluent complètement biodégradable. Il permet d'envisager la réutilisation des eaux rejetées et le zéro rejet. De plus, il possède un bilan carbone dix fois plus bas que la technique habituelle d'élimination par incinération », souligne Pascal Gendrot.

Parallèlement à cette technologie, Orège a développé une ligne innovante de traitement des boues, aussi bien industrielles qu'urbaines. La société basée à Jouy-en-Josas (Yvelines) commercialise sa plateforme SLG, permettant à la fois de réduire le volume des boues industrielles et aussi d'hygiéniser les boues communales. « Il s'agit d'un outil de séparation triphasique liquide/solide/gaz. Il est conçu aussi bien pour traiter les boues minérales que les boues organiques. A l'heure actuelle, la plupart de nos clients l'utilisent pour traiter les boues biologiques ou de process », précise Pascal Gendrot. Avant de détailler : « Le SLG permet d'hygiéniser les boues, et de diminuer leur volume, et par conséquent leur coût d'élimination. Il peut constituer également un complément ou un moyen de substitution de techniques classiques de déshydratation ». Le SLG s'appuie sur un procédé de déstructuration des colloïdes (particules en suspension dans un liquide) et permet de libérer l'eau liée. La technologie brevetée se présente sous la forme d'un réacteur, dans lequel deux flux frontaux et un flux de surpression d'air se rencontrent sur une très petite zone de choc. Ainsi, la boue subit une violente déstructuration physique, ce qui permet de séparer la fraction solide de la liquide. « Le SLG permet d'obtenir des boues hygiénisées et désodorisées à haute valeur ajoutée, car elles peuvent être utilisées sous forme de compost ou épandues », soutient Pascal Gendrot. Autres avantages : le déploiement du SLG est flexible (unité fixe ou mobile à l'instar du Sofhys). Cette technologie s'avère également moins consommatrice en énergie.

A l'heure où la pression sociale et réglementaire s'accentue sur les industriels en ce qui concerne le traitement des effluents, Orège tombe à point nommé en proposant ses deux technologies innovantes. « Depuis plusieurs mois, nous faisons face à une forte progression de la demande de la part des industriels », assure Pascal Gendrot. Orège, qui a généré des ventes de l'ordre de 4 millions d'euros en 2012, vise un chiffre d'affaires compris entre 5 et 8 M€ en 2013. Ayant déjà mobilisé près de 20 millions d'euros depuis sa création, il prévoit une autre levée de fonds d'ici la fin de l'année 2013 afin de soutenir sa croissance.

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