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Pardies-Noguères prend un nouveau départ dans les énergies renouvelables

Dans le bassin de Lacq, les plateformes Induslacq et Chem'pôle 64 continuent de consolider leurs nombreuses installations industrielles, en bénéficiant de l'offre mutualisée de leur gestionnaire de plateforme, Sobegi. Après avoir connu des fermetures, celle de Pardies-Noguères est en train de prendre le virage des énergies renouvelables avec des projets plein les cartons.

Haut lieu de l'industrie chimique en région Nouvelle-Aquitaine, le bassin de Lacq a la particularité de regrouper 3 importantes plateformes chimiques à Lacq (Induslacq), Mourenx (Chem'pôle 64) et Pardies-Noguères. Les deux premières, dont l'activité industrielle est la plus importante, bénéficient d'une gestion mutualisée grâce à l'intervention de la société Sobegi qui réalise 100 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 200 personnes. Sobegi exerce deux métiers, celui de fournisseur d'utilités (vapeur, eau, air comprimé, azote, H2S...) et celui de fournisseur de services (sécurité, maintenance, sûreté, bureau d'étude...). Dans les deux cas, ces prestations sont mutualisées pour le compte de la trentaine de clients installés sur ces deux plateformes. En revanche, pour ce qui est du développement du bassin et de l'accompagnement de nouveaux investissements, c'est vers la structure Chemparc qu'il faut se tourner, présidée depuis 2012 par Pierre Nerguararian, ancien patron de Total à Lacq. Créé en 2003, sous un format de GIP (Groupement d'intérêt public), Chemparc remplit trois missions principales, selon Patrice Bernos, son directeur général. Le groupement promeut le territoire en France et à l'étranger et prospecte de nouveaux projets. Puis, il accompagne les porteurs de projets et joue un rôle d'intermédiaire auprès d'acteurs territoriaux susceptibles d'apporter un accompagnement financier comme la Communauté de communes de Lacq-Orthez (CCLO), le département, la région...

Poursuivre la reconversion du bassin de Lacq

L'enjeu sur le bassin de Lacq est de poursuivre sa reconversion depuis l'arrêt de la production de gaz, fin 2013. Jusqu'à présent, les efforts ont porté leurs fruits, puisque l'effectif global est resté quasiment stable par rapport aux périodes de plus forte activité, autour de 7 500 personnes. Parmi les plus récents investissements figure le projet Lacq Cluster Chimie 2030 (LCC30). Inauguré en 2012, il concerne la plateforme Induslacq. Quelque 150 ME ont été injectés pour exploiter le fond du gisement, à faible débit, et valoriser en priorité l'hydrogène sulfuré (H2S), puis le méthane associé. Toujours à Lacq, a été inaugurée, l'année suivante, par le Japonais Toray une unité de production de polyacrylonitrile (PAN), représentant un investissement de 120 ME. Début 2016 a été mise en service la centrale biomasse BioLacq Energies, représentant près de 60 ME d'investissement. Quant à la structure Sobegi, elle promet d'investir 40 ME sur la période 2017-2021. L'objectif est d'améliorer la compétitivité de son offre. Dans cet investissement est prévue la construction de deux unités de cogénération qui convertiront du gaz fatal en vapeur et en électricité.

Du côté de la plateforme Chem'pôle 64, Cerexagri va inaugurer, cette année, un nouveau bâtiment et une nouvelle ligne de production lui permettant d'augmenter la capacité de production de bouillie bordelaise. Montant de l'investissement de 15 ME.

Mais c'est sans doute du côté de la plateforme de Pardies-Noguères que les annonces ont été les plus récentes. Mise en difficulté par l'arrêt de la production d'acide acétique par Celanese, puis d'engrais par Yara, et ne conservant qu'une unité d'Air Liquide, la plateforme est en passe de se reconvertir au secteur des énergies renouvelables. Ceci grâce à un projet de revitalisation qui est en train d'être couronné de succès. Point de départ, « une décision majeure et courageuse de la Communauté de communes de Lacq », explique Patrice Bernos.

Une ferme solaire à venir

En effet, cette dernière s'est portée acquéreur de 160 hectares de terrains industriels auprès de Rio Tinto et de Celanese, en dépit des coûts d'entretien et de maintenance. Grâce à cette opération, quelque 50 ha vont pouvoir être rapidement consacrés à trois projets de centrales solaires représentant 50 MW pour un montant de 50 ME d'investissement. Une première tranche a déjà été validée, en février, par la CRE (Commission régulation énergie). Elle conduira à la construction par SunPower, filiale de Total, d'une ferme solaire de 17 MW qui devrait entrer en production, fin 2019-début 2020. Les deux autres tranches suivront. « Sur ce même site, nous avons un projet important de régénération de déchets solides pour la production de vapeur et d'électricité. Ainsi que des projets autour de la filière bois et de la production de biogaz », ajoute Patrice Bernos, qui espère pouvoir accueillir, à terme, des projets dans le stockage stationnaire de l'électricité.

Enfin, parmi ses attributions, Chemparc gère également la plateforme d'innovation Chem-start'up. En octobre dernier, a été inauguré un nouveau bâtiment pour le compte de la plateforme Canoe, spécialiste des technologies liées aux composites et aux matériaux avancés. Ce bâtiment va abriter un pilote de production de fibres de carbone biosourcées à partir de cellulose. Deux bâtiments supplémentaires devraient voir le jour dans les prochains mois. Ils permettront de rapatrier des activités de Canoe, actuellement installées à Bersol en Gironde. Une opportunité pour ramener de 4 à 3 le nombre d'implantations de Canoe en Nouvelle-Aquitaine, en comptant les sites de Pessac, Lacq et Pau. ?

CHEMSTART'UP HÉBERGE DES ACTIVITÉS DE RECHERCHE PRÉ-INDUSTRIELLES

Inaugurée en 2011, moyennant un investissement de 6,7 ME, la plateforme ChemStart'up est constituée de 8 modules pré-équipés, proposés à la location. Ils sont tous constitués d'un espace laboratoire de 75 m2, d'une halle pouvant accueillir un pilote de taille semi-industrielle, de bureaux, et d'un accès à une zone de stockage. Pensée au départ pour être un hôtel d'entreprises, ChemStart'up est devenue, au fil des années, une plateforme de recherche mutualisée. Sont abrités la société de biocontrôle M2i, le laboratoire commun PIC entre ESPCI, Total, et l'UPMC, dédié à la physicochimie des interfaces complexes, la start'up BGH dans le traitement des effluents liquides, SCE France, filiale d'hydroQuébec dédiée au stockage de l'énergie, et la société Arkema qui opère aussi un centre de recherche, le GRL, tout près de la plateforme. Le contrat locatif de ChemStart'up prévoit d'ailleurs un accès aux équipements analytiques de GRL qui avaient bénéficié, à ce titre, d'un investissement de 800 KE en 2012, de la part de la CCLO.

LES INDUSTRIELS DE CHEM'PÔLE 64, INDUSLACQ ET PARDIES-NOGUÈRES

Air Liquide Arkema Cerexagri (groupe UPL) Chimex (groupe L'Oréal) Messer Novasep Sanofi SBS (groupe DRT) SEBL Sobegal Sobegi Speichim Processing Retia/Soferp Total E&P France Terega (nouvelle dénomination de TIGF) Toray

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