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Pas de péril pour l'emploi dans la chimie ?

Julien Cottineau

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Ni l'Europe, ni la France n'auront souffert de vastes plans sociaux saignant son industrie chimique ces derniers mois.

Le désastre Grangemouth a été évité. Et le dossier Kem One, encore irrésolu, est pour l'heure contenu. Pourtant, le secteur continue d'évoluer dans un contexte conjoncturel défavorable et ne cesse d'attendre cette reprise tant désirée. Les plans de restructuration ne sont donc pas surprenants. Sauf que, s'ils demeurent de petite ou moyenne envergure, ils se multiplient. Rien que ces dernières semaines, sur le front européen, Sasol veut réduire ses productions d'isopropanol en Allemagne, Lenzing va sabrer ses effectifs en Autriche, Tata Chemicals jette l'éponge pour un site anglais de carbonate de soude. Sur le front hexagonal, entre les fermetures de sites par Celanese à Roussillon (dérivés acétylés) ou Arkema à Chauny (intermédiaires industriels), ou les coupes programmées chez Huntsman à Han-Sur-Meuse (tensio-actifs) ou BASF à Huningue (pigments), les mauvaises nouvelles s'accumulent.

Malgré ces revers, la situation ne serait pas dramatique en termes d'emplois. En Europe, qui dénombre 1,2 million de salariés directs dans la chimie et entre 3 et 4 M d'emplois indirects, le Cefic ne s'alarme pas. « En moyenne, le secteur perd 2 % d'emplois directs par an depuis 10 ans. En 2009, l'emploi a fortement diminué en raison de la crise. Mais depuis, il y a une tendance stable. Plus étonnant, l'emploi en 2012 a été légèrement supérieur à 2011 », indique Moncef Hadhri. Économiste en chef et manager au Cefic, il dresse même une tendance encourageante pour la situation économique : « Nous sommes dans une phase de redressement, et l'indicateur de confiance se relève depuis plusieurs mois ». Autre sujet de satisfaction : la chimie souffrirait moins en termes d'emploi que d'autres secteurs, tels l'automobile ou la construction. D'une manière générale, si on produit plus, on emploie plus. Et vice-versa. Mais, point fort de l'industrie chimique, sa productivité par salarié est supérieure à la moyenne de celle de l'ensemble de l'industrie manufacturière. Cette productivité a progressé de 2,9 % entre 2001 et 2011, contre 2,5 % pour le reste de l'industrie sur la même période, d'après le Cefic. Ce qui résulte des vastes phases de restructuration de la chimie européenne lors des deux dernières décennies pour faire face à la concurrence internationale. Revers de la médaille : les coûts liés au personnel sont supérieurs de 56 % dans la chimie par rapport à la moyenne de ceux des autres secteurs manufacturiers. Il s'agit d'une main-d'œuvre très qualifiée et compétente, mais donc très chère.

« Érosion moyenne de 2% des effectifs entre 2000 et 2010 » En France (156 000 emplois directs, plus de 600 000 indirects) la situation de l'emploi ne serait pas non plus préoccupante. Après une érosion moyenne de 2 % des effectifs entre 2000 et 2010, ces derniers se maintiennent depuis trois ans. « Nous venons d'achever une enquête au niveau régional et on ne perçoit pas de plan majeur. Il faut toutefois rester prudent. Le contexte ne porte pas à l'euphorie, le secteur reste très exposé sur le plan international. Les entreprises repoussent leurs plans de recrutement et se concentrent sur les gains de productivité », note Laurent Selles, en charge des affaires sociales, de l'emploi et de la formation à l'UIC. Il remarque aussi que si l'érosion de l'emploi est réelle dans certains sous-secteurs, comme la chimie de base, des segments comme la cosmétique ou la chimie du végétal compensent.

Pour l'instant, donc, la situation ne serait pas inquiétante. Il reste toutefois une inconnue. De taille. Côté européen et français, on reconnaît ainsi que l'évolution des chiffres de l'emploi pour la sous-traitance et tout ce qui relève des emplois indirects n'est pas bien identifiée...

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