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Pas de soldes pour les matières premières

Julien Cottineau

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AkzoNobel a été l'un des premiers grands chimistes à en parler ouvertement. Au deuxième trimestre, sa marge, malgré la reprise des marchés, sera fortement impactée par les hausses des cours des matières premières. Pour la plupart des chimistes, le renforcement des prix ces derniers mois reste un défi grandissant à relever. Les tensions sur l'ensemble des marchés des matières premières, et pas seulement le pétrole brut et les matières pétrochimiques mais aussi les matières minérales, sont évidemment tirées par la reprise de la demande. En particulier en Asie, où les fortes croissances contribuent plus que jamais aux tensions sur les disponibilités et donc sur les prix. C'est dans ce contexte que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) vient de remonter les bretelles de la Chine. L'ogre asiatique a été reconnu coupable d'imposer pour certaines matières premières dont il est producteur des restrictions d'exportation incompatibles avec ses engagements contractés en 2001 lors de son adhésion à l'OMC. Neuf matières premières qui desservent de multiples branches industrielles, dont la chimie, sont pointées du doigt : diverses formes de bauxite, de coke, de spath fluor, de magnésium, de manganèse, de carbure de silicium, de silicium métal, de phosphore jaune et de zinc. Cet avertissement de l'OMC, qui enjoint pour l'heure la Chine de rectifier le tir, fait suite à une série de plaintes initiées à l'été 2009 par le Mexique, les États-Unis et l'Union européenne. Selon l'OMC, ces restrictions provoquent « la pénurie et le renchérissement des matières premières sur les marchés mondiaux », et « donnent aussi à la branche de production nationale chinoise un avantage notable en lui assurant un approvisionnement suffisant ainsi que des prix plus bas et plus stables pour les matières premières ». Plusieurs arguments chinois, prétextant des restrictions justifiées pour la conservation de ressources naturelles épuisables ou pour la protection de la santé et de l'environnement, ont été réfutés par l'OMC. Laquelle estime que la Chine n'a pas pu démontrer que ces restrictions ont été appliquées conjointement à la production et la consommation nationales. Ni que ces droits et contingents d'exportations aboutissaient à une réduction de la pollution sur son sol.

« La réprimande de l'OMC ne concerne pas les terres rares »

La réprimande de l'OMC n'aborde pas le problème des terres rares, dont la Chine détient 97 % de la production mondiale pour seulement un tiers des réserves. Du moins pas encore, car la flambée des prix de ces 17 métaux se poursuit sous l'effet des quotas de plus en plus réduits imposés par la Chine (CPH n°544). Pour l'heure, les projets industriels se multiplient pour challenger cette archi-domination comme avec le Californien Molycorp en passe de rouvrir la plus grande mine connue aux États-Unis ou l'Australien Lynas qui a étendu ses opérations en Australie et finalise une usine d'oxydes de terres rares en Malaisie. Le 3 juillet, une équipe de géologues japonais a par ailleurs publié dans la revue Nature Geoscience les résultats d'une étude qui affirme que les sols boueux du Pacifique pourraient contenir plus de terres rares que les 110 millions de tonnes recensées dans les gisements mondiaux de surface. Des gisements par 4 000 à 5 000 mètres de fonds dans l'Est du Pacifique Nord et le centre du Pacifique Sud ont été repérés. Reste à trouver une solution technologique viable et économique pour les exploiter avant de pouvoir vraiment contrebalancer la main-mise chinoise.

 

 

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