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Pas de trêve estivale pour l'industrie chimique

Sylvie Latieule Rédactrice en chef

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Été mouvementé pour le groupe agronomique et agrochimique Monsanto. Convoité par Bayer depuis le mois de mai, il a écarté par deux fois ses avances. Il a rejeté une première offre publique d'achat d'un montant de 62 milliards de dollars, à raison de 122 dollars par action, jugeant la proposition « incomplète et inadéquate financièrement ». Aussi à la mi-juillet, Bayer toujours intéressé de bâtir un géant mondial de 23 milliards d'euros de chiffre d'affaires, s'est senti obligé de relever son offre de 2 Mrds $ pour avoir une chance d'arriver à ses fins. Le groupe allemand s'est immédiatement heurté à un second refus de la part de Monsanto. Refus sans hostilité. Une nouvelle fois, Monsanto a pris le soin de préciser qu'il laissait la porte ouverte à des « discussions constructives ». Une façon de dire qu'il ne serait pas opposé à ce principe de fusion si l'offre était suffisamment généreuse. Mais la proposition de Bayer serait encore bien loin du compte. Aux dires de la presse étrangère, Monsanto attendrait entre 3 et 5 Mrds $ de plus, soit une offre globale qui se chiffrerait entre 65 et 67 Mrds $.

Par ailleurs, tout en regardant monter les enchères, Monsanto ne se serait pas croisé les bras. En parallèle, il aurait engagé des discussions avec l'Allemand BASF sur l'opportunité de fusionner avec son activité agrochimie. Mais qui des deux aurait fait le premier pas ? Qui se porterait acquéreur de l'autre ? Des rumeurs ont circulé dans les deux sens. Au départ, BASF était pressenti pour servir de chevalier blanc et contrer Bayer. Puis le 14 juillet, le magazine allemand Handelsblatt a publié sur son site Internet un article expliquant que Monsanto envisageait plusieurs options alternatives, « y compris son propre achat des solutions agricoles de BASF ». En conséquence, Bayer, fâché par son insuccès, pencherait maintenant pour une OPA hostile. À l'heure où nous bouclons, cette opération n'était toujours pas lancée.

Ce projet de concentration n'a rien d'un acte isolé, puisqu'il s'inscrit dans le cadre d'un vaste mouvement de restructurations du secteur de l'agrochimie, marqué par la fusion en cours de Dow et DuPont et le récent rachat de Syngenta par ChemChina. Mais il n'y a pas que l'agrochimie qui bouge. Le secteur des gaz industriels est tout autant en effervescence. À la mi-août, l'Allemand Linde a ainsi fait les gros titres en annonçant son intention de manger son concurrent américain Praxair. De toute évidence, le gazier allemand n'a pas digéré l'idée de se faire voler sa place de numéro un mondial par Air Liquide qui a récemment fait l'acquisition d'Airgas. Linde a donc entamé des « discussions préliminaires » qui pourraient aboutir à une « fusion potentielle » pour créer un acteur de 27 Mrds € de chiffre d'affaires, devant le nouvel Air Liquide qui pointe à 20 Mrds €. Et cela fait un deuxième feuilleton à suivre avec, à la clé, une autre mégafusion possible pour le secteur de la chimie.

 

« Il n'y a pas que l'agrochimie qui bouge. Le secteur des gaz industriels est tout autant en effervescence ».

 

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