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PCAS investit dans ses deux filiales innovantes

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

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Alors que le groupe français de chimie fine publie ses résultats 2013, Christian Moretti, président, et Vincent Touraille, directeur général de PCAS, détaillent pour Info Chimie Magazine la stratégie de développement de l'entreprise de près de 900 personnes.

Info Chimie Magazine : En 2013, PCAS a enregistré un recul de son chiffre d'affaires, passant de 171,1 M€ en 2012 à 164,9 M€. Pouvez-vous nous détailler cette évolution ?

Vincent Touraille : Notre chiffre d'affaires montre deux choses. En 2013, nous avons enregistré une bonne progression, hormis au dernier trimestre, dans le secteur de la pharmacie. Nous avons connu un développement satisfaisant du côté des molécules propriétaires et des molécules des clients. L'année 2013 a été une année remarquable en termes de facturation de services R&D. Ce développement a été contrebalancé par la décroissance d'un gros contrat, signé il y a dix ans, avec un grand laboratoire pharmaceutique. Il était prévu qu'il diminue progressivement au fil des ans. De plus, au quatrième trimestre, l'activité générique sur nos molécules propriétaires a connu un recul avec des ventes qui ont été reportées en début d'année 2014. Du côté de l'activité de chimie de spécialités, l'activité nouvelles technologies a enregistré un retrait, notamment car cette activité est très axée sur l'Europe. Nous constatons que les ventes se sont déportées sur 2014.

Christian Moretti : En 2013, nous avons connu quelques évènements non négligeables. Et notamment la fusion PCAS/Dynaction, qui implique une simplification de la structure du groupe. Pour notre activité de chimie fine pharmaceutique, nous avons eu plusieurs inspections de la FDA. Ces visites sont extrêmement importantes. Il est vital que cela se passe bien. Enfin, nous avons eu le plaisir d'accueillir un fonds d'investissement qui est entré au capital de notre filiale Enersens à hauteur de 3,2 millions d'euros contre 25 % du capital de la filiale.

 

Comment abordez-vous l'année 2014 ?

V.T. : Nous avons trois activités d'égale importance : la pharmacie avec nos molécules propriétaires, la pharmacie exclusive, autour des molécules de nos clients, et enfin la chimie de spécialités. Sur la partie pharmacie, 2014 devrait être dans la lignée de ce qui a été lancé et nous devrions enregistrer une croissance. En chimie de spécialités, nous prévoyons de rattraper la croissance perdue en 2013 pour revenir au niveau de 2012. Nous espérons nous développer sur les marchés américains et asiatiques et nous travaillons sur de nouvelles gammes.

 

C.M. : Au-delà de nos activités traditionnelles, nous possédons deux drivers très porteurs : Enersens et Protéus. Pour le premier, nous détenons aujourd'hui 75 % du capital, et nous fonctionnons avec du personnel PCAS détaché pour ne pas alourdir la structure. Enersens développe un aérogel de silice aux propriétés d'hyper isolant thermique. Du côté de Protéus, nous détenons 100 % du capital que nous conservons jalousement. Cette filiale emploie une trentaine de personnes, essentiellement des chercheurs qui travaillent sur la bio-catalyse enzymatique. Pour nos activités traditionnelles, tout se passe bien, mais nous n'avons pas vocation à en rester là. Grâce à nos technologies, ces deux domaines ont un avenir certain.

 

Quels sont les développements de votre filiale Enersens ?

C.M. : Cette activité se développe sur le site de Bourgoin Jallieu. Le produit d'Enersens repose sur une technologie de rupture pour la production d'un isolant thermique léger et transparent qui se présente sous forme de granules ou de « blanket ». La principale activité est le bâtiment, mais nous travaillons aussi sur des applications industrielles plus ciblées. Aujourd'hui, nous avons un pilote. Demain, ce sera deux pilotes industriels et plus tard, probablement des usines. Nous avons lancé un investissement de plusieurs millions d'euros pour la mise en place du premier pilote industriel de granules.

Nous sommes en train de réfléchir avec les pouvoirs publics (Ademe et bpifrance) pour le financement du deuxième pilote industriel.

 

V.T. : Nous passerons de quelques centaines de mètres-cube par an avec le produit en granule à plusieurs millions de mètres-cube par an. Cela nous permettra de commencer à commercialiser ce matériau super isolant.

 

C.M. : Si tout nous sourit, si tout se passe bien, les perspectives d'Enersens représentent un milliard d'euros de chiffre d'affaires à échéance de cinq à six ans.

 

Et du côté de Protéus, quels sont les développements ?

C.M. : Nous avons acquis Protéus, spécialisé dans la catalyse enzymatique pour ses potentiels dans le domaine pharmaceutique. Nous sommes convaincus que la technologie peut servir d'autres domaines, comme le traitement de la biomasse, la détection des pollutions, les applications militaires, etc. Nous offrons des solutions à nos clients, essentiellement des grands groupes. Nous nous mettons d'accord sur l'objectif de performance et si nous les dépassons, nous recevons un intéressement sur les bénéfices. Cela peut représenter des sommes importantes.

 

V.T. : Protéus possède un catalogue d'enzymes extrêmophiles important et des technologies pour les rendre performantes. Nous développons également des produits propriétaires sur certaines technologies et applications. Nous nous sommes notamment associés à Pivert pour pouvoir accéder à la recherche dans l'exploitation de la biomasse oléagineuse. Nos échéances sont à la fois à court et à moyen termes. Notamment en matière de chiffre d'affaires. Il faut soutenir ces initiatives qui nécessitent beaucoup d'investissements. Nous devrions signer des contrats de développement d'un certain nombre de réactions dans les mois à venir voire au cours de 2015.

 

Pour ces filiales mais aussi pour vos productions traditionnelles, PCAS a un positionnement franco-européen. Avez-vous des projets à l'international ?

C.M. : Nous avons effectivement des idées de développement stratégique sur certaines zones géographiques. Et particulièrement en Amérique du Nord. Nous possédons déjà un site au Canada et un kilolab en Californie et n'excluons pas dans les douze à vingt-quatre mois de passer à une implantation plus importante aux États-Unis. Cette implantation permettra d'accéder au marché local mais aussi de bénéficier du coût de l'énergie.

 

V.T. : Cet investissement ne se fera pas au détriment de nos sites existants dans lesquels nous injectons plus de 10 millions d'euros par an, soit 7 % de notre chiffre d'affaires. Les sites français et finlandais seront amenés à se développer. Nous constatons aujourd'hui un retour des grands laboratoires internationaux qui étaient allés se fournir en Chine et en Inde. Ils en rentrent déçus.

 

C.M. : Si la question est de savoir si nous allons produire en Chine, la réponse est non. Nous avons un bureau commercial à Shanghai. Pour nos sites français et finlandais, nous n'avons jamais voulu réduire nos investissements dans nos usines et dans la R&D. Nous avons toujours cherché à améliorer notre outil industriel. Comme je vous l'indiquais, nous sommes régulièrement inspectés par la FDA. Cela nécessite une mise à niveau technique importante. Le marché américain est le plus grand marché pharmaceutique mondial.

PCAS, FICHE D'IDENTITÉ

Date de création : 1962 Domaines principaux d'activités : chimie fine pharmaceutique et de spécialités CA 2013 : 164,9 M€ Effectifs : 885 personnes Implantations : présence commerciale : Longjumeau (siège, France), Allemagne, Chine, Canada, États-Unis Production : Limay (France), Couterne (France), Mourenx (France), Villeneuve-la-Garenne (France), Bourgoin-Jallieu (France), Aramon (France), Turku (Finlande), Saint-Jean-sur-Richelieu (Canada), San Francisco (kilolab, Californie)

UN RECUL DE 3,6 % DU CHIFFRE D'AFFAIRES EN 2013

Le groupe de chimie fine a enregistré un chiffre d'affaires 2013 de 164,9 millions d'euros en recul de 3,6 % par rapport à 2012. L'activité synthèse pharmaceutique domine avec 107,7 M€ de chiffre d'affaires, en baisse de 1,9 %, devant la chimie fine de spécialité (57,2 M€), en recul de 6,8 %. Le résultat opérationnel courant s'est établi à 8,3 M€ en 2013 (contre 12,3 M€ en 2012) tandis que l'Ebitda a chuté de 22,9 M€ en 2012 à 17,8 M€ en 2013. Le résultat net et l'endettement net sont eux en amélioration respectivement à 3,5 M€ (contre 3 M€ en 2012) et 47 M€ (contre 52,5 M€ en 2012). « Les mesures d'amélioration de la productivité ainsi que les efforts commerciaux visant à une croissance sélective du chiffre d'affaires s'appuyant notamment sur le développement des produits et technologies propriétaires, devraient permettre d'améliorer les performances économiques du groupe en 2014 », précise PCAS.

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